CHAPITRE VI
traités entre 1-rs rois de la Grande-Bretagne et les princes d'allemagxe
Comme les rois de la Grande-Bretagne n'ont aucun intérêt à démêler avec les princes d'Allemagne, ils ont fait peu de traités les uns avec les autres. Ainsi je n'en trouve que six qui aient été faits avec différents princes en différentes occasions.
Traité de Wesel , entre le roi Jacques et le» princes de l'Union protestant*' d'Allemagne, pour une ligue défensive (1612).
Lorsque les différends pour la succession des États de la maison de Juliers commencèrent à éclater entre l'empereur, qui voulait que ces États demeurassent entre ses mains pendant le litige, et l'électeur de Brandebourg et le duc de Neubourg , qui prétendaient que cette succession leur appartenait et s'opposaient à ce séquestre, plusieurs princes protestants d'Allemagne s'assemblèrent à Hall et y firent une ligue pour maintenir ces princes en la possession de ces États, en attendant que le litige fût terminé; en conséquence de cette ligue ils chassèrent les troupes de l'archiduc Léopold de la citadelle de Juliers, et mirent ces deux princes en possession de tous les Etats dépendant de cette succession. Ces princes continuèrent toujours leur union , et voyant qu'après la mort de Henri IV, la reine Marie de Médicis , sa veuve , faisait une alliance très-étroite avec la maison d'Autriche par le double mariage du roi Louis XIII et de Madame sa sœur avec les enfants du roi d'Espagne, ils résolurent de recourir à une autre alliance •qui fût capable de les soutenir. Ainsi ils firent prier le roi Jacques d'entrer dans cette ligue défensive, qu'ils disaient avoir été faite pour le repos de l'empire.
Ce roi y ayant facilement consenti , tant par le zèle qu'il avait pour la religion protestante que pour empêcher l'agrandissement de la i. 19
maison d'Autriche, donna ordre à son ambassadeur en Hollande d'en conférer avec les députés de ces princes, comme ils firent à YVesel, où ils conclurent, le 28 mars 1612, un traité par lequel ils convinrent qu'il y aurait entre ce roi et ces princes uni- alliance défensive et réciproque; que si ces princes étaient attaqués à cause de cette union ou de l'assistance qu'ils avaient donnée aux princes intéressés dans la succession de Glèves et de Juliers, ce roi les assisterait de quatre mille hommes ou de la solde pour l«s paver; que ces princes l'assisteraient aussi de deux mille hommes ou de !a somme à laquelle monte- ' rait leur solde, en cas qu'il fût attaqué par mer ou par terre; que les gens de guerre auxiliaires seraient commandés par un ou plusieurs officiers qui obéiraient au général du parti qui serait assisté ; que le secours serait prêt trois mois après la réquisition faite par la partie attaquée; que la levée des troupes et leur entretien pendant un an. s'il était nécessaire, seraient aux dépens de l'assistant; et que, si la guerre continuait davantage, il y serait pourvu par un nouveau traité; que ce roi fournirait des navires pour transporter les gens de guerre ; que trois ans après la guerre finie on rembourserait ces frais à ceux qui auraient assisté; que si d'autres alliés des deux partis étaient attaqués les premiers, ils ne seraient tenus de se fournir réciproquement que la moitié du secours mentionné ci-dessus; que si l'un des deux était attaqué, il ne serait point tenu d'envoyer du secours a l'autre, et que même il pourrait rappeler celui qu'il lui aurait envoyé; et enfin qu'ils ne pourraient faire aucune autre alliance au préjudice de celle-ci. qui durerait six ans.
Traité de Segeberg, entre le même roi, le» électeurs palatin et de Brandebourg, «i W autre* princes et Éuu de l'empire, pour ligue contre lempirc (1021).
J'ai déjà parlé dans le chapitre n de ce livre du traité de Sege-« berg, de l'année 1621, dans lequel le roi Jacques entra avec plusieurs princes de l'empire, et entre autres avec l'électeur de Brandebourg, les ducs de Brunswick, de Lunebourg, de Holstein et de Poméranie. et avec les États du cercle de la basse Saxe, oui devaient tous agir
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pour le rétablissement de l'électeur palatin, et j'ai déjà marqué les raisons pour lesquelles ce roi ne suivit point alors la voie des armes pour obtenir ce rétablissement.
