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Hrantoino, dans f.htirh's IX

4. I.ellie au roi, de Jean Dinleville. ambassadeur de France en Angleterre, datée du 2 novembre \'Y.i'.l. El dans une autre du 7 du même mois, adressée au çrand maître Anne de Montmorenry. il ajoute ce qui suil : « Ledit neur roi m'a dit que le roi le lui axait promis, non à lui seul, mais aussi il la reine sa femme, dernièrement il Calais; et (pie si ledit mariage so faisait suis que le pape fil rien pour lui, il n'aurait pas grande occasion d'estimer avoir grande amitié avec le roi. »

son ressentiment s'était éteint avec la vie de sa tante1; ce mécontentement, dis-je, produisit leur réconciliation aux dépens de François 1" à qui ils firent conjointement la guerre.

La paix de Cambrai ne fut pas de longue durée, ainsi qu'il arrive toujours des traités qui sont trop onéreux à l'une dos parties2. Car François Ier se plaignait que par celui de Cambrai « l'empereur lui avait si bien lié les mains, que s'il ne se les déliait lui-même, il ne pourrait jamais se mêler d'aucune chose où il y eût de l'honneur. et du profit *. » D'ailleurs, ces deux grands princes aimaient trop la guerre, et ne se fiaient pas assez l'un k l'autre pour être longtemps en repos. L'an 1533, François Sforce, dernier duc de Milan, ayant fait trancher la tête h. François de Merveille (qui résidait auprès de lui en qualité d'ambassadeur secret de France), non pour le meurtre supposé d'un gentilhomme du pays, mais bien pour contenter l'empereur qui prenait ombrage de la correspondance que ce duc entretenait avec François I"; ce roi, qui n'attendait qu'une occasion de rentier dans le Milanais, envoya le président Poyet 4 en Savoie, pour demander au duc passage par ses terres. Ce duc, qui avait épousé la so-ur de l'impératrice, préférant l'amitié de son beau-frère ;i relie du roi. son neveu, refusa le passage ainsi qu'il avait refusé auparavant de prêter la ville de Nice au pape et au roi pour leur entrevue; de recevoir l'ordre de Saint-Michel avec une pension de 12,000 écus, et de rendre

1. « Le roi voire bon frère m'a dit que l'empeteiir lui mail écrit une lettre contenant cinq articles, dont le quatrième e>t qu'il le prie d'oublier ce qui s'e.«t pas-e entre eux à cause du divorce de sa lanle, cessant à proent l'oc.aMon de leurs différends; et pour oter tout soupçon et racine d'inimitié, il le prie de \ouli ir renouveler les vieux traite- de leur amitié et confédéral ion, lui faisant entendre que quelque chose qu'il \ ail eu entre eux, il n'a pas oublié les plaisirs, beuéii. es el secours qu'il a reçus, dont il se sent prandenvnl obligé à lui, et qu'en récompense de cela il e<t prêt de s'employer pour lui en toutes ses affaires, comme le meilleur ami qu'il ait en ce monde. » h' tire de l'f'vcyiie de Tarbrx nu roi F mu roi s I". datée de Londres, 19 avril 1536 i

t. «. Nie credideris, » dit Ti!e-I.i\e, li\. VIII. « ullum populum . aut homiuciu, in eà conditione. cujus eum pcenileal. (lutins, quàm necesse sil. manMirum. >•>

3. C'est ainsi que s'exprime l'rançois I*rdans une de ses lettres à l'evêque d'Auxerre. son ambassadeur à Rome, datée du 21 novembre l'j'Jl.

4. Qui fut fait chi.net lier en 1538, et destitué de cette dignité, pour ses concussions et malversations, en 154o.

l'hommage du Faucigny. Tout cela joint ensemble obligea le roi de porter dans le Piémont la guerre qu'il avait prétendu faire seulement au duc de Milan. L'amiral de Chabot entra dans la Bresse et dans la Savoie, en 1535, sans y trouver aucune résistance; ensuite il prit Turin et toutes les places du Piémont jusqu'à la Doùere, et il allait infailliblement conquérir tout le reste, si le roi, toujours crédule, et toujours trompé, ne se fût pas laissé amuser par de vaines espérances du duché de Milan, dont l'empereur lui faisait promettre l'investiture pour le duc d'Orléans, son second fils, tandis qu'il travaillait à lui débaucher tous ses alliés et qu'il se préparait à lui faire une sanglante guerre. Mais enfin , ce qui arriva, en ce temps-là, au duc de Savoie, qui se croyait à l'abri de tous les orages, sous la protection de Charles- Quint, et ce qui vient d'arriver au duc Amédée II est une preuve évidente que l'amitié de la maison d'Autriche est un faible secours à ces ducs contre les armes d 1 la France.

Comme le connétable de Bourbon avait cédé à l'empereur le droit qu'il prétendait avoir sur la Provence1, en vertu du testament d'Anne de France, sa belle-mère, à qui René, duc de Lorraine, avait transporté le droit qu'il y avait : l'empereur, enivré de sa bonne fortune, crut qu'il n'avait qu'à paraître avec son armée pour se faire ouvrir toutes les portes des villes de cette province , mais il éprouva devant Marseille2 et devant Arles que les mesures qu'il avait prises

t. Ce droit était nul do toute nullité, ainsi que celui du duc do Lorraine, car le testament d'Anne de Franco no pouvait infirmer ni détruire celui que Charles d'Anjou, comte de Provence, avait fait en faveur de Louis XI , son cousin germain, et des rois (le Franco ses successeurs : clause qui donnait l'exclusion à tous les princes qui n'étaient ni rois de France ni héritiers présomptifs de cette couronne. Ajoutez à cela que la Provence étant pays de droit écrit, où par conséquent l'institution d'héritier a lieu, nul autre n'y pouvait prétendre que celui et ceux que Charles d'Anjou, qui en était légitime et paisible possesseur, y appelait. Fl c'est par ce droit qu'il avait joui lui-même, jusqu'à sa mort, de ce comté, René, roi de Sicile, son oncle, l'ayant préféré par son testament au duc de Lorraine, fils de sa fille.

