LIVRE II. — CHAPITRE V
établi par le roi de Danemark à Algebourg, cl qui faisait préjudice à celui de Kiel, qui lui appartenait; 5° qu'il se plaignait qu'on lui contestait la pèche des li ni très près des lies de Sild et de Forth , situées près de la cote orientale du duché de Slesvig; et enfin que le roi de Danemark voulait s'approprier à lui , à son préjudice , le monastère d'Ichoa, situé dans la Slormarn.
Ml.
Traité provisionnel entre Fr.Wric III et Christian-Alln-rt, duc île Holstein
( lf.03 i.
Comme nous venons de voir que tous les chefs des différends n'avaient point été terminés par le traité de Copenhague, le même roi de Danemark et Christian-Albert, lils de Frédéric, duc de Holslein , nommèrent des commissaires pour les régler à l'amiable, et particulièrement celui qui regardait les contributions de Slesvig et de Holstein, que ces princes ne peuvent lever sur leurs sujets que pour la défense du pays.
Nous avons vu (pie par un ancien traité elles doivent être portées dans la caisse commune et employées à cette défense du pays et aux fortifications des places : le roi de Danemark souhaitait d'en user ainsi parce qu'ayant presque toutes les places fortes de ces duchés, il tirait bien plus (pie la moitié des deniers de cette caisse, et trouvait ainsi moyen d'entretenir les fortifications de ces places et d'en payer les garnisons. Le duc soutenait, au contraire, que cette caisse commune pouvait avoir eu lieu pendant que le roi de Danemark était souverain de tout le duché de Slesvig, mais que cela n'étant plus, il n'était pas juste que possédant la moitié des revenus de ce duché, et n'y ayant que la seule forteresse de Tonninge, il fût ainsi obligé de contribuer pour entretenir les places et payer les troupes du roi de Danemark; de sorte qu'il prétendait toucher la moitié de ces contributions, et que chacun entretiendrait ses places et payerait ses troupes comme bon lui semblerait.
Le roi de Danemark et ce duc, n'ayant pu s'accorder et faire entre eux un traité définitif sur ce différend et quelques autres qu'ils
avaient encore ensemble, firent en 1663 un iraité par lequel ils réglèrent provisionnellement plusieurs de ces différends, et convinrent ensemble qu'en attendant un traité définitif chacun des deux princes recevrait la moitié de ces contributions et les emploierait aux fortifications et à la défense de ses places, ainsi qu'il aviserait bon être.
Traité de Rendsbourg cotre le roi Christian V et Christian-Albert , duc de UoUtuin-Gottorp (1075).
Le roi de Danemark Christian V supportait impatiemment ce démembrement de sa souveraineté. Ainsi croyant avoir trouvé en 1675 une occasion favorable pour rentrer dans ses droits, il ne la voulut pas laisser échapper ; il assembla une puissante armée , sans déclarer contre qui il avait dessein de la faire agir, et s'étant rendu vers la fin du mois de juin à Rendsbourg, sur les limites des duchés de Slesvig et de Holstein, le duc de Holstein l'y étant venu trouver, il le fit arrêter et L*intimida si bien, qu'il l'obligea de faire avec lui en ce même lieu un traité par lequel il renonça à la souveraineté sur son duché, à la prévoté de Schwabstett et aux autres avantages qui lui avaient été accordés par le traité de Copenhague de 1658, ou qui lui appartenaient dans le Holstein comme prince de l'empire, et consentit de recevoir garnison danoise dans toutes les places fortes qui lui appartenaient, particulièrement dansTonninge, et de remettre ses troupes au roi de Danemark pour être jointes à son armée. Le roi de Danemark lui promit de s;t part de lui rendre après la paix ses forteresses avec toute l'artillerie qui y était , et pareille quantité de provisions et de munitions de guerre que celles qu'il aurait trouvées. Ainsi le duc de Holstein perdit par ce traité tous les avantages qui lui étaient acquis par les traités de Rotschild et de Copenhague. En conséquence de ce traité les Danois entrèrent dans les places de Tonninge et de Slesvig , et peu après le roi de Danemark rasa les forteresses du duc et enleva l'artillerie et tout ce qui y était.