‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 23 sur 269 · Don Lorenzo Suarez de Fijrueron · texte numérisé non relu

Don Lorenzo Suarez de Fijrueron

4. Suivant Nardi, cette conféderatii.ii fut appelée la Sainte Li^ue, parce qu'elle était faile, à ce qu'on disait, pour la défense du saint-siege et de la librrté de l'Italie; ue les Florentins n'y voulurent point entrer, quoique l'ambassadeur de l'Empereur

fut conclue, ils lui firent ouvertement la guerre. Que disait Ferdinand pour colorer son ingratitude et son parjure? Il disait que véritablement il s'était ligué et confédéré avec le roi Charles pour s'entr'aider et se défendre l'un l'autre ; mais non point pour usurper le bien d'autrui (admirez ce langage en la bouche du plus grand usurpateur qui fut jamais dans la chrétienté); que la restitution du Roussillon ne pouvait pas l'obliger en bonne justice a favoriser ni à secourir ce roi dans une entreprise aussi déraisonnable qu'était celle de vouloir conquérir le royaume de Naples; que le passage des Français en Italie étajt un brigandage qui avait également dépouillé les amis et les ennemis, jomada depredatoria ; et que Charles n'avait pas même épargné le patrimoine de saint Pierre ni son successeur, lequel était excepté de la clause générale, contra quoscunque, par une particulière, insérée en sa faveur dans les articles 3 et 7. Vicario Christi c.rcepto. Exception que don Juan Antonio de Vera 1 avoue que Ferdinand avait mise con mafia , c'est-à-dire avec finesse , pour avoir un prétexte de rompre avec Charles quand il y trouverait son intérêt. Disons en passant qu'Alexandre VI, qui remplissait, ou. pour mieux parler, qui déshonorait et souillait alors le saint-siége, était le plus impie, le plus voluptueux, le plus cruel et le plus perfide de tous les hommes de son temps, et que si le roi Charles l'eut fait déposer comme il y était obligé, lui qui, selon le Savonarole, était élu de Dieu pour réformer l'Église par l'épée, et pour punir et détrôner les tyrans d'Italie2, c'aurait été la plus sainte et la plus glorieuse action de son régne : d'autant plus que ce pape avait acheté le pontificat, et par conséquent n'était pas légi-

eût employé toutes sortes de menaces pour les intimider, et toutes sortes de promesses pour les détacher de l'alliance et de l'amitié du roi de France, lequel il accusait de vouloir asservir toute l'Italie, tandis qu'il faisait semblant de se préparera une expédition contre les infidèles. Et que Ferdinand II, roi de Naples. étant venu à mourir au mois d'octobre 1496. la discorde se mit entre les confédérés, et particulièrement entre le pape, qui prétendait donner l'investiture de ce royaume ou d'une partie à son fds César, et les Vénitiens, qui avaient d'autant plus envie de s'en emparer qu'ils tenaient déjà presque toute la Pouille, et qu'ils y avaient une grosse armée toute prôte ; cequ' leur eût réussi, sans doule, si les Napolitains n'eussent pris subitement la résolution de couronner Frédéric, oncle de Ferdinand II. ( Histoire fie Florence, liv. II.)

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