‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 150 sur 269 · LIVRE II. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE II

les Suédois au roi de Danemark avant qu'il fût parvenu à la royauté , à condition qu'il ne favoriserait jamais les ennemis de la couronne de Suède, de sorte qu'ayant pris le parti du roi de Danemark, son père, contre la Suède, les Suédois les lui avaient pu ôter; que le traité de Brômsebro ne portait point qu'on les lui rendrait, et que depuis ce temps les États de l'empire avaient pu les céder à la Suède en qualité de duché; que les deux paroisses d'Irne et de Zerne étaient situées en deçà des montagnes de Doffrafiel, et qu'ainsi elles appartenaient à la Suède suivant le traité de Brômsebro ; que les prétendues fraudes commises par les marchands suédois n'étaient point une cause légitime de guerre, [. et qu'il fallait seulement les prouver et punir ceux qui les avaient faites; que ce n'était point non plus un sujet de rupture d'avoir donné retraite à un homme de mérite , non condamné, et que cela était même permis par le traité de Stettin ; qu'étant dans les droits des archevêques de Brème, il avait droit sur le comté de Delmenhorst, qui est un fief de cet archevêché, et sur celui des Dilhmarses, qui en a été séparé il n'y a pas cent ans par les ducs de Holstein, nonobstant les oppositions et les plaintes de Brème ; et enfin , que les terres que le roi de Danemark possédait dans l'île de Rugen appartenaient originairement à l'évêque de Rotschild, et que le roi de Danemark, depuis la réformation luthérienne, étant entré dans ses droits, on était convenu, en 1570, que la propriété de ces terres appartiendrait au roi de Danemark et la souveraineté aux ducs de Poméranie, de sorte que les rois de Suède étant à présent ducs de Poméranie et princes de Rugie, il n'y avait point de raisons ni de privilèges qui empêchassent que ces héritages ne payassent les mêmes impôts que les autres.

Après que ces rois eurent combattu par ces manifestes qui expliquaient leurs raisons, ils employèrent leurs armes pour se faire rendre justice, et les Danois, étant entrés les premiers dans le duché de Brème, se saisirent de Bremerfurde qui était autrefois la résidence des archevêques. Aussitôt que le roi de Suède en eut la nouvelle, il partit de Pologne , et marcha à grandes journées pour s'opposer en personne au roi de Danemark ; après avoir traversé la Poméranie et le duché de Mecklenbourg , il entra dans le Holstein et dans le Julland, où il se rendit maître de plusieurs places, et l'année suivante de l'iled'Alfen :

après quoi ce roi passa sur la glace, au mois de février 1658, le détroit nommé Mittelfart, et étant entré dans l'Ile de Funen, il s'en rendit maître ; ensuite successivement des îles de Langelande , Lalande et Falster , en menant son armée toujours sur la glace, étant encore passé de même de cette île dans celle de Zélande vis-à-vis de Wardinborg , il s'empara de cette ville. Le roi de Danemark, effrayé par tous ces progrès, envoya, pour traiter do la paix, des ambassadeurs vers le roi de Suède, qui leur donna pour commissaires C. d'LIfeld et Slenon de Brahe, avec lesquels ils firent, le 18 février, par l'entremise de l'ambassadeur d'Angleterre, un traité à Taaslrup, qui est un lieu situé entre Wardinborg et Rotschild; mais le roi de Danemark, l'ayant trouvé trop désavantageux pour lui, ne le ratifia point; cependant il est cité dans l'article 11 du traité de Rotschild.

Traité du paix du Kostchild uniru If» tnOmea ( 1668 ).

Ce refus du roi de Danemark de ratifier le traité de Taastrup fut cause que le roi de Suède continua sa marche, et après avoir pris la ville de Rotschild, il mit le siège devant Copenhague le 21 février suivant. Cela obligea les ministres de France et d'Angleterre de redoubler leurs instances pour la paix, et ils y agirent si efficacement qu'elle fut conclue à Rotschild le 26 février suivant, vieux style, et le 8 mars selon le nouveau.

Par l'article 3 de ce traité on convint que les deux rois ne laisseraient point passer par le Sund ni par le Belt aucuns vaisseaux étrangers de leurs ennemis, ni aucunes galères quelles qu'elles fussent, et par l'article suivant, que les Suédois ne seraient plus tenus en passant le Sund ou le Belt de montrer aucuns certificats des marchandises qui seraient dans leurs vaisseaux, mais seulement de simples passeports, ces certificats n'étant nécessaires que lorsqu'il y aurait des marchandises des Suédois dans les navires étrangers.

Ces deux rois se firent encore par ce traité des cessions respectives. Le roi de Danemark céda à celui de Suède à perpétuité : premièrement, la Halland qui avait été engagée a la Suède pour trente

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