LIVRE III. — CHAPITRE IV
y seraient commissaires de la part des catholiques , et les ducs de Saxe-Altembourg, de Brunsuïck-Lunebourg, et de Vùrtemberg, et la ville de Nuremberg de la part de ceux de la confession d'Augsbourg; qu'aucuns juges dans l'Empire n'en connaîtraient d'autres qu'eux ; que si les Suédois n'étaient point entièrement payés, dans les termes convenus , des sommes qui leur avaient été promises , ils pourraient garder une place jusqu'à l'entier payement, el que cependant les sept cercles chargés du payement de ces cinq millions, payeraient sept mille écus par mois à la garnison suédoise qui serait dans celte place; que l'empereur qui avait déjà payé un tiers de son contingent lorsqu'on lui avait remis Égra , en payerait un autre tiers lorsque les Suédois sortiraient de Moravie, et le dernier tiers lorsqu'ils sortiraient de Silésie; que les places seraient évacuées de part et d'autre en trois termes de quatorze jours , et on marqua les villes qui devaient être évacuées à chaque terme ; qu'en attendant qu'on put remettre Frankenthal, occupé par les Espagnols, entre les mains du Palatin, on lui remettrait Heilbronn dans l'état où il était alors ; que les cercles de Souabe et de Franconic lui payeraient huit mille écus par mois pour l'entretien de la garnison d'Heilbronn. et l'empereur trois mille écus aussi par mois pour l'indemniser de la non-jouissance de Frankenthal, ce qui durerait tant que cette ville serait entre les mains des Espagnols; qu'après que les Espagnols en seraient sortis, l'électeur palatin retirerait ses troupes d'Heilbronn, qui jouirait de tous les droits qui lui appartenaient en qualité de ville impériale; que l'empereur ferait ses efforts pour obliger les Espagnols de sortir de Frankenthal, et garantirait l'électeur palatin de toutes les contributions que la garnison de cette ville pourrait exiger de lui; que les places de la Poméranie seraient évacuées par les Suédois, lorsque la reine de Suède et l'électeur de Brandebourg auraient transigé sur leurs limites et sur d'autres petits différends qu'ils avaient encore; que les garnisons qui étaient dans l'évéché d'Osnabruck, demeureraient jusqu'à eeque ceux qui y auraient intérêt fussent d'accord sur leurs différends; que celte évacuation ne serait point faite, si les États de l'Empire n'avaient pajé à chaque lennc la somme qu'ils devaient donner à la Suède, ou s'ils n'en avaient donné au moins une bonne assurance; que l'amnistie
s'étendrait pour les gens de guerre jusqu'à l'entière évacuation, et jusqu'au licenciement, c'est-à-dire jusqu'au terme de huit semaines après ce traité ; et enfin, que la garantie générale portée par les traités de paix, s'étendrait aussi aux traités préliminaire et principal faits pour l'exécution de la paix.
Les mômes plénipotentiaires firent au même lieu un troisième traité pour le licenciement des troupes qu'ils convinrent de faire en trois termes , et ils spécifièrent le nombre de celles qui devaient être conservées. Tous ces traités furent exécutés, et même peu après les Espagnols sortirent de Frankenthal. ayant obtenu pour leur dédommagement la ville de Besançon.
Léopold, fils de l'empereur Ferdinand III, après la mort de son père, et n'étant encore que roi de Hongrie, se ligua avec le roi de Pologne contre les Suédois, détacha l'électeur de Brandebourg des intérêts du roi de Suède, et envoya en Pologne une puissante armée qui contribua beaucoup à en chasser les Suédois.
Charles-Gustave ayant ensuite porté ses armes et fait de grands progrès dans le Danemark, I/opold, qui avait été élu empereur, se ligua avec l'électeur de Brandebourg , secourut puissamment le roi de Danemark, et fit faire de grandes diversions des troupes suédoises par celles qu'il envoya dans le Mecklenbourg , dans la Poméranie, et dans les États du duc de llolstein-Gotlorp dont il se rendit maître.
Après la mort de Charles-Gustave, les Suédois s'étant montrés plus disposés à la paix , elle fut conclue au monastère d'Oliva, le 3 mai IfitîO, par l'entremise du roi très-chrétien. Cette paix se fit entre le roi de Suède, d'une part, et le roi de Pologne, l'empereur et l'électeur de Brandebourg, de l'autre, et on comprit les trois traités en un seul.
Traité de Nuremberg entre le» niëmea, pour lo même »uj« (octobre MM),
Traite de paix d'Oliv» entre léopold et Charles XJ (16fi0).