‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 119 sur 269 · LIVRE I. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE V

de France par ce traité, et de faire leurs efforts pour porter le roi d'Espagne a consentir à la paix sous ces conditions ; mais ils convinrent que si le roi de France refusait de les accepter, ils. joindraient les plus grandes forces qu'ils pourraient pour l'y obliger; que la paix étant faite ils en seraient garants; qu'ils tiendraient sur pied un certain nombre de troupes pour agir contre celui qui aurait empêché ou violé la paix ; et enfui qu'ils se secourraient mutuellement en cas que l'un deux fût attaqué. Ce trailé fut signé par le sieur Hyde, pour le roi d'Angleterre, et par sept députés des États généraux. En même tempe les députés des États généraux signèrent un article particulier, par lequel ils déclarèrent que lear intention était que le roi de France rendit aussi au roi d'Espagne les bailliages, diâtellenies et dépendances des villes qu'il lui devait rendre suivant ce projet, comme aussi 1© duché de Limbourg et la ville de Binch. L'ambassadeur d'Angleterre ne voulut point signer cet article, sur lequel il" n'avait rien de précis dans ses instructions, mais il signa avec les députés des États généraux un article séparé, qui portai* que le duché de Lorraine serait rendu au duc dv ce nom, en l'état qu'il était alors à l'égard des fortin" cations, ou tout au moins en l'état qu'il était lorsque le roi de France s'en empara; et qu'à- l'égard de la Suède, .Sa Majesté trèschrétienne pourrait retenir par forme de gage les villes qu'elle avait occupées en Sicile ou tous autres lieux qu'on pourrait proposer hors des Pays-Bas, jusqu'à ce que les conditions de paix à l'égard de la Suède pussent être arrêtées.

Le roi d'Angleterre donna avis de ce traité à son parlement, le conviant de lui donner les secours nécessaires pour agir avec vigueur. La Chambre des communes , au lieu de répondre à> celte demande , présenta d'abord une adresse par laquelle elle suppliait le roi qu'on ne laissât au roi de France, par le traité qu'on ferait , que ce qui lut avait été accordé par le traité des Pyrénées-, et que dans tous Ie9 traités qu'on ferait pour la poursuite de cette guerre, il fût porté qu'il ne serait permis à aucuns vaisseaux, de quelque nation qu'ils fussent, d'entrer dans les ports de France ou d'en sortir. Mais tandis que le parlement d'Angleterre travaillait pour obliger leur roi à prendre les armes pour faire obtenir au roi d'Espagne des conditions plus avanta-

■2*1* HISTOIRE DES TRAITÉS l>E PAIX.

geuses. les Etats généraux, lassés de la guerre, se résolurent d'accepter les propositions de paix que le roi leur fit au mois d'avril 4678 , de sorte que ce traité fut sans exécution.

WWII.

Autre traité de La Haye, entre lu» m^men, pour le même sujet (1678).

Le roi d'Angleterre et les États généraux voyant qu'après que les États et le roi d'Espagne avaient accepté le projet de paix proposé par le mi d'Angleterre, Sa Majesté très-chrétienne faisait difficulté de restituer les places qu'il avait offert de rendre à l'Kspagne et aux Etats, à moins qu'on ne rendît en même temps celles qui avaient été prises sur la Suède pendant cette dernière guerre, firent le 26 juillet 4678 un traité par lequel ils s'obligèrent de déclarer la guerre à la France, en cas que le roi ne consentît, avant le 4 4 août suivant, de restituer ces places aussitôt après l'échange des ratification! du traité de paix qui serait fait, sans insister sur ce qu'il demandait en faveur de la Suède, après quoi ils prétendaient que par la paix le roi de France restituerait au roi d' Espagne Tournai, Condé et Valenciennes, outre les places que Sa Majesté très-chrétienne avait offert de lui rendre, sans parler de Charlemont. qu'on rendrait a l'empire, et qui avait été pris sur lui pendant la guerre; au duc de Lorraine, la Lorraine en l'état où elle était alors, ou tout au moins en celui auquel elle était lorsque la France l'avait occupée. Ils s'obligèrent de faire leurs efforts pour porter le roi de France a se contenter de ces conditions, et convinrent que le roi d'Angleterre fournirait, pour l'armement qu'il faudrait faire , un tiers plus sur mer et un tiers moins sur terre que les États; mais que si la paix subsistait entre la France, l'Espagne et les États, ou suivant les propositions que la France avait faites, ou suivant d'autres dont on pourrait s'accorder, le roi de la Grande-Bretagne , les États et tous les autres princes qui avaient intérêt au repos de la chrétienté et à la tranquillité des Pays-Bas, en seraient garants.

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