‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 100 sur 269 · LIVRE I. - CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I. - CHAPITRE III

Le roi d'Angleterre, avant que de passer outre pour l'exécution de ce traité, et de secourir ouvertement le roi de Suède, fit encore des nouvelles instances auprès de l'empereur pour obtenir ce rétablissement par la voie de la négociation , et assura que son beau-frère se soumettait à toutes les conditions qu'on avait souhaitées de lui a Ratisbonne; mais encore qu'il eût fait la paix avec l'Espagne dans l'espérance d'obtenir cette grâce par ce moyen, et qu'il déclarât que, si on le refusait, il se joindrait au roi de Suède contre les ennemis de son beau-frère, néanmoins il ne put rien obtenir : de sorte qu'il se résolut à fournir au roi de Suède les secours qu'il lui avait promis. Ainsi il lui fit toucher de l'argent a Geffemberg vers la fin de cette même année 1630, et lui envoya au commencement de l'année suivante le marquis d'Hamilton avec un corps de 8,000 hommes Anglais et Écossais; d'autre part, le roi de Suède reçut fort honorablement Frédéric, le traita de roi de Bohême, et lui fit espérer de le rétablir sous peu dans ses États.

Mais le roi de Suède mourut peu après en 1632. et sa mort fut suivie de celle de l'électeur qui mourut a Mayence en la même année.

Trait.1 dTpwl, <ntn' f.hriMiwi fit Olivior C.mmwpll, pour le rnmmerre ( UM).

Depuis la mort de Gustave. Charles 1" eut peu de liaison avec la Suède, parce qu'il espérait d'obtenir plutôt le rétablissement de son beau-frère par ses négociations auprès de l'empereur, ou parce qu'il eut dans la suite tant d'affaires chez lui qu'il ne songea plus h celles de dehors.

Après la mort tragique de ce roi , la reine de Suède témoigna pendant quelque temps beaucoup d'inclination pour son fils, qui fut depuis Charles II, et ne fit aucune démarche pour reconnaître la nouvelle république d'Angleterre; mais lorsqu'elle vit, en 1651, le parti de ce prince ruiné, elle fit envoyer un nommé Spirinx en Angleterre, pour y demander, de la part de la Compagnie du commerce du sel établie en Suède, le dédommagement de quelques-uns de ses vais-

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seaux pris par les Anglais ; "mais outre cela, comme elle était mal satisfaite des Ktats généraux qui avaient fait alliance avec le Danemark, elle donna ordre à Spirinx de proposer à la république d'Angleterre une ligue défensive contre ces deux États, et un établissement de commerce direct entre les Suédois et les Anglais; en sorte qu'il ne serait permis qu'à ceux-ci d'enlever de Suède du fer et du cuivre, et que défenses seraient faites d'en vendre davantage aux Hollandais. La mort de Spirinx peu après son arrivée à Londres interrompit le cours de sa négociation, et la république avant envoyé peu après des députés à la reine Christine pour lui rendre des lettres de sa part, elle ne leur proposa qu'un trait/' de commerce, et l'établissement d'une compagnie de marchands anglais à Stockholm.

La guerre s'élanl mue vers la fin de IG.'rè entre l'Angleterre et les Provinces-Unies, les Ktats généraux tirent leur possible pour obliger la reine de Suède de prendre leur parti contre les Anglais, prétendant même qu'elle y était obligée par le traité de Suderorka; mais elle n'en voulut rien faire, et déclara qu'elle voulait demeurer dans une parfaite neutralité entre les deux républiques, auxquelles elle offrit sa médiation pour les porter à la paix. Dans la suite, la reine voyant que les Ktats généraux avaient encore fait une nouvelle alliance avec le Danemark, et étant d'ailleurs fort contente du procédé des Anglais, qui lui avaient rendu avec beaucoup de facilité quatre vaisseaux suédois qu'ils avaient arrêtés, elle résolut de faire avec la république d'Angleterre un traité d'alliance et de commerce entre les deux nations, pour assurer la navigation de leurs sujets.

Néanmoins, Croinvv cil. qui avait été déclaré prolecteur de la république d'Angleterre, lui ayant envoyé pour cela un ambassadeur au commencement de 105/i, elle connut aussitôt que le dessein du protecteur était que cette alliance l'obligeât h prendre dans cette guerre le parti de W république d'Angleterre contre les Ktats généraux. Elle laissa son ambassadeur quatre mois sans entrer en négociation, et cependant elle faisait de grandes plaintes des dommages que les associés de la Compagnie africaine de son royaume avaient soufferts a l'arrêt de leurs vaisseaux; mais comme elle vit que la paix allait être conclue entre ces deux républiques, et que l'ambassadeur anglais

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