‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 151 sur 269 · LIVRE II. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE II

années par le traité de Bromsebro ; secondement, les provinces de Sconen ou Scanie et de Blekinge ; troisièmement , l'Ile de Bornholm qui est située dans la mer Baltique, au midi de la Blekinge; quatrièmement, dans la Norvège les villages et bailliages de Bahus et de Drontheim; cinquièmement, tous les droits tant ecclésiastiques que civils des rois de Danemark dans l'île de Rugen ; et enfin , il s'obligea de lui rendre la Jemplerland ou Jctnprie, Bremerfurde, et tout ce qu'il avait pris sur la Suède , et même deux vaisseaux suédois qu'il avait arrêtés au Sund avec leurs charges.

D'autre part, le roi de Suède promit de rendre à celui de Danemark toutes les places que ses armes avaient occupées pendant cette guerre dans la Zélande, Lalande, Falster, Langelande, Funen , Jutland, Slesvig, Holstein , Slormarn, Dithmarses, les îles d'Asen et de Moene, et généralement toutes les autres provinces et places qu'il ne se réservait point nommément par ce traité; secondement, il céda au roi de Danemark et à ses successeurs, et au duc de Holstein-Gottorp, tous les droits qu'il avait comme duc de Brème sur le comté de Delmenhorst et sur les Dithmarses; et enfin on confirma le traité deSiôrôd et de Bromsebro dans les articles auxquels ce traité n'était point contraire.

Le roi de Danemark s'obligea encore de satisfaire le duc de Holstein-Gottorp par un traité particulier qui serait passé avant le deuxième du mois prochain, et promit que Corfitz d'Ulfeld serait rétabli dans tous les biens qu'il avait en Danemark et en Norvège.

Outre ce traité public, il y eut encore deux articles secrets, par le premier desquels il était porté qu'Ehbe d'Ulfeld serait rétabli dans tous les biens qu'il avait en Danemark, et par le second qu'on enduirait de quelques couleurs les tapisseries qu'on gardait en Danemark , qui représentaient des choses injurieuses à la Suède.

Autre traité, entre le» mOme», pour 111e de Ween (d'Huéu).

Depuis ce traité il y eut quelque difficulté au sujet de l'Ile de Ween, située entre la Scanie et la Zélande, pour savoir à qui elle

appartiendrait : comme il fut prouvé qu'elle dépendait de la Scanie qui avait été cédée aux Suédois par le traité de Rotschild, on convint, par un autre traité qui fut passé en la même année, que la propriété de cette île appartiendrait à la Suède, mais que le roi Frédéric en jouirait sa vie durant.

Autre traité, entre les mêmes, pour des dommages soufferts en Guinée (1658).

Les Danois ayant causé du dommage aux Suédois en Guinée , le roi de Suède obligea encore celui de Danemark de faire un traité avec lui , par lequel il promit de lui payer quatre cent mille écus de dédommagement. Les commissaires d'Angleterre et des Provinces-Unies convinrent depuis, par le traité du 24 juillet 1659, qu'il tâcherait de faire en sorte que le roi de Suède remit cette dette au roi de Danemark; cependant il n'en fut point parlé dans le traité de Copenhague.

Traite de Copenhague entre Frédéric III et Charles XI | IttflO ).

Celte paix de Rotschild fut exécutée de la part du roi de Danemark, qui remit Bremerfurde et la Scanie au roi de Suède; mais ce dernier la rompit peu après dans l'espérance de détruire le royaume de Danemark. 11 prit pour prétexte que le roi de Hongrie, son ennemi, avait été élu empereur, que l'électeur de Brandebourg avait quitté son parti , et que ces deux princes et le roi de Pologne s'étaient unis contre lui. Ainsi il recommença la guerre contre le roi de Danemark, remit le siège devant la ville de Copenhague vers la lin du mois d'août 1658, et prit au milieu du mois de septembre suivant Cronenbourg, qui est une forte citadelle à la pointe de la Zélande, près le détroit du Sund, après quoi il pressa Copenhague plus fort qu'auparavant. Cependant l'empereur, le roi de Pologne, les fctats généraux et l'électeur de Brandebourg joignirent leurs forces pour sauver le royaume de Danemark. Les Hollandais envoyèrent une armée navale, qui, ayant apporté des vivres et du secours dans Copenhague, obligea les

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Suédois d'en lever le siège, et l'électeur de Brandebourg fut en personne avec son armée et quelques troupes de l'empereur et du roi de Pologne dans le Holstein , où il prit Gottorp , obligea le duc de Holstein de promettre d'être neutre, et prit l'Ile d'Àlsen. D'autre part, les Suédois s'emparèrent de nouveau des îles de Falster, Lalande, Moene et Langelande.

