‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 33 sur 269 · Dan? la Vie de Charles-Quint · texte numérisé non relu

Dan? la Vie de Charles-Quint

2. Tacite dit que l'usa pe de Taire de? prisonnier? est le commerce de la guerre. {Annal., 14.)

3. A la fin de la protestation. 4. Livre XVI de son Histoire ^ Italie.

frère et gardé comme prisonnier : d'où l'on pouvait facilement juger que leur concorde était pleine de discorde et leur nouvelle parenté sans amour, et qu'à la première occasion leurs anciennes animosités recommenceraient avec plus de violence que jamais.

Le traité de Madrid n'ayant point été accompli delà part de François l"1. pour les raisons déduites dans la protestation dont je viens de parler, Charles-Quint qui reconnut, mais trop tard, que plus un traité est onéreux à l'une des parties, plus l'inobservation en est excusable ou nécessaire, fut contraint d'en conclure un autre à des conditions plus modérées. Ce fut celui de Cambrai de J529, en vertu duquel François retenait le duché de Bourgogne, qu'il avait cédé à Charles -Quint par le traité de Madrid, et obtenait la délivrance de ses enfants, moyennant l'accomplissement de son mariage avec fcléonore, sœur de l'empereur, qu'il avait fiancée en Espagne. Cette paix fut traitée par l'archiduchesse Marguerite2, tante paternelle de Charles- Quint, et duchesse douairière de Savoie; et par Louise de Savoie, mère de François : et ce qui est très-remarquable, dit le Nardi, c'est que leur négociation fut si secrète, que les ambassadeurs de Venise et de Florence, qui étaient présents, ne purent jamais rien savoir de ce qui était sur le tapis, quoiqu'ils en fissent de grandes instances, au nom de leurs républiques, qui y avaient un notable intérêt, à cause de la ligue sainte3 conclue contre l'empereur. Au reste, ajoute-t-il.

1. Comme l'avait bien prédit le chancelier Gattinara. qui ne voulait point que le roi François (ùt mis en liberté qu'après la restitution effective de la Bourgogne, disant hautement que l'empereur serait la dupe d'un Irailé dont l'exécution commençait par la délivrance du prisonnier.

2. Quelques historiens lui adjoignent Marie, reine de Hongrie, smur de Charles- Quint, et d'autres, comme le Nardi, la reine Kîéonore; mais il est constant que celle ci était alors en Espagne, d'où elle ne sortit que l'année suivante pour venir eu France n\ec hs enfants du r i son mari. Dans l'cpigramme que Marol a faite sur la paix de Cambrai, il f;iit n ei tion de lr< is princesses qui la conclurent, et par conséquent la reine de Hongrie était une des trois. Ajoutez h cela qu'à la fin de ce traité « l'archiduchesse se fait foi t de la reine rlouairi.'-re de Poi'iiL-al, Fléon te, en tant qu'il lui peut toucher. » Fléonore n'était donc pas une d< s procuralrin s de l'empereur en celte négociation, puisque sa tante y stipulait pour elle.

3. LL'iic faite entre le pape Clément VII. de qui elle fut surnommée Clémentine, les Vénitiens, les Florentins et le duc de Milan, pour procurer la délivrance des enfants du roi François et revendiquer le royaume dr Naples au saint-siége.

cette paix déshonora beaucoup les Français, qui ne pouvaient dire, pour quelle raison ils abandonnaient à la discrétion de l'empereur, leur ennemi commun, les Vénitiens, leurs alliés, qui, par cet accord, étaient obligés de rendre toutes les villes et places qu'ils possédaient dans la Pouille; et les Florentins, leurs anciens amis, qui n'avaient encouru l'indignation de ce prince que pour avoir aidé à la délivrance du pape qu'il tenait prisonnnier *. Guichardin 2 dit que François I*' était si uniquement occupé du soin de retirer ses enfants des mains de l'empereur, qu'il ne fit aucun scrupule de sacrifier le salut de ses alliés h son propre intérêt; et que les Florentins l'ayant prié trèsinstamment de leur permettre, comme avait fait Louis \II son prédécesseur, en 1512, de faire leur accord avec Maximilien 1", il le leur refusa, leur promettant de n'en concjure jamais aucun avec Charles, sans les y comprendre, eux, et tous ses autres confédérés, lesquels il trompa de même. Il y avait bien un article qui portait que les Vénitiens et les Florentins y seraient compris, pourvu qu'ils vidassent dans quatre mois tous les différends qu'ils avaient avec l'empereur : condition qui leur donnait une exclusion tacite. Il ajoute que François fut si honteux de leur avoir ainsi manqué de foi, qu'étant allé, après la conclusion de cette paix, a Cambrai pour visiter la duchesse Marguerite, il fut quelques jours sans vouloir se laisser voir à leurs ambassadeurs, fuyant de donner audience à des ministres dont la présence lui reprochait son injustice. Paul .love dit que lorsqu'ils se plaignirent à lui du tort qui leur était fait par cette paix, il en rejeta la faute sur les deux princesses qui l'avaient négociée : disant que, comme les femmes ne haïssent rien davantage que la guerre, il ne fallait pas s'étonner que Louise et Marguerite se fussent si fort hâtées de conclure la paix3. On remarquera, en passant, que le doge André (iritti appelait la ville de Cambrai le purgatoire des Vénitiens, à cause que

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