LIVRE 1. — CHAPITRE V
peu après entre le roi d'Angleterre et les Etats généraux, car le roi d'Angleterre se plaignait, premièrement, que les États généraux ne voulaient point faire réparation des dommages causés à ses sujets, ainsi qu'ils y étaient obligés par le précédent traité ; secondement, que les commandants de leur flotte aux Indes orientales avaient empêché les vaisseaux anglais d'entrer dans les ports où ils avaient des facteurs, et avaient saisi leurs marchandises pour avoir eu commerce avec des princes contre lesquels ils étaient en guerre; en troisième lieu, que les Etats généraux ne lui avaient pas remis l'île de Puloron, comme ils y étaient obligés ; et enfin qu'avant que les Anglais eussent vendu les vaisseaux qu'ils avaient saisis, et fait la guerre aux sujets des États généraux, leur amiral Ruyter, étant allé en Guinée, s'y était saisi des vaisseaux anglais et y avait commis toutes sortes d'hostilités contre les Anglais.
Les Ktats généraux prétendaient au contraire avoir satisfait a tout ce à quoi le traité les obligeait à l'égard des prétentions réglées; que la place de Cochin étant assiégée, ils avaient eu droit d'empêcher les Anglais d'y entrer, et que néanmoins ils oiïraient de satisfaire les intéressés au sujet des vaisseaux qu'ils avaient arrêtés, mais ils niaient d'y avoir saisi aucun effet appartenant aux Anglais ; qu'après que tous les différends au sujet de l'Ile de Puloron avaient été réglés , il ne s'était présenté personne pour en prendre possession au nom du roi d'Angleterre, et enfin que si Ruyter avait commis quelques hostilités dans la Guinée, ce n'avait été qu'après celles que les Anglais y avaient commises les premiers, par la prise qu'ils avaient faite des forts de la Nouvelle- Belgique.
Ainsi les esprits s'étant aigris de part et d'autre, la guerre commença entre eux en 1664 et fut continuée jusqu'en 1667.
En 1665, les Anglais gagnèrent une bataille navale sur les Hollandais où l'amiral d'Obdam fut tué. Les Ktats furent plus heureux l'année suivante, en laquelle les rois de France et de Danemark se déclarèrent pour eux , et ils eurent quelque avantage sur la flotte anglaise qu'ils poursuivirent jusque dans la Tamise.
Enfin le roi de Suède s'étant entremis de la paix, après plusieurs contestations sur le lieu où l'on s'assemblerait, on convint de Breda
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où les plénipotentiaires du roi de Suède et des parties s'étant rendus, la paix fut conclue le 17 juillet 1667 entre le roi d Angleterre, d'une part, les Etats généraux et les rois de France et de Danemark, de l'autre.
Par le traité entre le roi d'Angleterre et les Etats généraux, ils firent paix , amitié et étroite alliance ensemble, conv inrent que le roi et les Mais retiendraient les places et les îles qu'ils avaient pri>e> depuis le commencement de cette guerre jusqu'au 20 mai dernier, mais que celles prises depuis ce jour-là seraient restituées ; que toutes les actions et prétentions que les Anglais et les sujets des litats généraux • s'étaient réservées par le traité de l'an 1602 , et toutes celles qu'ils auraient pu intenter pour raison des dommages par eux soufferts depuis le passé jusqu'au jour de la signature de ce traité, demeureraient anéanties, en sorte qu'ils ne pourraient plus de part ni d'autre faire aucune demande pour ce sujet ; que les vaisseau» des États, rencontrant les vaisseaux du roi de la Grande-Bretagne dans la mer Britannique, oteraient le pavillon du grand mal et baisseraient la grande voile; qu'on révoquerait départ et d'autre les déclarations faites en Afrique et en Amérique pour ôter la liberté du commerce, en sorte que les sujets des uns et des autres y auraient la même liberté qu'en 1002 ; que le roi et les Ktats ne feraient et ne négocieraient aucune chose l'un contre l'autre, et môme se prêteraient secours quand ils en auraient besoin aux dépens de celui qui le requerrait ; qu'un Ktat ne recevrait point ceux qui se seraient révoltés contre l'autre ; que les sujets d'un des deux Ktats ne seraient point chargés dans les terres de l'autre de plus grands impôts que les autres étrangers qui y négociaient ; qu'ils ne recevraient point dans leurs ports ou riv ières aucuns armateurs ennemis de l'une ou de l'autre des parties, mais qu'au contraire ils les feraient punir de mort, et rendraient aux propriétaires les navires et marchandises qu'ils auraient pris. Ils mirent encore dans ce traité: les autres articles ordinaires dans les traités d'alliance et de commerce, que je ne transcrirai point.
Le roi d'Angleterre fut longtemps sans rendre aux Ktats Surinam qu'il devait leur restituer suivant ce traité; mais l'année suivante, lorsqu'il fit la triple alliance avec eux et avec la Suède, il leur lit