‹ Répertoire de l'affaire Dreyfus, 1894-1899 [microform]Chapitre 40 sur 244 · Mort de Sandherr · texte numérisé non relu

Mort de Sandherr

— Scheurer-Kestner écrit au lieutenant-colonel Bertin-Mourot. (RENNES : Z/, 41):

Mon cher Colonel,

Désirant vous entretenir d’une affaire qui m'intéresse et au sujet de laquelle je crois que vous êtes à même de me donner des indications précises, je viens vous prier d’avoir l’obligeance de me donner un rendez-vous.

Je me propose d'aller jeudi à notre établissement de Bellevue et d’en repartir vendredi matin pour aller prendre à Belfort le train de Paris. Si vous pouviez me donner rendez-vous vendredi matin, avant mon départ, par exemple à dix heures et demie, je pourrais aller vous trouver.

Comme j'ai à vous parler d’une affaire confidentielle, il faut que nous nous arrangions de manière à ne pas être entendus, et, si votre bureau ne s’y prête pas facilement, nous pourrions nous rencontrer chez mon neveu à qui j’en ai touché un mot. Je vous serre cordialement la main.

A. SCHEURER-KESTNER

31. — Date de la lettre de menaces suivante, adressée par Henry à Picquart, en réponse à la note du 18 mai :

Mon Colonel,

J'ai l'honneur de vous informer qu’il résulte de l'enquête faite ici, après la réception de votre note du 18 mai courant, que le mot « mystère » peut s'appliquer aux faits relatés ci-dessous, ayant eu lieu à la S (ection de) S (tatistique) dans le cours de l’année 1896 :

4° Ouverture d’une correspondance étrangère au service, et dans un but que personne ici n'a jamais compris ;

2° Propositions faites à deux membres du personnel de la S. S., et qui consistaient à témoigner, le cas échéant, que « un papier classé au service avait été saisi à la poste et émanait d’une personne connue ».

3° Ouverture d’un dossier secret et examen des pièces y contenues au sujet desquelles des indiscrétions se produisirent dans un but étranger au service.

Les preuves matérielles de ces faits existent ici.

Quant au mot « mensonges », également contenu dans la note précitée du 18 mai courant, l'enquête n’a pu déterminer encore où, comment et à qui ce mot devait être appliqué.

Veuillez agréer, je vous prie, l'expression de mes sentiments respectueux.

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