LIVRE II. — CHAPITRE II
Depuis ce. traite' , les rois de Danemark et de Suède firent encore un traite" en 1580. et un autre en 1591, qui réglèrent plusieurs différends qu'ils avaient sur le sujet du commerce.
Trait,' de KlaU*b.k, entre Christian IV et Charles IX, pour sur leur» diflV-rend» (1003).
Charles, duc de Sudermanie, ayant fait en sorte de faire déclarer roi de Pologne son neveu Sigismond, déchu de la couronne de Suède, et s'en étant fait établir vice-roi sous l'autorité des États de ce royaume, attaqua la Livonie et s'en rendit presque entièrement maître, hormis de la ville de Riga. Comme il prétendait l'affamer, il voulut exiger de Christian IV, roi de Danemark , qu'en vertu de l'alliance offensive et défensive établie par le traité de Slettin, il défendit à ses sujets le trafic de Riga et de la Courlamle, outre cela il contestait au roi de Danemark l'île d'OEscl, la ville de Sonnebourg. et les trois couronnes dans l'écusson de ses armes. Le roi de Danemark, de son côté, se plaignait premièrement de ce que Charles avait beaucoup étendu sa juridiction sutla Laponie au préjudice de son royaume de Norvège, ce que Charles prétendait avoir eu droit de faire, au moyen de la transaction passée en 1595 entre la Suède et la Moscnvic, par laquelle les grands-ducs avaient cédé à la Suède la moitié de la juridiction et des revenus depuis le golfe de Titissiard jusqu'à Malanger, et les deux tiers depuis Malanger jusqu'au Varanger. En second lieu Christian se plaignait de ce que, nonobstant (pie la liberté du commerce dût être réciproque entre leurs sujets, il y avait certaines villes et ports, où, en vertu de quelques anciens usages et privilèges, on ne permettait point aux Danois de trafiquer.
Sur tous ces différends, Christian IV et Charles firent un traité à Flakkebek en 1003, par lequel ils convinrent que le roi de Danemark défendrait à ses sujets de trafiquer pendant un certain temps à Riga et dans la Courlamle; que la liberté du commerce serait expliquée suivant l'ancien usage et les privilèges des villes, et que pour leurs autres différends ils s'en rapporteraient à des arbitres.
Trait*? de paix de SiûrOd entre Christian IV ut liiutavc-Adolphc (MI3j.
Charles IX, s'étant depuis fail couronner roi de Suède en i607, ajouta à ses tilres celui de duc des Lapons en \ortland. ce qu'il avait cru pouvoir faire, puisque outre ce que les rois de Suède avaient acquis dans la Laponie par la transaction de 1595, dont je viens de parler, ils avaient toujours juridiction sur la Laponie occidentale; cependant le roi de Danemark se plaignait de cela, et des nouveaux impôts établis sur les Lapons, comme d'une entreprise sur son royaume de Norvège. Il se plaignait encore de ce que les Suédois faisaient plusieurs violences à ses sujets sous prétexte de la défense de naviguer à Riga et dans la Courlandc; que le roi de Suède avait permis aux habitants de sa nouvelle ville de Gothenbourg de pécher dans toute l'étendue de la mer qui est entre Titissiard et Varanger. à la charge de lui payer la dixième partie de leur pêche, bien que la moitié de cette étendue de mer dépendît du Danemark; qu'encore que les rois de Danemark eussent permis aux seuls habitants de Berg et de Trondhein de trafiquer au pays de Norlland et de Varghus, le roi de Suède y avait envoyé des navires pour y trafiquer; et qu'enfin il continuait de mettre les trois couronnes dans l'écusson de ses armes. Le roi de Suède prétendait n'avoir rien fait qui ne lui fut permis, et se plaignait de sa part que le roi de Danemark possédait sans aucun droit le château de Sonnebourg , dans l'Ile d'OEscl ; qu'il faisait des violences aux Lapons; qu'il les comptait quelquefois dans ses patentes parmi ses sujets, et qu'il avait fait défense aux villes anséatiques de trafiquer en Suède. Ainsi ces rois ne pouvant s'accorder, celui de Danemark déclara la guerre à la Suède en Kili , et prit la ville et le château de Calmar, et les îles d'OEIand et de Bornholm. Le roi Charles, qui était encore embarrassé dans la guerre contre la Pologne et contre la Moscovie, en étant au désespoir, envoya défier Christian de se battre en duel contre lui, ce que celui-ci refusa, et peu après Charles mourut de regret , cl laissa sun royaume à son fils Gustave-Adolphe. L'année suivante, Christian prit sur les Suédois
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Elfsbourg, Goltberg, et plusieurs autres places ; enfin le roi d'Angleterre et les villes anséatiques se mêlèrent de les accommoder, et la paix fut faite au mois de janvier 1613, à Siared, entre l'Ifsbek et Kessecod, sur les frontières des deux royaumes.
