‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 112 sur 269 · LIVRE I. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE V

les rois de Suède et de Pologne et l'électeur de Brandebourg. Les choses étant changées en Angleterre, le traité fut ratifié par le conseil d'État, qui avait l'autorité souveraine dans ce royaume, depuis la déposition de Richard Cromwell ; encore que le roi de France soit partie dans ce traité, je n'ai pas laissé de le rapporter ici, parce qu'il regarde particulièrement les intérêts des États dont il est traité dans ce volume.

Traité de La Haye , entre la république d'Angleterre et les État», pour le même sujet (1659;.

Le 24 juillet 1659, Georges Downing, commissaire du parlement de la république d'Angleterre, convint avec les États généraux que les ambassadeurs des deux républiques travailleraient pendant quinze jours auprès des rois de Suède et de Danemark pour les porter à la paix sur le fondement de la paix de Hotsehild, à moins qu'on ne jugeât à propos d'y changer quelque chose, et déjà ils convinrent d'y changer et expliquer le troisième article suivant le traité de La Haye, du 21 mai, de laisser le bailliage de Frodhem au roi de Danemark, et d'exhorter le roi de Suède à remettre au roi de Danemark les /i()(),000 écus que celui-ci lui avait promis pour les dommages soufferts «mi Guinée ; que les ambassadeurs tâcheraient d'obtenir du roi de Danemark qu'il accordât les privilèges nécessaires el pareils pour les deux nations, et du roi de Suède qu'il ratifiât le traité d'RIbing avec les explications dont on /'tait convenu à Thoren ; qu'après les quinze jours passés ils n'assisteraient point les uns ni les autres celui des deux rois qui aurait refusé ces conditions, et au contraire secourraient conjointement celui qui les aurait acceptées, afin d'obliger l'autre à en faire autant.

Autre traité de La Haye, entre le* mêmes, pour le même sujet (août 1659 1.

Le h août suivant , les mêmes commissaires convinrent encore à La Haye que si le roi de Suède ou celui de Danemark . ou tous les

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deux, ne voulaient pas faire la paix suivant les conditions portées aux traités des 21 mai et 2/i juillet derniers, les ambassadeurs des trois États, ou tout au moins ceux d'Angleterre et des Ktats généraux, déclareraient dans vingt-quatre heures, après ces quinze jours passés, quel serait le roi qui aurait refusé la paix, ou s'ils l'auraient refusée tous les deux; et que les flottes des deux républiques agiraient aussitôt de la manière que les ambassadeurs des trois États, ou tout au moins ceux d'Angleterre et des États jugeraient la plus sûre et la plus efficace pour contraindre à faire la paix sous ces conditions ceux qui la refuseraient, laissant à leurs ambassadeurs le pouvoir <re faire, sans attendre de nouveaux ordres, ce qu'ils jugeraient le plus a propos pour parvenir à cette fin.

Les ambassadeurs de France, d'Angleterre et des États généraux firent ce qu'ils purent, en conséquence de ces traités, pour porter les deux rois à la paix ; mais le roi de Suède ne voulut jamais l\accepter sous les conditions portées par ces traités. Le roi de Danemark s'en plaignit aussi d'abord, mais ensuite il passa un acte par lequel il accepta les conditions portées par ces trois traités; de sorte que le roi de Suède étant celui qui refusait la paix, la flotte d'Angleterre s'en retourna, et les ambassadeurs des États généraux, dès que les quinze jours furent passés, donnèrent ordre aux généraux de la flotte hollandaise d'agir contre les Suédois, ainsi qu'ils firent avec succès, ayant beaucoup contribué à les chasser avec grande perte de l'île de Fûnen, ce qui causa tant de chagrin au roi de Suède qu'il en mourut.

Traité de fondre», entre Charles D et les État» généraux, pour rétablir l'amitié et le commerce entre les deux nations ( 16(32 }.

