‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 125 sur 269 · LIVRE I. — CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE VIII

de faire pour cela ce qui était en son pouvoir, mais elle témoigna qu'elle n'en était plus la maîtresse, si bien que la place demeura entre les mains des Espagnols, jusqu'à ce que le Palatin, étant rentré dans le Palatinat en 1632, l'assiégea si vivement qu'il obligea le gouverneur de capituler ; mais ce prince mourut le même jour que la garnison espagnole sortit de cette ville.

Ml.

Autre traité de Londres, entre les même'*, pour une suspension d'arnit-s par tout l'empire (avril HV»3).

Ce même roi. pour satisfaire encore davantage l'empereur et ôter tous les prétextes qu'il aurait pu apporter pour empêcher l'accommodement, fit le 1" mai 1623 un autre traité à Londres, au nom de l'électeur palatin, son gendre, et de ceux de son parti, avec l'infante archiduchesse au nom de l'empereur et du roi d'Espagne.

Par ce traité, pour pouvoir parvenir plus facilement à une paix générale, ils convinrent d'une suspension d'armes dans tout l'empire pendant quinze mois; que pendant ce temps on ne pourrait lever des troupes, commettre dos hostilités, ni faire de nouvelles fortifications dans l'un ni dans l'autre Palalinat, et que l'on traiterait de la paix générale à Cologne.

Cette trêve fut acceptée de toutes les parties, en sorte que l'Allemagne fut tranquille pendant le reste de cette année, et pendant l'année 1624. Le roi d'Angleterre espérait pendant cette trêve conclure le mariage du prince de Galles, son fils, avec l'infante d'Espagne, duquel mariage on le flattait depuis longtemps, et ensuite obtenir aisément le rétablissement du Palatin; mais toute la négociation de ce mariage et ce rétablissement qui en devait être la suite s'en allèrent peu après en fumée, ce que je crois nécessaire de marquer un peu plus dans le détail.

Négociation pour le mariage de Charles, prince de Galle* , avec Marie, infante d'Espagne ( HH3 ).

Le comte de Gondomar, ambassadeur d'Espagne en Angleterre, et le comte de Bristol, ambassadeur d'Angleterre en Espagne, s'étant mis en tète de négocier le mariage de Charles, prince de Galles, avec l'infante \larie, sœur de Philippe IV, persuadèrent si bien au roi Jacques que le roi d'Espagne y était disposé et que c'était le véritable moyen de faire rendre l'électoral et le Palatinat à l'électeur palatin, son gendre, qu'il résolut absolument de conclure ce mariage. Ainsi il le proposa d'une manière à ne pas vouloir être contredit, et ensuite, sans avoir communiqué son dessein à personne et contre toutes les règles de la bonne politique, il envoya au mois de mars 1623 le prince de Galles incognito en Espagne, accompagné du seul marquis de Buckingham, dans la pensée que sa présence lèverait toutes les difficultés que les Espagnols apportaient à la conclusion de ce mariage.

Le prince fut reçu avec de grandes magnificences : le roi d'Espagne voulant qu'on lui rendit en toutes rencontres les mêmes honneurs qu'à sa propre personne, et lui cédant toujours la place d'honneur; on convint ensuite des articles, qui furent que le mariage se célébrerait en Espagne suivant les cérémonies de l'Église catholique, après en avoir obtenu la dispense du p^pe, laquelle le roi d'Espagne se chargeait de demander, et que, s'il en fallait renouveler quelque cérémonie en Angleterre, il n'y aurait rien de contraire à la religion catholique; que l'infante conduirait avec elle le nombre des domestiques qu'il plairait au roi d'Espagne, et tels qu'il les choisirait, en sorte qu'il n'y mettrait point de sujets du roi d'Angleterre que de son consentement, et qu'il en mettrait d'autres à la place de ceux qui mourraient; que l'infante et tous ses domestiques et leurs enfants et serviteurs jouiraient de l'exercice public de la religion catholique ; que l'infante aurait à Londres, et dans tous les lieux où elle demeurerait, une chapelle dans

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