Les ambassadeurs de France et d'Angleterre à La Haye proposèrent, le 30 novembre 1658, de travailler conjointement à la paix du nord, et après plusieurs négociations, on y signa le 21 mai 1659, le projet d'un traité de paix presque entièrement conforme à celui de Rotschild. Le roi de Danemark refusa d'abord de faire la paix, à moins que ce ne fût conjointement avec ses alliés, et le roi de Suède, n'étant pas non plus content du projet de paix qu'on lui proposait, demandait encore Cronenbourg et d'autres avantages , savoir : une partie du royaume de Norvège , une partie des navires et des troupes du roi de Danemark, et la propriété des terres de Scanie appartenant aux Danois. Enfin les ambassadeurs de France, d'Angleterre et des États obligèrent le roi Frédéric de passer un acte par lequel il acceptait ce traité; mais Charles ayant refusé d'en faire autant, la guerre recommença plus que jamais, et les Hollandais, joints aux Danois et à leurs alliés, entrèrent au mois de novembre 1659 dans l'Ile de Funen, de laquelle ils chassèrent les Suédois avec grande perle. Cette défaite fut suivie de la mort du roi de Suède, arrivée en février 1660, à Gothenbourg, où il avait convoqué les Etats de son royaume, afin de poursuivre la guerre avec plus de force.

La reine, sa veuve, tutrice de son fils Charles XI, souhaitant la paix , fit déclarer au mois de mars aux médiateurs que le roi son fils était prêt à traiter aux conditions du traité de Rotschild, et même qu'il remettrait Drontheim au roi de Danemark, et consentirait qu'on fit encore à ce traité les changements que les ambassadeurs de France, d'Angleterre et des États généraux trouveraient raisonnables, à quoi le roi de Danemark ayant aussi donné les mains, la paix fut conclue à Copenhague le 27 mai 1660.

Par ce traité, on confirma tous les articles du traité de Rotschild qui concernent le passage des vaisseaux suédois par le Sund , et la

cession faite à la Suède par le roi de Danemark des provinces de Bahus, Halland, Scanie el de Blekinge, avec leurs villes, leurs châteaux et leurs îles, de l'Ile de Ween. qui avait été cédée depuis, et des droits que ce roi avait dans l'île de Rugen. On convint aussi qu'on ferait un traité touchant Plie de Bi>rnholm.

Le roi de .Suède remit au roi de Danemark la ville et la province de Drontheim qui lui avait été cédée par le traité de Rotschild, outre les droits sur le comté de Delmenhorst. sur les Dilhmarses, et sur les places que ses armes avaient occupées pendant cette guerre; et comme il y avait des fanaux que le roi de Suède élait désormais obligé d'entretenir pendant la nuit sur les côtes des provinces que le Danemark lui cédait, et pour lesquels le roi de Danemark levait un droit au passage du Sund, on convint qu'il payerait tous les ans 3,500 écus pour ce sujet au roi de Suède. On confirma les traités du vieux Stcttin. de Sibrod, de Bromsebro et de Rotschild, hormis pour ce qui regarde Drontheim, et le troisième article qui portait que les deux rois ne laisseraient point passer par le Sund et par le Belt aucuns vaisseaux ennemis ni quelques galères que ce fût; car à la sollicitation des ambassadeurs de France, d'Angleterre et des Provinces-Unies, qui jugeaient que cet article pourrait servir de prétexte pour fermer a leurs vaisseaux l'entrée de la mer Baltique, les deux rois convinrent qu'il serait absolument retranché.

Enfin on confirma aussi les articles séparés du traité de Rotschild, et le traité fait le 12 mai 1658 entre le roi de Danemark et le duc de Holstein-Gottorp.

Traité il»; Stockholm entre les iikiik s juillet 1060;.

lin conséquence de ce traité, il y en eut encore un autre passé près de Stockholm le 3 juillet 1660. Le roi de Suède fit garantir particulièrement ce traité, ainsi que ceux de Rotschild et de Copenhague, par le roi d'Angleterre dans le traité de Stockholm de l'année 1665.

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