‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 127 sur 269 · LIVRE I. — CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE VIII

Trait.» de pait de Madrid, entre Charles I" d"une part, Philippe TV et l'infante Isabelle

d'autre f lft30 ).

Lorsque le roi assembla le parlement d'Angleterre, au commencement de l'année 1C24, le prince fit encore en sorte que le parlement pressât extrêmement le roi de rompre avec l'Espagne, lui offrant en ce cas la vie et les biens de tous les Anglais. Le roi ne voulut point se déclarer absolument pour la guerre, promettant seulement de rompre les traités commencés avec l'Espagne. Inojosa, ambassadeur d'Espagne, voyant que c'était Buckingham qui irritait le prince et le parlement, l'accusa d'avoir comploté avec plusieurs autres pourôter la couronne au roi Jacques et la mettre sur la tête du prince son fils, qu'ils impliquaient aussi dans la conspiration. Le parlement déclara le duc innocent, et le prince, ce duc et le conseil royal demandèrent de concert qu'Inojosa fût puni de sa calomnie. Néanmoins, tout le ressentiment que le roi en témoigna fut qu'il fit sortir du royaume Inojosa sans lui faire les honneurs ordinaires, et on déclara à Coloma, l'autre ambassadeur, qu'on ne le regardait plus comme ambassadeur.

Pour tout cela le roi ne se résolut point de rompre avec l'Espagne. Au contraire , ayant traité avec le comte de Mansfeld pour mener une armée de douze mille hommes pour le recouvrement du Palatinat. il fit protester au roi d'Espagne que cette armée avait ordre de ne commettre aucune hostilité contre les États du roi d'Espagne et de l'infante, et que l'armée navale qu'il avait équipée était pour faire la guerre contre les États généraux, en cas qu'ils ne punissent pas le meurtre des Anglais commis dans l'île d'Amboyne. Comme les Français ne voulaient pas que cette armée passât par la France, ils firent révoquer cet ordre donné à Mansfeld. Ainsi ce roi demeura dans ses irrésolutions jusqu'à sa mort, arrivée au mois d'avril 1625. ce qui fait connaître qu'il n'y a point d'apparence qu'il fut entré dans les traités d'Avignon et de Paris.

Charles, son fils, étant devenu roi fit la guerre ouvertement k l'Espagne, et avec beaucoup de vigueur, pendant les premières années

30*i HISTOIRE DES TRAITÉS DE PAIX.

de son règne. Il envoya une puissante armée navale sur les côtes d'Espagne , et se ligua même avec les Persans pour ôter Ormus au roi d'Espagne, ainsi qu'ils firent; mais ensuite le roi d'Angleterre s'étant embarrassé dans la guerre contre le roi de France , son beaufrère , en faveur des huguenots, son ardeur contre les Espagnols se ralentit. Ainsi il écouta volontiers les propositions de l'abbé Scaglia , ambassadeur du duc de Savoie, qui voulant procurer une ligue entre les rois d'Espagne et d'Angleterre contre la France , de laquelle ce duc était mal satisfait , s'entremit de moyenner la paix entre ces deux couronnes. Il y disposa facilement les deux rois, savoir Celui d'Espagne, dans l'espérance que celui d'Angleterre moyennerait quelque trêve entre lui et les Etats généraux, et celui d'Angleterre, sur l'assurance qu'on lui donna que le roi d'Espagne ferait l'accommodement du Palatin, son beau-frère, avec l'empereur.

Ainsi le roi d'Angleterre ayant envoyé François Cotington en Espagne, et le roi d'Espagne don Carlos Coloma en Angleterre, ces deux ministres achevèrent de lever les obstacles qui pouvaient empêcher la conclusion de la paix. De sorte que le 15 novembre 1630, on conclut a Madrid un traité de paix et de commerce entre les deux rois, par lequel ils convinrent qu'ils n'exerceraient plus d'hostilités l'un contre l'autre; que leurs sujets pourraient trafiquer librement ensemble; que les sujets du roi d'Angleterre ne pourraient porter dans les Etats du roi d'Espagne aucunes marchandises de Hollande et de Zélande, ni aucuns marchands hollandais ou zélandais , et que pour obvier aux fraudes, les marchandises qui viendraient d'Angleterre. d'Ecosse et d'Irlande seraient enregistrées et marquées aux armes de la ville dont elles seraient tirées, faute de quoi elles seraient confisquées ; que les marchands, sujets du roi d'Angleterre, ne pourraient transporter les marchandises d'Espagne ailleurs que dans les royaumes du roi d'Angleterre ou dans les Pays-Bas obéissants , ou autres qui auraient droit de commerce avec l'Espagne, dont ils donneraient caution, et s'obligeraient au payement du droit de 30 pour 100 en cas de contravention, particulièrement s'ils les portaient en Hollande ou en Zélande.

On comprit aussi dans ce traité toutes les clauses ordinaires de

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