Lettre de Picquart à Gonse
Mon général,
J'ai de nouveaux points de comparaison qui sont aussi probants que les autres; il y paraît notamment la double lettre que l’on disait si rare.
Ce n’est pas une ressemblance qui existe avec le terme de comparaison, c'ést une identité. Dans ces conditions, il me paraît nécessaire d’avoir la sanction d’un homme de l'art, et je vous prierai instamment de vouloir bien m'y autoriser.
J'ai déjà cellede ce fou de Bertillon, mais elle ne vaut pasgrand'chose. En voyant le débris (anonyme, bien entendu) que je lui ai montré, il s’est écrié, se méprenant complètement : « Quelle admirable imitation! Ils n'ont pu arriver à ce résultat qu’en calquant : je vais faire des recherches dans ce sens. »
Le malheureux croit à une machination.
Veuillez agréer, mon général, l’assurance de mes sentiments respectueux et bien dévoués.
| Signé : G. PicouarT.
(Cf. Cass. : dép. Picquart, 1, 161.)