‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 124 sur 269 · LIVRE I. — CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE VIII

rent le traité par lequel ils convirent qu'il y aurait une paix ferme entre tous ces princes et une pleine liberté de commerce entre leurs sujets; qu'ils se départiraient des alliances faites contre l'un ou l'autre, et n'assisteraient point réciproquement leurs ennemis de soldats, d'armes, ni de conseils; qu'en attendant que les Provinces-Unies eussent retiré des mains du roi d'Angleterre les places qu'elle- avaient engagées à la reine Elisabeth, il en userait comme un bon frère et défendrait à ceux qui y seraient en garnison de commettre aucune hostilité contre les archiducs, ni de secourir les États-Unis; que le roi d'Espagne et les archiducs n'attaqueraient point non plus les Anglais qui seraient dans ces places; que les sujets du roi d'Angleterre n'apporteraient point en Espagne des marchandises de Hollande ou de Zélande ni en Hollande ou en Zélande des marchandises d'Espagne; que moyennant cela ils ne payeraient point en Espagne le droit de trente pour cent pour les marchandises qu'ils y mèneraient, mais seulement les anciens droits. On inséra encore dans ce traité d'autres clauses ordinaires dans les traités de commerce, et entre autres qu'il ne serait point fait dans leurs Etats aucune peine aux sujets de l'un des deux rois à cause de la religion, pourvu qu'ils ne fissent point de scandale, et que les vaisseaux de guerre d'un des deux rois, particulièrement en nombre de six ou huit, ne pourraient faire séjour dans les ports de l'autre roi sans sa permission ; enfin on renouvela les anciennes alliances entre les rois d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, et les ducs de Bourgogne.

Après que les commissaires de part et d'autre fuient convenus de tous les articles du traité, le connétable de Castille passa de Flandre en Angleterre, et le 29 août le traité fut signé par le roi d'Angleterre et par le connétable, et les députés de l'Espagne et de l'archiduc, et le lendemain ce roi le jura solennellement dans la chapelle de Whitehall.

HISTOIHK DKS TRAITÉS DE PMX.

Trait* de Londres outre le même roi, d'une part, Philippe II et l'infante Isabelle, d'autre part , pour le séquestre de Franàentliol ( 1623).

La paix et la bonne intelligence subsistèrent entre ces deux couronnes pendant la vie de Philippe III, et jusqu'à l'invasion du bas Palatinat par l'Armée d'Kspagne commandée par le marquis Ambroise Spinola. Le roi Jacques, qui souhaitait passionnément qui- son gendre fût rétabli dans ses Fiais, voyant que le marquis de Bade- Durlach, et le comte de Mansfeld, qui tenaient son parti, avaient été défaits, l'obligea à poser les armes, et essaya d'obtenir son rétablissement par la voie de la négociation, envoyant des ambassades à cet eiïet à Madrid vers le roi Philippe IV et à Bruxelles vers l'infante Isabelle. Cette princesse envoya aussi vers ce roi quelques-uns de ses ministres accompagnés de ceux du roi d'Espagne, qui conclurent à Londres, le 27 mars 1623, un traité par lequel le roi d'Angleterre, entre les mains duquel le Palatin avait remis ses places, promit de remettre Frankenthal, la seule place qui lui restait, en celles de l'infante par forme de séquestre, et d'autre part cette princesse s'obligea de la lui restituer au bout de dix-huit mois. L'infante promit aussi de rendre l'artillerie et les munitions en même quantité qu'on les lui aurait livrées par inventaire, et de permettre au roi d'Angleterre d'y remettre une garnison de quinze cents hommes de pied et de deux cents chevaux, auxquels le roi d'Kspagne serait tenu de livrer passage, et de leur faire un bon traitement dans ses Ltats. Cependant on convint que les habitants de cette ville ne seraient point molestés dans leur religion ni dans leurs biens.

Le roi d'Angleterre exécuta ce traité de sa part, ayant fait sortir la garnison anglaise de Frankenthal le 25 avril suivant , et y ayant laissé entrer celle de l'infante; mais on n'en usa pas d'aussi bonne foi de l'autre côté, car lorsque le roi d'Angleterre, voyant que l'empereur ne voulait point rétablir le Palatin, somma l'infante au mois de septembre 1624 de lui remettre Frankenthal, elle demeura bien d'accord

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