A la Chambre
Julien Goujon, au cours de la discussion du budget des Cultes, invite le garde des Sceaux à prier le grand rabbin d'intervenir auprès de ses coreligionnaires « pour qu'ils cessent la lutte ».
— L'expert Belhomme, interviewé, déclare que le bordereau a été calqué sur l’écriture d’Esterhazy. (Echo de Paris.)
-— Une manifestation annoncée place de la Concorde avorte.
— Meeting antisémite salle des Mille-Colonnes à Montparnasse avec Georges Thiébaud et Jules Guérin. Deux citoyens sont assommés.
— Le maire de Bordeaux adresse à ses concitoyens un manifeste où il dit que c’est au gouvernement qu'il appartient d’apaiser les esprits selon l'équité et la Justice.
— Troubles à Alger : magasins défoncés et pillés par les antisémites ; pillage de la rue Bab-el-Oued ; meurtre de Cayrol.
24. — Sur une question de M. Richter, membre du parti libéral, M. de Bulow, secrétaire d’État de l'Office des Affaires étrangères de l'empire d'Allemagne, fait, devant la Commission du budget du Reichstag, la déclaration suivante :
Vous comprenez que je n’aborde ce sujet qu’avec de grandes précautions. Agir autrement pourrait être interprété comme une immixtion de ma part dans les affaires intérieures de la France ; et nous avons constamment, et avec le plus grand soin, évité jusqu’à l'ombre d’une pareille immixtion.
Je crois d’autant plus devoir observer une réserve complète à ce sujet qu'on peut s'attendre à ce que les procès ouverts en France jettent la lumière sur toute l’affaire.
Je me bornerai donc à déclarer de la facon la plus formelle et la plus catégorique qu'entre l’ex-capitaine Dreyfus actuellement détenu à l'ile du Diable, et n'importe
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quels organes allemands, il n’a jamais existé de relations ni de liaisons, de quelque nature qu'elles soient.
— À la Chambre :
Jaurès reprend son interpellation et demande si, oui ou non, il y a eu communication de pièces secrètes au procès de 1894. Méline refuse de répondre et déclare : « Tous les républicains sont avec nous » (contre la revision). M. de Beauregard interpelle sur les mesures que le gouvernement compte prendre contre le « syndicat ». Le président du Conseil répond qu'il ne sait pas ce que l'orateur veut dire. Un ordre du jour approuvant les déclarations du gouvernement est volé par 375 voix contre 133. ?
— Le garde des Sceaux demande à la Chambre l'autorisation de poursuivre Gérault-Richard et Bernis à raison de la bagarre de l’avant-veille.
— Le général belge Brialmont déclare au Soir de Bruxelles qu’il ne comprend pas comment le jugement illégal de 1894 n’est pas encore cassé.
— Le syndicat des journalistes socialistes adresse au groupe des députés socia-
listes de la Chambre une longue adresse pour protester contre la déclaration du groupe et engager ses membres à défendre la cause de la justice et de la revision.
— Troubles à Alger, Bouivan, Mostaganem. A Alger, le gouverneur, M. Lépine, est insulté. On opère deux cents arrestations.
— L'union démocratique de Buda-Pesth envoie au président de la République une adresse félicitant le peuple français pour avoir produit un champion de la Justice et de l'Humanité tel que Zola,
— Le Petit Journal, sous la signature de Judet, réclaine « les rigueurs de l'action publique » contre les journaux qui demandent la revision et appelle le « sauveur qui procédera par les tribunaux révolutionnaires ou les cours martiales ».