‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 110 sur 269 · LIVRE I. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE V

s'attribuent sur les mers britanniques. Les ambassadeurs des États , ne pouvant consentir à ces articles, se disposaient à s'en retourner sans rien faire; néanmoins, après quelques interruptions, les conférences étant recommencées, les Anglais se désistèrent de ces demandes, hormis de l'article particulier du prince d'Orange, sur lequel la province de Hollande promit de les satisfaire. Ainsi le traité fut enfin conclu à Westminster, le 15 avril 165à , entre Olivier Cromwell , qui pendant cette négociation était parvenu à la dignité de protecteur, et les États généraux.

Par ce traité ils convinrent qu'on ne ferait aucune mention des dommages et injures souffertes depuis le 28 mai 1652, qui était la veille du combat donné entre les flottes anglaise et hollandaise, lequel avait tant choqué les Anglais; que les deux républiques seraient alliées et procureraient l'avantage Tune de l'autre; que l'une des deux n'aiderait point les ennemis de l'autre, et ne les recevrait point dans ses États; que les vaisseaux des Provinces-Unies ôteraient le pavillon du haut du mât et baisseraient la voile de hune lorsqu'ils rencontreraient dans les mers britanniques quelques vaisseaux de guerre de la république d'Angleterre ; qu'aucune des deux républiques ne recevrait des pirates dans ses ports; que les sujets des deux républiques auraient le commerce libre dans tous les États qu'elles possédaient en Europe ; que quatre commissaires de chaque côté s'assembleraient le 18 mai suivant, vieux style, pour examiner les dommages soufferts de part et d'autre tant aux Indes orientales qu'en la Groënlandc, en Moscovie, au Brésil et ailleurs, depuis l'an 1611 jusqu'au 28 mai 1652, et que les articles sur lesquels ils ne seraient pas convenus trois mois après le 18 mai suivant seraient renvoyés au jugement des cantons protestants suisses, pour être jugés six mois après; que les États généraux feraient faire justice de ceux qui auraient participé au meurtre des Anglais tués dans Amboine; que l'on rendrait aux sujets de la république d'Angleterre leurs navires et autres effets qui avaient été arrêtés dans les États du roi de Danemark ou la valeur de ceux qui avaient été vendus, avec les dommages et intérêts au dire de quatre arbitres nommés dans le traité, qui pour cela s'assembleraient à Londres le 27 juin prochain, vieux style; que les États généraux donneraient à

Londres une caution de 140,000 livres sterling pour le payement de la somme à laquelle les arbitres les condamneraient; qu'ils payeraient 5,000 livres sterling deux jours après l'échange des ratifications pour le voyage des marchands qui iraient chercher leurs vaisseaux, et, six jours après leur arrivée en Danemark. 20,000 écus pour radouber leurs vaisseaux et les préparer pour le retour; lesquelles sommes seraient précomptées sur celle à laquelle les Étais seraient condamnés, et que moyennant cela la république ne pourrait prétendre aucune chose contre le roi de Danemark, et qu'il serait compris dans ce traité comme allié des deux partis.

A l'égard du prince d'Orange, les Etats généraux ne voulurent pas consentir a l'exclure des charges, à cause de la mémoire de ses ancêtres, qui leur avaient procuré la liberté dont ils jouissaient. Il n'y eut que les États de Hollande et de VV est-Frise qui, sous prétexte de vouloir complaire à Cromwell et pourvoir à ce que l'amitié se conservât plus longtemps entre les deux républiques, mais dans la vérité n'étant pas contents des derniers déportements du prince d'Orange, qu'ils croyaient avoir voulu se faire souverain, passèrent le h mai J05/i un acte par lequel ils déclarèrent que le prolecteur les avait avertis que si le prince d'Orange, qui descendait du côté de sa mère de la maison de Stuart, parvenait un jour aux grandes dignités de leur république, il pourrait arriver qu'il troublerait la paix qui avait été établie entre eux et la république d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande; de sorte qu'après s'être assemblés, ils avaient résolu et arrêté qu'ils n'éliraient jamais le prince d'Orange ni aucun de ses descendants pour lieutenant ou amiral de leurs provinces, et ne donneraient jamais leurs suffrages à aucun d'eux pour être général de l'armée de la généralité. Ainsi la paix conclue entre les deux républiques, et les Hollandais n'ayant point été obligés par le traité de payer aucun tribut à l'Angleterre pour avoir la permission de la pèche sur ses côtes, ils furent tacitement maintenus dans la liberté d'y aller pêcher quand bon leur semblerait, ainsi qu'ils ont toujours fait depuis.

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Traitiï de La Haye, entre Richard Croœwell et les États, pour l'^ustement des différends des Compagnies orientales des deux nations ; ti février 1659 ).

Quelques vaisseaux de guerre de la Compagnie orientale des Provinces-Unies avaient pris à la rade de Bantam, dans l'île de Java, trois vaisseaux anglais, et les Anglais se plaignaient encore de divers dommages que cette compagnie leur avait fait souffrir en ces quartierslà, sur quoi diverses plaintes ayant été faites a La Haye par les ambassadeurs d'Angleterre , et plusieurs réponses par les États généraux ; enfin le 16 février 1659, George Downing, au nom de Richard Cromwell, protecteur, et les députés des Etats généraux, firent un traité par lequel les Etats généraux convinrent de faire payer dans dix semaines aux intéressés à ces trois vaisseaux ce qu'ils auraient valu à leur arrivée à Londres, s'ils n'avaient point été arrêtés, et outre cela la valeur des marchandises qui étaient dans ces navires, suivant qu'elles auraient coûté à Londres six mois après la prise de ces vaisseaux. De plus on convint qu'ils payeraient l'intérêt à raison de quatre pour cent, tant des vaisseaux que des marchandises, depuis le 1*' août passé jusqu'à l'actuel payement ; que moyennant cela les Anglais ne pourraient rien demander pour tous les prétendus dommages par eux soufferts dans les Indes orientales, et dont le Protecteur avait eu connaissance avant le 20 janvier dernier ; que les deux nations vivraient en paix, et que les mêmes commissaires traiteraient incessamment de la valeur de ces vaisseaux et des marchandises qui y étaient.

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