Par ce traité, on confirma premièrement celui de Stcttin de l'année 1570, et comme chacun des deux rois alléguait diverses raisons, par lesquelles ils prétendaient l'un et l'autre avoir droit de porter les trois couronnes dans l'écu de leurs armes ( le roi de Suède comme roi des Suédois, des Golhs et des Vandales, et le roi de Danemark comme successeur de ceux qui avaient possédé les trois royaumes du Nord), les deux rois convinrent qu'ils pourraient porter l'un et l'autre les trois couronnes dans leurs écussons sans que cela leur donnât aucun droit sur les royaumes de l'un ou de l'autre; que les Suédois, pour leurs personnes, biens et marchandises, seraient exempts de tous impôts en Danemark , en Norvège et au Sund , et que de même les Danois et Norvégiens trafiqueraient librement en Suède, et les Suédois en Danemark et en Norvège. Qu'on ne donnerait point à la ville de Gothenbourg aucuns privilèges qui tussent au préjudice du droit royal que le roi de Danemark a dans la Chersonôse Cimbrique, et que le roi de Danemark rendrait au roi de Suède la ville de Calmar, les iles de Bornholm et d'OKIand, Klfsbourg, Jlolsby, et les autres villes qu'il avait occupées pendant cette guerre.
D'autre part le roi de Suède céda au roi de Danemark : premièrement ses droits sur la ville de Sonnebourg, dans l'île d'Œsel ; deuxièmement les droits qu'il avait sur la mer occidentale et sur les Lapons qui habitent sur les côtes de la mer, entre Titissiard et Varanger, ce qui comprend la province de Varghus et la partie septentrionale de celle de Trodenhus; troisièmement le tribut que les Lapons doivent au roi de Suède, comme ayant acquis les droits du grand-duc de Moscovie en l'année lôl)5, et néanmoins on convint (pic le roi de Suède pourrait prendre, si bon lui semblait, le titre de duc de Laponie, à cause que nonobstant cette cession il lui restait encore beaucoup de Lapons qui dépendaient du royaume de Suède ; quatrièmement il s'obligea de rendre au roi de Danemark la Jetnptie ; et enfin de lui payer dans six ans un million d ecus en quatre payements, et que jus-
qu'au parfait payement le roi de Danemark garderait et jouirait d'Elfsbourg et des autres places qu'il avait conquises.
Traité enlre les mêmes pour alliance f 1613 ..
Après que ces deux rois eurent fait la paix et terminé tous leurs différends, ils eurent une entrevue et conclurent, en la môme année 1613, un traité de ligue offensive et défensive contre la Pologne.
Traité d'Halmstad, entre les mêmes, pour alliance (1610).
Le temps approchant auquel le roi de Danemark devait restituer au roi de Suède Klfsbourg et les autres places qu'il avait gardées jusqu'à ce qu'on lui eût payé le million d'écus qui lui avait élé promis par le traité de Siôrod, le roi de Suède paya en 1G19 au roi de Danemark ce qu'il lui devait de reste de cette somme, retira ses places, et en même temps les chanceliers de Danemark et de Suède, et plusieurs autres officiers des deux rois, conclurent au nom de leurs maîtres un traité par lequel ils réglèrent divers sujets de plaintes proposés par le roi de Danemark, et firent une alliance enlre les deux rois, qui la confirmèrent eux-mêmes ensuite à Halmstad, dans la Halland. où ils passèrent plusieurs jours ensemble.
Traité de Craerd, entre les mêmes, pour terminer plusieurs différends (1(521).
Ces deux rois ayant eu quelques différends sur l'exécution de quelques points des traités de Siôrod et de llalmstad, le roi de Danemark avait commencé en l'année 1023 de vouloir faire payer le péage du Sund aux vaisseaux et aux marchandises de Suède. Cela obligea le roi de Suède de prendre les armes pour défendre les intérêts de ses sujets; mais le roi de Danemark, ayant dessein d'entreprendre la guerre contre l'empereur, ne voulut point se faire de nouveaux ennemis, et consentit de vider ces différends à l'amiable. Ainsi les deux rois