III et IV.
Traités d'Avignon et de Pari», entre le même roi et quelques princes protestants d'Allemagne, pour le même sujet (1023 et 1024).
J'ai aussi déjà parlé de ces traités dans lesquels plusieurs auteurs tiennent que le roi Jacques entra avec les princes protestants d'Allemagne, ennemis de la maison d'Autriche, et entre autres avec le duc Christian de Brunswick, évêque d'Halhcrstadt, et Ernest, comte de Mansfeld, qui avaient toujours suivi constamment le parti de l'électeur palatin, et étaient venus trouver ce roi en Angleterre. Quoi qu'il en soit, en conséquence de ces traités ou de quelques autres qu'il fit avec eux, il leur donna quelques troupes et de l'argent pour renouveler la guerreen Allemagne, et sejoindreau roi de Danemark, ainsi qu'ils firent ; mais, malheureusement pour eux, ils furent défaits l'un et l'autre par les généraux de l'empereur, filant morts peu après, en l'année 1620, Charles I", après avoir fait la paix avec l'Espagne, en 1630, tâcha d'obtenir le rétablissement de son beau-frère, premièrement par l'intervention du roi d'Espagne, et ensuite tant par ses menaces que par ses offres d'une alliance offensive et défensive avec l'empereur; mais la maison d'Autriche avait trop besoin de l'électeur de Bavière, qui était son principal soutien, pour l'aliéner de ses intérêts en lui étant la dignité électorale et le haut Palatinat. Ainsi, comme d'ailleurs les affaires de ce roi étaient en tel état qu'on ne craignait point ses menaces et qu'on n'espérait rien de ses offres, les choses en demeurèrent là, et le Palatin n'eut satisfaction que par les traités de Westphalic un peu auparavant la mort tragique du roi d'Angleterre.
Traité de Westminster, entre Charles II et Frédéric-Guillaume , électeur de Brandebourg, pour alliance défensive ( 1A61 ).
Quelque temps après que le roi d'Angleterre Charles II eut été rétabli dans ses États, l'électeur de Brandebourg envoya pour ambassadeurs en Angleterre le prince Maurice de Nassau et Weimar son chancelier pour traiter avec ce roi des affaires du prince d'Orange et d'une étroite alliance que l'électeur souhaitait de faire avec lui. lis y rencontrèrent plusieurs difficultés, parce que l'électeur soutenait les intérêts de la princesse douairière d'Orange, qui avait plusieurs différends avec la princesse royale, sieur du roi d'Angleterre, pour la tutelle du prince d'Orange ; cependant ces ambassadeurs vinrent à bout de leur négociation, et outre un traité, dont nous parlerons ci-après, qu'ils conclurent avec ce roi au sujet de la tutelle du prince d'Orange, ils conclurent encore, le 20 juillet 10G1. un trailé d'alliance entre le roi d'Angleterre et l'électeur de- Brandebourg, par lequel ce roi, en considération de l'ancienne amitié et pour l'intérêt de la religion évangélique, promit qu'en cas que rélecteur fût attaqué ou troublé dans la Prusse, dans la Poméranie, et dans la marche de Brandebourg, il lui enverrait un secours de vaisseaux de guerre, tel que la nécessité et l'état des affaires de l'électeur le requerraient ; qu'il le maintiendrait dans les duchés de Clèves, de Juliers et de Mons, el dans les comtés de la Mark et de Bavensberg, particulièrement dans ceux dont il avait déjà pris possession, ou qu'il pourrait obtenir à l'avenir légitimement pour lui et pour ses héritiers. Ils convinrent que cette alliance aurait particulièrement lieu si l'électeur ou ses sujets étaient troublés pour le fait de la religion dans les États de Juliers, de Clèves et de Mons, et dans leurs dépendances, et que pareillement l'électeur emploierait toutes ses forces pour le secours du roi et de ses successeurs, en cas qu'ils fussent attaqués dans leurs royaumes ou dans les mers Septentrionale et Baltique. Ce traité portait encore une liberté réciproque de commerce pour les sujets des deux princes, qu'ils ne payeraient pas plus d'impôts et jouiraient des mêmes privilèges que les Danois et les