Lorsque Charles II s'embarqua en Hollande pour rentrer dans son royaume, les Étals généraux lui firent de très-grands honneurs . et lui envoyèrent peu après une ambassade solennelle pour le féliciter sur son rétablissement , et faire avec lui une étroite alliance ; mais il s'y rencontra tant de difficultés, que l'on fut près de deux années sans rien conclure, car la chambre des communes proposa, en 1661, de

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défendre la pèche aux étrangers , an moins à dix Menés des côtes d'Angleterre, ce que les ambassadeurs des États remontrèrent être contraire aux droits dont ils jouissaient depuis trois cents ans. et au traité fait en 1495 entre Henri Vil, roi d'Angleterre, et Philippe, archiduc d'Autriche el prince des Pays-Bas. Les Anglais voulaient aussi renouveler les différends pour les dommages soufferte dans les Indes, lesquels avaient été réglés du temps de Oomwell moyennant une somme considérable que les Provinces-Unies avaient payée; et enfin le roi d'Angleterre demandait encore la restitution de deux vaisseaux nommés la Bonne Espérance et Henri Bonaventnre pris plusieurs années auparavant par la Compagnie hollandaise des Indes orientales, et pour lesquels elle avait transigé a 85,000 rixdalcs avec un homme que les propriétaires de ces vaisseaux avaient désavoué. Enfin on conclut à Londres, le il\ septembre 1662, un traité d'amitié et de commerce dans lequel on ne parla point du droit de pèche. Le roi de la Grandre-Bretagne et les Ktats généraux y convinrent qu'ils n'assisteraient point les ennemis les uns des autres ; qu'ils se secourraient mutuellement, aux conditions dont ils conviendraient ci-après, contre ceux qui se seraient révoltés contre eux, et qu'ils les feraient sortir de leurs litats ; que les vaisseaux des Provinces-Unies rencontrant dans les mers britanniques des vaisseaux de guerre du roi d'Angleterre seraient tenus d'oter leur pavillon du haut du mât et de baisser la voile de hune ; qu'ils ne pourraient les uns ni les autres recevoir aucuns pirates dans leurs ports ; qu'aucuns de leurs sujets ne pourraient prendre des lettres de représailles de ceux qui seraient en guerre avec une des deux puissances, pour attaquer ses sujets; que si les sujets d'une des deux puissances avaient fait du dommage à ceux de l'autre au deçà du cap de Bonne- Espérance , il serait réparé dans l'année, et que si c'était au delà de ce cap, il le serait dans les dixhuit mois. Les États généraux s'obligèrent de rendre au roi de la Grande-Bretagne l'île de Puloron, moyennant quoi tous les dommages que les deux nations s'étaient faits réciproquement dans les Indes orientales, et dont on avait eu connaissance a Londres avant le 20 janvier 1G59 , seraient compensés suivant le traité du mois de février 1659, à l'exception de la prise des vaisseaux Bonarenture et

Bonne- Espérance (dont les intéressés pourraient continuer le procès), comme aussi à l'exception des dommages fail.s dans toutes les autres parties du monde depuis la paix de 1654 . Ainsi ils convinrent qu'on ferait arrêter de part et d'autre, par des commissaires, un mémoire de tous les dommages que les Anglais et les sujets des provinces s'étaient faits les uns aux autres dans les Indes orientales depuis le 20 janvier 1659, ou qu'on ne savait pas à Londres ce jour-là, et de tous les dommages faits réciproquement dans les autres parties du monde depuis la paix de 1656 ; qu'après que ces mémoires auraient été faits, les ministres du roi de la Grande-Bretagne et les commissaires des États généraux conviendraient dans l'année suivante du dédommagement, et que, s'ils n'en convenaient pas. la connaissance en serait renvoyée à quatre commissaires de chaque côté, le tout suivant le traité de 1654 , en sorte néanmoins qu'on n'en renverrait point la décision aux cantons suisses protestants ; que le commerce serait libre entre leurs sujets en Kurope ; que l'on n'arrêterait point les navires des marchands de l'une ni de l'autre nation , sinon par une extrême nécessité et en satisfaisant les propriétaires ; que les marchands et leurs valets pourraient porter des armes jusqu'à leurs hôtelleries où ils seraient tenus de les laisser jusqu'à ce qu'ils s'en retournassent à leurs vaisseaux ; qu'ils n'entreraient point sans permission dans les ports de l'autre État en plus grand nombre que de huit vaisseaux, et enfin que ceux qui seraient élus capitaines généraux, gouverneurs et amiraux des Provinces-Unies feraient serment d'observer ce traité.

Par un article séparé de ce traité, les États généraux promirent de ne point protéger ceux de leurs sujets qui auraient des tapisseries ou des pierreries du roi d'Angleterre, et même de lui mettre entre les mains les complices de la mort du feu roi qui se trouveraient dans leur pays.

Traité de paix de Breda entre les mêmes ( 1667 ).

Tous ces différents dommages qu'il fallait réparer de part et d'autre, suivant le traité de 1662, furent cause de la guerre qui s'émut

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