LIVRE 111. — CHAPITRE III
faire aucune paix ni trêve que de son consentement; et enfin que cette alliance serait de quinze années.
Le même jour ils convinrent aussi secrètement que le secours réciproque serait de quatre mille hommes de pied, en hommes, en argent, en navires, ou en munitions, au choix de celui qui le demanderait, et que l'autre ne serait pas tenu de le fournir s'il avait guerre en son propre pays, et enfin que, si l'un des alliés avait déjà envoyé du secours a quelque autre allié, il ne serait plus tenu de fournir que la moitié de ce qui est porté ci-dessus.
Traité de Sflderaker, entre les même*, pour alliance et garantie des traites de BrOmsebro et de ClirisUanople (1045).
La guerre s'étant déclarée quelque temps après entre la Suède et le Danemark, les États envoyèrent une flotte dans la mer Baltique au secours de la Suède; mais ensuite voyant le Danemark en trèsmauvais état, ils aimèrent mieux contribuer à la paix que d'abattre entièrement le Danemark , pour rendre la Suède entièrement maîtresse du détroit du Sund et de la mer Baltique. La paix fut conclue à Brômsebro entre le Danemark et la Suède, et à Christianople entre le Danemark et les ÉtaLs. Ces traités étant faits, la reine, pour en mieux assurer l'exécution, fit avec les États, à Sodcriikcr. le 15 ctoùt de la même année, un traité, par lequel ils renouvelèrent celui de 1640, et l'étendircnt à la garantie des traités de Brômsebro et de Christianople. dans les articles qui concernent la navigation et le commerce de leurs sujets. Enfin, ils convinrent que ce traité durerait trente années, outre les dix années qui restaient à expirer du traité de 1640. de sorte qu'il devait durer autant que le traité de Christianople, jusqu'en 1685.
En conséquence de ce traité, lorsqu'en l'année 1652 et les suivantes, les États se virent obligés d'entrer en guerre contre les Anglais, ils envoyèrent demander a la reine le secours qu'elle était tenue de leur fournir; elle le leur refusa sous divers prétextes, mais effectivement à cause des alliances que les États avaient contractées avec le
&12 HISTOIRE l>i:s ÏHAITÊS DE PAIX.
Danemark, et se porta seulement médiatrice pour tacher d'accommoder les deux républiques, ce qu'elle prétendait lui être permis par ces traités avant que de se déclarer. Les Étals se plaignirent de ce procédé, refusèrent sa médiation, et peu après elle fit un traité d'alliance avec Cromwell.
Traité d'Elbiiig, entre Cliwkt-GusUve et le» fcuu g.'n.-raul, pour allUnce et commerce ( 1050).
Celte mésintelligence continua du temps de Charles-Gustave, qui déclara ne vouloir point avoir égard aux anciennes alliances, et qu'il fallait faire un nouveau traité. En 1556, les Etats prirent intérêt à la guerre que ce roi faisait dans la Prusse, et, outre cela, voulurent tirer de péril Dantzig, que Charles tenait assiégé. Pour cet effet, ils lui envoyèrent des ambassadeurs, qui, après plusieurs difficultés, firent a Elbing, le il septembre 1 <>.'><>. un traité par la médiation des ambassadeurs de l'Yalta' et d'Angleterre. Par ce trait»'* ils confirmèrent celui de Stockholm de 1640. et la confirmation qui en avait été faite a Soderaker. Us convinrent qu'à l'occasion des guerres présentes ou à venir, l'un des alliés ne troublerait point le commerce de l'autre dans les mers Ualtique et Septentrionale, et dans les fleuves qui s'y rendent; qu'ils ne prendraient point, sur les sujets des uns et des autres, de plus grands impôts que ceux portes par les tarifs faits lors de ces traités ou dans les années suivantes, et qu'ils ne payeraient réciproquement pas plus que les étrangers les plus favorisés; que si l'un des deux Etats était obligé d'augmenter les péages, les sujets de l'autre ne seraient pas tenus d'en payer davantage que les naturels du pays, à l'exception des compagnies ou des personnes qui auraient des privilèges parliculiers; que les sujets des royaumes d'Angleterre, de France, de Danemark et de l'électeur de Brandebourg jouiront de tous les avantages portés par ce traité; que Danlzig y serait aussi compris, en sorte que les hostilités entre celte ville et le roi de Suède cesseraient, et qu'elle jouirait de tous ses droits sans préjudice de la fidélité qu'elle devait au roi de Pologne; et enfin que tous les sujets des États corn-