‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 122 sur 269 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

TRAITÉS ENTRE LA GRANDE — BRETAlïNE KT LE PORTIC.AI.

Depuis (pie le Portugal s'est soustrait à l'obéissance des rois d'Kspagne, il y a presque toujours eu bonne intelligence entre ce royaume et celui d'Angleterre. Charles I" a été le premier roi qui ait reconnu le roi de Portugal eu cette qualité, et Charles 11 n'a jamais non plus abandonné le Portugal, s'est marié dans celte maison, et lui a procuré le repos dont il jouit présentement.

Il n'y a eu qu'Olivier Croimvell qui a eu quelques différends avec les Portugais, (pli ont été terminés par des traités, de sorte que je trouve cinq traités passés entre ces deux couronnes.

l'rait»1 île Londres, ••otro Charles |« . t Jean IN, |»>ur alliance et roininerce (1641 ).

Aussitôt (pie Jean IV fut élu à la couronne de Portugal, il envoya un ambassadeur vers Charles I". roi d'Angleterre, pour lui en donner avis, et lier amitié avec lui. L'ambassadeur d'Kspagne. qui n'aidait a

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Londres, s'opposa le plus qu'il put à ce que l'ambassadeur de ce prince fût reconnu comme venant de la part du roi de Portugal ; néanmoins, encore que Charles vécût alors avec beaucoup de liaison avec l'Espagne, la raison d'État et l'intérêt du commerce l'emportèrent sur les oppositions de son ambassadeur, si bien que le roi d'Angleterre reconnut Jean pour roi de Portugal, et conclut à Londres, en 1641, un traité d'alliance et de commerce entre l'Angleterre et le Portugal.

Traité de paix <\v Londres entre Jean IV et Olivier Cromwell (1654).

Après la mort de Charles I", roi d'Angleterre, Jean, roi de Portugal, favorisa d'abord le parli de son fils el reçut même dans ses havres la flotte commandée par le prince Robert. Cela attira, en 1650, Blak, amiral d'Angleterre, sur les côtes de Portugal, où il fit bien du ravage, sur ce que ce roi refusa de lui livrer les principaux officiers de cette flotte, ce qui obligea le roi de Portugal de saisir tous les vaisseaux et effets des Anglais dans les ports de Portugal, et depuis les Portugaise! les Anglais commirent de part et d'autre plusieurs hostilités les uns contre les autres. Mais Cromwell. s'étant résolu de faire la guerre à l'Kspagne. jugea à propos de s'allier aux ennemis de celte couronne, de diminuer le nombre des siens. Ainsi, le 10 juillet 165ft, (in fit a Londres un traité pour apaiser tous les différends entre les deux nations, par leqnel le roi de Portugal promit de réparer tous les dommages que les Portugais avaient causés aux Anglais dans les Indes et ailleurs, et accorda plusieurs articles favorables aux Anglais, tant pour le commerce que pour la liberté de leur religion dans ses htats et l'honneur de leur couronne. Mais aussi Cromwell s'obligea de permettre aux Portugais de faire une le\éc de dix mille Anglais, en cas qu'ils en eussent affaire. L'ambassadeur de Portugal s'en retourna donc satisfait de sa négociation; cependant il eut le chagrin, avant de partir de Londre, d'y voir couper h lête 'i sou frère par la main du bourreau, pour un meurtre qu'il avait commis dans une querelle dû il s'était rencontré.

Traité de Londres, ont™ Alphonse V] M Olivier Cromwell, pour accommoder les différends des deux nations ( 1666 ).

Cette paix n'ôta pas tous les sujets de différends qui étaient entre les deux nations, Cromwell pressant toujours le remboursement des dommages qu'il prétendait que les Anglais avaient soufferts des Portugais. Ainsi, sur le retardement que les Portugais apportaient d'y satisfaire, il envoya sa flotte sur les eûtes de Portugal, où elle ferma l'embouchure du Tage. Alphonse VI, successeur de Jean IV, voulant terminer ces différends, envoya un agent en Angleterre, qui, après plusieurs disputes, conclut en 1656 un nouveau traité avec Cromwell, par lequel ce roi s'obligea à payer 400,000 écus au Protecteur pour ce dédommagement, et consentit que les Anglais eussent à Lisbonne l'exercice de leur religion dans la maison du résident d'Angleterre, pourvu que cela se fît sans scandale. Cela étant ainsi conclu, la flotte d'Angleterre se relira de l'embouchure du Tage, et fit voile vers la baie de Cadix.

Traité de Londres, entre Charles U et Alphonse VI, pour renouvellement d'alliance

Charles II étant en 1660 a la Haye, sur le point de retourner en son royaume, ne voulut point, pour complaire au roi d'Espagne, qui lui avait toujours donné un favorable accueil en son pays, donner audience à l'ambassadeur de Portugal, comme il fit à tous les autres ambassadeurs qui n'avaient point pour lui de lettres particulières de créance non plus que celui de Portugal ; néanmoins, quand il fut à Londres, quoique l'ambassadeur d'Espagne s'opposât fortement au renouvellement de l'alliance entre l'Angleterre et le Portugal, les avantages que toute la nation anglaise retirait de cette alliance, et l'intérêt d'État qui ne permettail pas qu'on laissât détruire le Portugal parle roi d'Espagne,

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obligèrent ce roi à donner une audience favorable à Francisco de Mello. ambassadeur de Portugal, et même il renouvela, en 1661, avec les Portugais l'alliance aux mêmes conditions du traité de 1654 sans en ôter la permission de lever dix mille Anglais pour la défense du Portugal.

Autre trait»1 de Londres, entre le* même», pour le mariage de Cuarle-, Il avec dofta Catharina, infante de Portugal ( 1061 ).

L'ambassadeur de Portugal, ayant obtenu ce renouvellement d'alliance, proposa de l'affermir encore davantage par le mariage du roi d'Angleterre avec dofla Catharina, infante de Portugal. L'ambassadeur d'Espagne ayant appris cela fit ses efforls pour l'empêcher, et offrit au roi d'Angleterre de la part de son maître de donner à celle des princesses de Danemark, de Saxe ou d'Orange, que le roi d'Angleterre voudrait choisir, autant de dot que le roi de Portugal offrait de donner à sa sœur, et déclara que ce mariage détruirait la paix et le commerce entre les deux nations. Cependant le roi d'Angleterre, sans avoir égard à ses offres ni à ses menaces, passa le 23 juin 1661 son contrat de mariage avec cette princesse, par lequel le roi de Portugal promit de donner à sa sœur 2,000,000 de cruzades avec la ville de Tanger, en Afrique, et l'Ile de Bombay, aux Indes. D'autre part , le roi d'Angleterre promit à la princesse, pour l'exercice de sa religion, tous les mêmes avantages qui avaient été accordés à la reine mère du roi d'Angleterre par son contrat de mariage avec le roi son père. Ce contrat ayant été ratifié, il fut exécuté de bonne foi de part et d'autre, les places promises furent remises aux Anglais, et l'amiral Montaigu alla en Portugal chercher l'infante et sa dot qu'il conduisit en Angleterre, où le mariage fut célébré et consommé.

Depuis ce temps-là le roi d'Angleterre a soutenu puissamment le Portugal, au service duquel il a toujours entretenu un corps d'armée, jusqu'à ce que, par sa médiation, la paix fut faite en 1668 entre l'Kspagne et le Portugal.

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