Chapitre vu du livre XXVI de son Histoire
leur ministère que les générosités imprudentes. Telle était celle de Pietro Capponi, qui prenant feu sur une menace que lui fit le même roi, disant : « je ferai sonner les trompettes; » répondit avec une liberté lacédémonienne : « et nous le tocsin, » et se retira incontinent avec ses trois compagnons. Ce qui épouvanta si fort le roi et ses ministres, qui crurent qu'un simple député n'aurait pas osé parler si fièrement sans être sûr de son fait , que le roi le fit rappeler aussitôt, et lui dit en souriant : « Ah ! Capponi , vou9 êtes un méchant chapon. » Après quoi il accorda la paix aux Florentins à des conditions plus raisonnables que celles que son secrétaire d'État leur avait proposées K Voilà ce que Tacite appelle une témérité heureuse ; mais ces sortes d'actions ne peuvent jamais servir d'exemple à des ambassadeurs prudents, à moins que leur maître ne soit le plus fort ou ne leur ordonne d'en user ainsi. Encore fauUil que l'ambassadeur chargé de pareille commission se munisse de toutes pièces contre le désaveu , qui est la monnaie dont les princes paient d'ordinaire les entreprises qui n'ont pas réussi entre les mains de leurs ministres.
L'an 1497, Charles VIII termina tous les différends qui étaient entre la France et l'Angleterre, par un traité qu'il fit avec Henri Vil pour le rétablissement du commerce entre les deux nations , en vertu duquel elles se devaient restituer dans le terme de six mois, ou tout au plus tard dans un an, tout ce qu'elles s'étaient pris l'une à l'autre ,.
Charles VIII étant mort en 1498. Louis XII acheva de conclure le traité d'alliance et de commerce que son prédécesseur avait commencé avec Jean II, roi de Danemark et de Suède, et confirma en la même année le traité de Senlis de 1493, par celui qu'il conclut à Paris avec Philippe, archiduc d'Autriche; Philippe promettant de lui rendre hommage en personne pour les comtés de Flandre, d'Artois et de Charolais, et Louis de ne point poursuivre par voie de fait ni de justice, durant son règne, les droits qu'il avait au duché de Bourgogne et aux comtés d'Auxonne, Auxerrois, Maçonnais et Bar-sur-