LIVRE II. — CHAPITRE II
Traité de Blalmoe, entre les mêmes, pour l'échange de 111e de Bornnolm (1661).
L'île de Bornholm est située dans la mer Baltique, vis-à-vis de la côte de la province de Rlckingc ; le roi de Danemark l'avait cédée aux Suédois par le traité de Rotsclrild ; mais comme il avait bien de la peine à se résoudre de s'en dessaisir, et qu'il offrait de donner un équivalent au roi de Suède, nous venons de voir que, par le traité de Copenhague, on était convenu qu'il en serait fait un traité particulier. Ainsi les commissaires de Suède et de Danemark s'étant assemblés à Malinoe, en Scanie, au commencement de 1661, pour décider cptte affaire, convinrent que celle île demeurerait au roi de Danemark, en donnant en échange au roi de Suède des biens situés en Scanie appartenant à la noblesse de Danemark , laquelle le roi de Danemark serait tenu d'indemniser en lui donnant d'autres fonds dans le Danemark ou dans le Jutland, ou de l'argent comptant. On y convint aussi que les États de Scanie, de Halland et de Rlekinge assisteraient aux diètes de Suède, et que les habitants de ces provinces y seraient capables de posséder les charges de même que les naturels suédois.
Traité du paix de Fontainebleau, entre Louis XIV, roi de France, tant en son nom que pour Charles XI, d'une part, et Christian V, d'autre part.
lincorc que le roi de France soit la partie contractante dans ce traité, et que je réserve pour le livre IV tous les traités passés par les rois de France, néanmoins comme celui-ci regarde uniquement les intérêts du roi de Danemark et du roi de Suède, et qu'il peut servir pour marquer la suite de ce qui s'est passé entre ces deux royaumes, je le mettrai en ce chapitre avec les autres traités entre le Danemark et la Suède.
Christian V voyant que l'empereur, l'électeur de Rrandebourg, les États généraux, les ducs de Brunswick et de Lunebourg, et l'évÔque de Munster, se disposaient a faire la guerre a la Suède, et à la dépouiller des États qu'elle possédait en Allemagne, voulut tâcher
d'en avoir aussi sa part, et reconquérir, s'il y avait moyen , les provinces que la reine Christine et le roi Charles-Gustave avaient ôïées à son aïeul et à son père. Ainsi il déclara la guerre à Charles XI au mois de septembre 1675, et se saisit de plusieurs places appartenant à la Suède, comme de Landscroon, et de Helsingbourg , en Scanie, de Marstrand, dans la province de Bahus, destles de Rugen et de Gothland, dans la mer Baltique, de Vismar, dans le duché de Meklenbourg, et de Carlsbourg et du fort situé sur la rivière de Swinger, dans le duché de Brème.
La ville de Nimèguc ayant été choisie pour le lieu d'assemblée de tous les ambassadeurs des puissances qui étaient en guerre, le roi de Danemark y envoya le sieur de Hoeg, et le roi de Suède les sieurs Oxenslern et Olivenskrans. Lorsque ces ministres se donnèrent les uns aux autres leurs propositions, celui de Danemark demanda que les ( luises fussent remises en l'état qu'elles étaient avant la guerre qui avait été terminée par le traité de Bromsebro, en sorte que le Danemark rentrât dans les provinces et dans les exemptions de péages qu'il ;i\;iit ivtlrcs ;i la Suède par les traités de Bromsebro, de Rotschild et de Copenhague. 11 demanda encore que puisque le roi de Suède avait été déclaré déchu de ce qui lui avait été cédé par les traités de Westphalie, on cédât au roi son maître Vismar et ses dépendances, l'île de Kugeu, qui dépendait autrefois du Danemark, et une partie des duchés de Brème et de Verde, suivant ce qui serait convenu entre lui et ses alliés; que les tributs que le roi de Suède avait établis sur la mer Baltique fussent abolis, et enfin que le roi de Suède lui remit les forteresses qui sont sur les frontières des deux Klats.
Les ambassadeurs de Suède demandèrent au contraire dans leurs propositions que les places occupées sur la Suède par le roi de Danemark, au préjudice des traités de Copenhague et de Westphalie, fussent rendues à leur roi et tous les dommages réparés.
Quoique ces propositions eussent été mises entre les mains des médiateurs dès le mois de mars de l'année 1677, cette négociation fut longtemps sans effet, parce que le roi de Danemark ne voulait pas permettre aux plénipotentiaires de Suède d'envoyer des courriers vers leur roi par ses États pour avoir des instructions nécessaires.