LIVRE II. — CHAPITRE V
Articles particuliers du traité de Fontainebleau, entre Louis XIV et Christian- V, pour les intérêts du duc de Holstein-Gottorp (1679).
Le duc de Holstcin, voyant qu'on traitait à Nimègue une paix générale entre tous les princes de l'Europe, y envoya aussi des députés de sa part pour tâcher d'être remis dans les États et dans les droits qu'il avait été obligé d'abandonner par le traité de Rendsbourg; ainsi ils y mirent entre les mains des médiateurs, au mois de décembre 1C77, leurs propositions qui tendaient à ce que, sans avoir égard au traité de Rendsbourg, il fût remis en l'état auquel il devait être, suivant les traités de Rotschild et de Copenhague, et que le roi de Danemark le dédommageât de toutes les pertes qu'il lui avait fait souffrir, et outre cela, comme il se plaignait que le roi de Danemark, contre le traité fait entre leurs pères, eut acquis les droits du duc de Ploen dans les comtés d'Oldenbourg et de Delmenhorst, il demandait qu'on trouvât quelque moyen de faire terminer au plus tôt le procès pour la succession de ces comtés et qu'on lui en fît raison.
Le roi de Danemark s'opposa autant qu'il put à ce que les députés de ce duc fussent admis dans cette conférence, prétendant que les différends entre lui et le duc étaient une affaire domestique et particulière, et que ce duc n'étant point partie dans cette guerre, son affaire ne devait point être traitée en cette assemblée, mais jugée par seize sénateurs de Danemark, suivant le traité de 1533. Les ministres du duc répondaient que leur maître était allié de la Suède, que «'agissant dans cette assemblée de réparer les contraventions faites aux derniers traités, et particulièrement à ceux de Rotschild et de Copenhague dont la France et l'Angleterre avaient promis la garantie, la cause de leur maître y devait aussi bien être traitée que celle du roi de Suède.
Toutes ces difficultés furent tranchées par Sa Majesté1, qui, dans le projet de paix qu'elle proposa, le 15 avril 1678, demanda la satisfaction du duc de Holstein-Gottorp pour une des premières