I. Guichardin. Histoire de Florence, liv. I
*. Trait* de paix et de commerce, signé à Boulogne, le 21 mai.
Seine, ni sur les villes de Lille, Douai et Orchies l. L'année suivante * l'archiduc rendit cet hommage au roi, dans le palais épiscopal de la ville d'Arras, entre les mains de Gui de Rochefort, chancelier de France. Le chancelier, dans cette cérémonie, était assis et couvert, et l'archiduc debout, tête nue et sans ceinture; mais après que ce prince eut prêté le serment de fidélité, le chancelier se leva, se découvrit, et lui fit la révérence en disant : « Monsieur, je viens de faire l'office du roi, « comme représentant la personne du roi, mon souverain seigneur et « maître; maintenant je fais celui de Gui dç Rochefort, votre très- « humble serviteur, et suis prêt de vous obéir en tout ce qu'il vous « plaira de me commander 3. » Par où il fit bien connaître, dit Wicquefort, qu'il savait distinguer entre Philippe, comte de Flandre, et l'archiduc, prince souverain de plusieurs provinces libres et indépendantes4. Au reste, Louis XII sut bien mieux user de ses droits eu cette occasion que n'avait fait Charles, son prédécesseur, qui avait permis que Jean Galéas, duc de Milan, lui rendît par procureur l'hommage qu'il lui devait pour le duché de Gênes, au lieu qu'il fallait que cet hommage fût personnel, comme celui que Comines avait reçu, au nom de Louis XI, de la duchesse Bonne de Savoie, mère et tutrice de ce duc \ Quand les feudataires sont reçus à rendre hommage par procureur, on les accoutume à ne vouloir plus le rendre en personne, ce qui iôt ou tard affaiblit ou ruine entièrement l'autorité du seigneur direct. C'est pour cela que Charles-Emmanuel I", duc de Savoie, qui savait parfaitement faire le prince, dépouilla comme rebelle le vieux marquis de Saluées Jean-Louis, qui refusait de lui faire hommage en personne de ce marquisat, lequel il prétendait être le fief de la Savoie, quoique de notoriété publique ce soit un fief mouvant du Dauphiné 6.
4. Villes que les comtes de Flandre avaient données aux rois de France pour gage de leur fidélité, et que Charles V rendit à Philippe le Hardi, son frère, en faveur do son mariage avec l'héritière de Flandre.