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— S1 — Juin 1897.
Et, comprenant « qu'une machination devait avoir été préparée » contre lui, il se décide à partir le plus tôt possible pour Paris. (Cass., dép. Picquart, 1, 196.)
Vers le 45. — Scheurer-Kestner, premier vice-président du Sénat, entretient de l'affaire Dreyfus le général Billot, ministre de la Guerre, son collègue au Sénat et son ami intime. Le général Billot lui déconseille de poursuivre ses recherches, en ajoutant que, s’il continuait à s'occuper de l'affaire Dreyfus, Scheurer-Kestner se verrait retirer l'autorisation de séjourner en Alsace.
20-29. — Picquart, en permission régulière, séjourne à Paris,
Il se rend chez Me Leblois, lui parle pour la première fois des affaires Dreyfus et Esterhazy, tout en réservant certains points sur lesquels il se croit tenu au secret, et donne à l'avocat « un mandat général de défense. » 11 lui remet la lettre d'Henry et les lettres de Gonse.
Il va voir d'autre part le général Nismes, lui dit sa conviction de l'innocence de Dreyfus, sans lui révéler le nom d’Esterhazy, lui répète le mot dit à Gonse : « Je n’emporterai pas ce secret dans la tombe ». Il essaie sans succès de voir le général Jamont.
(Cass. : dép. Picquart, 1, 168, 196 ; rapp. Dumont, IT, 152; enquête Bertulus, IT, 265.)
Juin, fin. — Esterhazy, en congé, se retire dans son château de Dammartinla-Planchette et y attend sa mise en disponibilité. (Cass.: Enquête Bertulus, dép. Esterhazy, IT, 228, 257).
Juin (Sans date). — Scheurer-Kestner dit à un officier d’Etat-Major ses doutes sur la culpabilité de Dreyfus : celui-ci le supplie de ne pas s’occuper de cette affaire, s’il ne veut pas que sa réputation soit « livrée aux plus effroyables outrages. » (Cass. : dép. G. Monod, I, 461),
Été. — Lebrun-Renault déclare à Forzinetti que jamais Dreyfus ne lui a fait aucun aveu. Forzinetti répète cette déclaration le soir même à MM. de Kératry et de Pont-Jest. (Cass. : dép. Forzinetti, 1, 323).
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Juillet 1897,
43. — Leblois s’entretient de l'affaire Dreyfus avec Scheurer-Kestner. Scheurer-Kestner se rend chez Leblois pour prendre communication des lettres du général Gonse. (Pr. EsrTERHAZY : voir la Revision du Procès Dreyfus, par Yves Guyot, 149, — Pr. Zoa, 1, 92,104, — Insrr. FABRE, /09, 112; Cf. Cass. : dép. Monod, I, 461. Le témoin place par erreur au 13 juillet 1897 la fin de l'enquête personnelle de Scheurer).
44. — Scheurer-Kestner déclare à ses collègues du bureau du Sénat qu'il vient d'acquérir la conviction absolue de l'innocence de Dreyfus, et qu'il compte s ’employer à lui faire rendre justice. (Temps du 30 octobre 1897, déclaration de Ranc.)
47. — Leblois propose à Scheurer-Kestner de saisir le garde des Sceaux d’une demande en annulation du jugement de 1894, à raison de la communication secrète faite aux juges. Scheurer-Kestner ajourne sa résolution.
20. — Scheurer-Kestner quitte Paris pour aller passer l’été à Thann, en Alsace,
7. — Lettre de Scheurer-Kestner à un de ses amis : Thann, 7 août 1897,
... C’est le 13 juillet que ma conviction s’est formée. C’est le 14 juillet qu'avant de quitter le Luxembourg j'ai déclaré à tous les membres présents, y compris le président, que j'étais persuadé et que, non seulement je les autorisais, mais que je les priais de le dire wrbi et orbi. C’est vendredi 16 juillet que j'ai fait part de ma persuasion à notre déjeuner.
Le iundi 49, Rance m'’aborde et me dit : « Sorel n’était donc pas là lorsque vous avez fait part de la nouvelle au bureau du Sénat ? Je viens de la lui communiquer, et Sorel m'a répondu : « Pour qu’un homme comme M. Scheurer emploie une formule pareille — compliment recueilli en passant — il faut que ce soit grave. »
Je ne suis pas d’ailleurs au bout de mes peines, loin de là ; mais ma tête carrée d’Alsacien s’est livrée sans réserve à mon cœur, et j'aboutirai. Vous dire la joie avec laquelle je pense aux bonheurs à reconstituer, m'est impossible. Je suis comme un enfant qui pense à ses étrennes, et mon vieux cœur bondit,
(Figaro, du 21 septembre 1899).