‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 149 sur 269 · LIVRE II. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE II

rendrait au roi de Danemark toutes les places que ses troupes avaient prises dans le Jutland, la Scanie, la Halland, la Blekinge , l'île de Bornholm, le Holstein, la Slormarn et les Dithmarses; et au due de Holstein-Gottorp les places qu'on lui avait prises dans le Holstein. D'autre part, le roi de Danemark céda par ce traité h la reine de Suède :

Premièrement, la Jemptie et aussi l'Hérédalie, en cas qu'elle se trouvai située du coté de la Suède, en deçà des grandes montagnes nommées Dolîrafiel qui séparent la Suède et la Norvège;

Secondement, l'île de Gotland, avec la ville et citadelle de VVisby, et les lies et bras de mer qui en dépendent ;

Troisièmement, l'île d'OEsel avec Arnsbourg et les îles qui en dépendent ;

Quatrièmement, pour sûreté de l'exemption que le roi de Danemark avait accordée aux navires suédois en passant par les détroits du Sund et du Belt . il fut stipulé que la Suéde retiendrait, par engagement pendant trente années, la Halland avec ses trois forteresses, la Holm, Halmstadt et Warbourg et toutes les autres villes, pour en jouir par la reine de Suède et ses successeurs pendant ces trente années, après lesquelles les Danois engageraient encore la même province à la couronne de Suède, on lui donnerait une autre bonne assurance de laquelle les rois de Suède seraient contents. Enfin ils convinrent que le traité de Stettin de 1570, et celui de Siorôd de 1613, seraient exécutés dans les articles auxquels il n'était point dérogé par celui-ci , et que les villes de Poméranie et Visinar, dans le Mecklenbourg, jouiraient des privilèges qui leur avaient été accordés par le traité passé, le 23 juillet 1560, entre le roi de Danemark et les villes vandales.

Le roi de Danemark faisait encore de grandes instances pour qu'on rétablît Frédéric, son fils aîné, dans son archevêché de Brème et son évêché de Verde dont les Suédois l'avaient dépouillé pendant cette guerre; mais comme cette affaire méritait une plus grande discussion, et qu'on voulait conclure incessamment la paix, on remit cet archevêque à négocier cette restitution avec la reine de Suède même. Je traiterai dans le cinquième chapitre de ce livre de toute cette affaire . et

dirai comment elle fut terminée, en sorte que les Suédois sont demeurés, par le traité d'Osnabruck, possesseurs incommutables de cet archevêché et de cet évêché.

Trait* de HOie-TaMtrup entre Fredèric m rt Charles X-Gu»UTe ( 1«58 ).

Ce Frédéric, autrefois archevêque de Brème et évêque de Verde , étant parvenu à la couronne de Danemark après la mort de Chris- B IV son père, résolut de rompre avec les Suédois dont il croyait qu'il viendrait facilement à bout, parce qu'il s'était ligué contre eux avec les États généraux et le roi de Pologne , et que l'empereur et I V lecteur de Brandebourg s'étaient aussi déclarés leurs ennemis. Il fit donc publier, en 1657, un manifeste dans lequel il se plaignait de quatorze contraventions qu'il prétendait que le roi de Suède avait faites au traité de Bromsebro , dont les principales étaient que les Suédois, après l'avoir dépouillé contre toute justice de l'archevêché de Brème et de l'évêchéde Verde, se les étaient fait donner par le traité d'Osnabruck. encore que celui de Bromsebro portât qu'il traiterait de la restitution de cet archevêché et de cet évêché avec la reine même; qu'encore que par le traité de Bromsebro la reine de Suède dût rendre au roi de Danemark tout ce que ses armes avaient occupé dans la Norvège, le roi de Suède retenait encore les paroisses d'Irne et de Zcrne qui ne dépendaient point de la Jemptie ni de la Hérédalie ,mais de la province d'Aggerrhus; que les Suédois fraudaient les péages du Sund et du Belt, faisant passer sous leur nom des marchandises des étrangers ; que le roi de Suède avait reçu Corfits Vlefeld que le roi de Danemark avait condamné comme criminel de lèse-majesté ; que les Suédois lui disputaient la qualité de comte de Delmcnhorst et des Dithmarses, et que le comte d'Oldenbourg et de Delmenhorst étant malade, ils s'étaient informés avec soin de sa santé pour se jeter dans le château Delmenhorst en cas qu'il fut mort; et enfin qu'ils chargeaient d'impôts les terres situées dans l'île de Bugen, qui relevaient en fief du roi de Danemark. Le roi de Suède répondit à cela, par un autre manifeste, que l'archevêché de Brème et l'évêché de Verde avaient été remis par

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