‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 170 sur 269 · LIVRE II. — CHANTRK V · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHANTRK V

la mer Baltique pour faire une descente en Suède et se joindre à une armée de terre du roi de Danemark; que si on pouvait conquérir la Suède, elle demeurerait au roi de Danemark, qui serait tenu de fermer aux Hollandais rentrée de la mer Baltique; et enfin que le duc de Holstein ferait en sorte d'attirer le commerce des soies de Perse en son pays, où il les ferait venir par la Moscovie et la Livonie.

Chacun travailla pour l'exécution de ce dessein : le roi de Danemark assembla une armée de vingt mille hommes qu'il dispersa en plusieurs endroits de son royaume, le roi d'Espagne équipa une puissante flotte de soixante-dix navires, et le duc de Holstein envoya une ambassade vers le roi de Perse, qui accorda ce commerce. Mais tout ce dessein fut rompu, parce que la flotte d'Espagne étant venue sur les côtes de Flandre pour y laisser les nouvelles troupes et aller avec les vieilles dans la mer Baltique, elle Tut attaquée et défaite en 1639 par l'amiral Tromp, de sorte que le roi de Danemark et le duc de Holstein, n'étant point appuyés, n'avancèrent pas davantage dans leur dessein, qui demeura longtemps secret.

Traita entre Frédéric, roi de Danemark, et Frédéric, duc de Holstein, pour la succession d'Oldenbourg.

Ces deux princes prétendaient également à la succession d'Antoine Gonthier, comte d'Oldenbourg et de Delmenhorst, chef de leur maison ; elle leur était contestée par le duc de Holstein-Ploen, qui est un cadet de la branche des rois de Danemark. Ils firent un traité par lequel ils se joignirent pour la poursuite de cette affaire et se promirent l'un à l'autre d'agir conjointement contre ce duc, sans se diviser ni s'accommoder avec lui que conjointement. Cependant le duc de Gottorp a prétendu que le roi de Danemark avait pris les droits du duc de Holslein-Ploen, moyennant lesquels il s'est mis en possession de ces comtés, et les a retenus sans lui en vouloir faire part.

Trait»!' de Copenhague, entre le* même», pour terminer leurs différend»

(mai 1658).

Frédéric, duc de Ilolstcin, avait donné une de ses filles en mariage à Charles-Custavc, roi de Suède, et cette alliance eut tant de force sur son esprit , qu'encore qu'il fût proche parent du roi de Danemark et qu'il relevât de lui pour son duché de Slesvig, il ne laissa pas de prendre en 1657 le parti de son gendre contre le roi de Danemark. Cela fut cause que lorsque le roi de Suède obligea le roi de Danemark, vers la fin de février 1G58, à passer le traité de Rotschild, il stipula entre autres choses que ce roi satisferait le duc de Ilolstcin par un traité particulier qui serait passé avant le 2 mai suivant.

Lorsqu'il fut question de conclure ce traité, le duc de Gotlorp fit un grand nombre de demandes au roi de Danemark ; mais enfin , après plusieurs contestations, le chevalier de Terlon, ambassadeur de France, les fit convenir à Copenhague, le 2 mai 1658, suivant le vieux style, qui était le 12 suivant le nouveau, d'un traité par lequel le roi de Danemark, par l'avis du sénat de Danemark , remit à ce duc et à ses descendants mâles, nés en légitime mariage, premièrement le droit de vasselage et de souveraineté qu'il avait sur le duché de Slesvig, autrement nommé Suderjutland ou Julland méridional , sur l'île de Femern et sur toutes leurs dépendances , dont il promit de lui donner des lettres patentes; en second lieu, la moitié du chapitre de Slesvig et de Lefuis, qui dépend du chapitre ; troisièmement , la propriété de Schwabslett avec ses dépendances, hormis les dix-huit arpents de terre que ce roi avait rendus à Confluer, duc de Holstein. Du reste, ils se remirent à des arbitres pour terminer dans six mois leurs différends, qui consistaient entre autres choses : 1* en ce que le duc de Holstein souhaitait d'ôter la manière de gouverner le duché, conjointement avec le roi de Danemark; 2* qu'il prétendait qu'il lui était dù par le roi de Danemark 5,000 écus par an depuis l'année 1655; 3° qu'il contestait au roi de Danemark la supériorité sur l'abbaye d'Uterson; k* qu'il demandait la cassation du nouveau péage

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