‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 121 sur 269 · LIVRE I. — CHAPITRE \T · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE \T

sujets des Provinces-Unies; que si quelques autres nations obtenaient des conditions plus avantageuses d'un des deux princes, les sujets de l'autre en jouiraient aussi ; que chaque prince pourrait établir en son pays tels impôts que bon lui semblerait, pourvu qu'il gardât cette égalité ; qu'il serait permis à chacun des deux princes de lever des soldats, et d'acheter et louer des vaisseaux et des ustensiles de guerre dans le pays de l'autre, à moins qu'il ne fût lui-même engagé m quelque guerre qui l'empêchât de le pouvoir permettre ; que cette alliance serait seulement défensive; qu'elle durerait dix années, et ne préjudicierait point aux alliances précédemment faites par l'un ou par l'autre; que si les marchands anglais y voulaient consentir, l'étape et la marque des draps d'Angleterre, qui a été transférée de Rœnigsberg à Dantzig, serait remise en tel lieu de la Prusse ducale qu'il plairait à l'électeur, pourvu qu'on accordât à cette compagnie l'exercice public et particulier de la religion réformée.

Cette alliance n'a pas empêché que toutes les fois que le roi d'Angleterre a eu guerre contre les États généraux, cet électeur ne se soit ligué avec eux contre lui; ce qui fut cause que, lorsque cet électeur, après avoir fait son traité de ligue avec les Provinces-Unies en 1672, ot étant en campagne avec une puissante armée pour les secourir, offrit sa médiation au roi d' Angleterre qui leur avait déclaré la guerre, ce roi rejeta cette médiation, et lui fit donner une réponse par écrit qui portait, entre autres choses, qu'il trouvait fort mauvais de voir qu'en temps de paix l'électeur était toujours prêt de se joindre à lui, et se plaignait incessamment des États généraux, et que néanmoins, en temps de guerre, il ne manquait jamais de joindre ses armes à celles des États contre l' Angleterre.

Traité entre le mém.' et Christophe Bernard de Galen , évèque < pour li(?uc contre les États généraux (MVt).

I^e roi d'Angleterre étant entré en guerre contre les États généraux, voulut, pour diviser leurs forces, leur susciter une nouvelle

HISTOIRE DES THAITÉS l>E PAIX.

guerre en terre ferme : ainsi ayant trouvé Christophle Bernard de Calen. évêque de Munster, en disposition de rompre avec les Hollandais, il fit avec lui en 1665 un traité par lequel ils se liguèrent ensemble contre les Etats généraux, et ce prélat s'obligea de leur faire la guerre de toutes ses forces, moyennant quelques subsides que ce roi promit de lui fournir.

L'évêque de Munster agit avec beaucoup de vigueur contre les F.tats généraux ; mais, voyant que les rois de France et de Danemark et tous les princes ses voisins prenaient le parti des États généraux contre lui, il fut obligé de faire la paix avec eux l'année suivante nonobstant les offres que lui faisait le roi d'Angleterre d'un puissant secours qu'il jugea trop éloigné pour pouvoir le défendre des armées qui étaient prêtes de fondre sur ses Ktats.

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