‹ Répertoire de l'affaire Dreyfus, 1894-1899 [microform]Chapitre 65 sur 244 · KE THEN · texte numérisé non relu

KE THEN

— AÂ14 — Novembre 1897.

fois en plein jour et en uniforme, pour rendre service à mon colonel, dont la femme originaire d'Alsace, désirait franchir la frontière pour raisons de famille. »

— L'Écho de Paris publie un article intitulé: Le Dossier Dreyfus :

C'est la livraison par Dreyfus des grandes lignes du plan de la mobilisation et de la concentration qui le perdit. Nos agents à l'étranger, qui ignoraient ce qu'avait vendu le traître, envoyaient les prévisions transports d'au delà la frontière. Ces prévisions constituaient la contre-partie exacte des mesures prises en France.

Le général de Boisdeffre, le chef de l'Etat-Major général, justement inquiet, s’informa, et connut les démarches diverses tentées par Dreyfus au 4° bureau où celui-ci avait, sans droit et sans qu'on le lui eût commandé, réclamé à différentes reprises la communication des tableaux de marche, des graphiques et des instructions relatives aux haltes-repas.

C'est à ce moment que le service des renseignements entra en scène. Comment, grâce à quels moyens, parvint-il à mettre la main sur le bordereau et sur le reste ?… Nous le saurons un jour. Disons toutefois que les agents de la défense nationale n’eurent point besoin d’envahir le domicile d’un ambassadeur. Les choses se passèrent de plus simple facon. Quelqu'un, l'homme de confiance de l'ambassadeur en cause, apportait aux agents préposés à l’espionnage la totalité du courrier reçu le matin par son maître. Les agents ne conservaient rien des pièces communiquées. Ils allaient simplement porter le courrier chez M. Bertillon qui, en présence d’un commissaire aux délégations judiciaires, photographiait ce qu'on lui apportait; le commissaire dressait procès-verbal et les originaux étaient rapportés à leur place.

Une nuit, les agents du service des renseignements furent surpris au cours de leurs opérations. Afin de sauver l'indicateur qu’ils avaient dans la place. ils n’hésitèrent pas à se jeter à la Seine. La chronique a rapporté l'incident. Les deux inspecteurs en mission revinrent sains et saufs; ils rapportèrent boulevard du Palais des papiers mouiilés 1! est vrai, mais d’une réelle importance.

Ces papiers, M. Bertillon s’est borné à les photographier. Sur tous les documents, la main ou le nom de Dreyfus apparaissaient et, nous ne saurions trop le répéter, sur l’une des pièces saisies, un personnage se plaignait de ses exigences.

Personne, au moment du procès, chez les amis du traître, n'’osa parler de son innocence. On se borna à négocier l'achat des experts, des membres du Conseil de guerre. Un expert reçut l'offre de 100.000 francs pour conclure, non en faveur de Dreyfus, mais pour émettre une opinion mixte, c’est-à-dire douteuse. Cette offre de 100.000 francs ne pourrait être contestée; les amis de Dreyfus ne l'ont jamais réfutée !

Un des magistrats du tribunal militaire refusa l'offre de cent autres mille francs offerts pour qu’il manifestât un doute dans ses conclusions. Personne non plus n’oserait contester cette offre et le refus qui s’ensuivit.

47 ou 18. — Du Paty prend connaissance d'un dossier relatif aux dissentiments existant entre Picquart et ses subordonnés. (Cass.: eng. Renouard, interrog. Du Paty, 11, 196).

18. — Le Provost de Launay demande au Sénat de fixer la date d’une interpellation qu'il se propose d'adresser au gouvernement sur les déclarations faites le 16 novembre, à la Chambre, par le ministre de la Guerre. La fixation de cette date est renvoyée après la clôture de l'enquête.

— Le commandant Pauffin de Saint-Morel est frappé de trente jours d’arrèts de rigueur et rayé du tableau où il était porté pour la croix d'officier de la Légion d'honneur « pour avoir fait à un journaliste une communication interdite par les réglements et les ordres du ministre » (agence Havas.) Voir Pr. Zora ; I, 144.

— Le général de Pellieux entend Scheurer-Kestner qui lui demande d’entendre également Me Leblois et Picquart.

— M. Lalance, ancien député protestataire d'Alsace au Reichstag, fait connaître publiquement sa conviction de l'innocence de Dreyfus.

— M° Leblois déclare, dans /e Temps. que le colonel Picquart ne lui a jamais remis, ni même montré ou lu, aucune pièce du dossier Dreyfus.

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