Guichardin. livre XVI do son Histoire
t. Charles-Ouint, qui aimait tant à être comparé avec Alexandre, ne se piqua point d'imiter la générosité duce prince, qui répondit un jour à Pannénion : « Le conseil que tu me donnes est bon pour un marchand et non pas pour un roi. » [Quinte-Curce, liv. IV.)
François deTournon, archevêque d'Embrum, do Jean de Selve, premier président de Paris, et de Philippe Chabol, baron de Brion, plénipotentiaires de France, et du maréchal Anne de Montmorency qui se trouvait alors dans sa chambre, que les conditions que l'empereur exigeait de lui étaient exorbitantes et trop préjudiciables au bien de son royaume; et que, par conséquent, ne les pouvant tenir sans blesser son honneur, ni refuser aussi de les signer sans s'exposer au danger d'une prison perpétuelle et sans attirer une infinité de maux à son État, qui ne pouvait être secouru et défendu, ni par la régente, sa mère, que les maladies fréquentes avaient fort affaiblie, ni par ses enfants, qui étaient en bas âge, il entendait garder et poursuivre les droits de sa couronne. Don Antonio de Vera rapporte que Charles- Quint disant le dernier adieu à François I" le pria de lui vouloir avouer ingénument s'il partait avec intention d'exécuter le traité de Madrid, jurant plusieurs fois en foi de cavalier que. pour rien au monde, il ne différerait de le mettre en liberté; et que François répondit qu'il s'en allait avec une résolution ferme et constante d'accomplir tout ce qu'il avait promis1. Mais, dès qu'il fut en France, il changea de langage, soutenant que les promesses faites en prison sont nulles selon cet axiome de droit : Yelte non credilur, (pii rctinctur; à quoi Charles- Quint et son conseil répliquaient que s'il était vrai que les prisonniers ne pussent pas engager leur parole pour obtenir leur liberté, il serait inutile de traiter avec eux ; et qu'ainsi la prison serait perpétuelle, ou la guerre sans miséricorde pour les vaincus2. Chose contraire au droit des gens. Mais, à mon avis, rien ne rendit le procédé de l'empereur plus odieux que le traitement qu'il fit a François, après la signature du traité; l'ayant fait garder depuis ce jour-la. jusqu'à celui de son arrivée à Fontarabie, aussi étroitement qu'auparavant, quoiqu'il eût fiancé la reine Éléonore ; en sorte que ce prince avait raison de se plaindre qu'il « n'avait jamais eu une heure ni un monvMit de liberté5. » Dans un même temps, dit Guichardin 4, il était care»é comme beau-