*. On remarqua quelques années après que les v illes et les personnes dont le nom commençait par une M furent toujours fatales à Charles-Quint, comme le marquent ces deux vers :

Ma*»ilii, Maiiri, Magdburi;, SUnriliiis tt Met»,

Si mihi cessi-s-nt, Mu p. r cuinta fnist.eui.

c'est-à-dire, si j'eusse pu venir à bout des Marseillais, des Maures d'Alger, de Maurice,

étaient fausses; de sorte qu'après un mois de s<-jour, il fut contraint de se retirer honteusement avec ses troupes, que la fatigue et la maladie avaient déjà diminuées de plus d'un tiers.

Ce fut en ce temps-là que l'avocat général Capel ayant remontré au roi que les provinces de la couronne étant inaliénables, il n'avait pu céder la souveraineté de la Flandre et de l'Artois ; et que, par conséquent, Charles d'Autriche (c'est ainsi qu'il appela l'empereur), étant toujours son vassal pour ces comtés et pour celle de Charolais, avait commis crime de félonie : il fut dit par arrêt rendu en présence du roi, séant en son parlement, accompagné de tous les pairs de France, que Charles serait appelé par un édit péremploiro pour répondre au procureur général sur ses conclusions et voir juger la réversion et réunion de ces trois comtés à la couronne. L'empereur répondit à cet ajournement que, puisqu'on le rappelait en France , il y reviendrait avec de si bonnes pièces en main, que le roi serait contraint d'observer tous les articles des traités de Madrid et de Cambrai. Mais tout l'effet de cette menace se réduisit à la prise de Montrcuil. et au siège de

électeur de Saxe, et des villes de Magdcbourg el de Metz, j'eusse été heureux en toutes mes entreprises.

Il perdit son temps et ses troupes devant Marseille, en 1">16: son armée navale au siège d'Aller, en V,'iM. et sa réputation à Magdcbourg. dont les habitants, qu'il avait proscrits par deux fois, lui firent sentir que leur courage était plus grand que toutes ses forées; car après un long siège il fut obligé de leur accorder la paix, sans toucher à leur religion ni à leur liberté l.'i.'il . L'année suivante, l'électeur Maurice le contraignit d'élargir le landgrave de liesse, son beau-père, qu'il tenait prisonnier depuis cinq ans. On peut bien encore ajouter aux deux vers Maxiuiilien, son neveu et son pendre, qui rompit à la diète d'Augsbourg, de l'iiO , ie dessein que l'empereur avait de faire élire roi des Romains le prince d'Espagne, son fils : ce qui eût fait sortir l'empire de la branche de Ferdinand, qui le possède encore aujourd'hui.

Philippe II ne fut pas plus heureux que son père dans l'entreprise qu'il fît sur Marseille, en l'iOG. Il avait tant de passion pour l'acquisition de cette ville, qu'il était convenu avec Louis d'Aix et Charles de Cazaux de tout ce qu'ils avaient demandé pour la lui livrer ; savoir, de leur donner à chacun 20,000 écus de revenu en fonds de terre dans le royaume de Naples. el la somme de ."iOO.OOO écus une fois pavée, et un million d'or à la communauté de celle ville, avec la permission d'envover tous les ans deux navires aux Indes pour y trafiquer avec la même liberté et les mêmes franchises qu'avaient les Espagnols naturels. D'Ossal. Letlrr XXXIV. Philippe [Il n'eut pas un meilleur succès que son aïeul et son père dans la tentative qu'il fit en 1005, laquelle fut incontinent suivie du supplice de Jean de Mérargues, que son ambassadeur, don Balthazarde Zuniga, était cependant parvenu à corrompre.

Térouanc où il ne gagna que des coups. Durant ce siège, ses deux sœurs, Èléonore, reine de France, et Marie, reine veuve de Hongrie, alors gouvernante des Pays-Bas , s'étant avisées de faire tenir une conférence au village de Bomy, leurs députés convinrent d'une surséance d'armes de trois mois pour la Picardie et pour les Pays-Bas, pendant laquelle on traiterait la paix. Cette trêve fut peu de temps après suivie d'une autre de trois mois pour le Piémont, le Dauplnné et la Provence. Il était dit par celle-ci, que l'empereur et le roi garderaient de part et d'autre les places qu'ils tenaient dans le Piémont : ce qui tournait tout à la ruine du pauvre duc de Savoie, qui se trouvait également dépouillé par son prétendu protecteur et par son juste ennemi.

Enfin, Charles-Quint et François s'étant rendus à Nice, où le pape Paul 111 les attendait pour les accorder ensemble, en qualité de père commun et de médiateur, ils convinrent sans se voir d'une trêve pour dix ans; car, pour une paix finale, jamais Paul, le plus habile prince de son temps, ne les y put réduire, tant leur humeur et leurs intérêts étaient incompatibles. Et Paul même, avant que de s'en retourner à Rome, prédit que cette trêve ne serait point observée, l'un voulant absolument garder et retenir le duché de Milan, et l'autre se faisant un point d'honneur de le recouvrer comme son bien de patrimoine. Les spéculatifs crurent alors que le pape n'était pas venu à Nice par le seul motif de les réconcilier, comme il le disait, mais principalement pour traiter avec Charles le mariage de sa fille naturelle, veuve du duc de Florence, avec Octave Farnèse, son petit-fils ; et pour négocier avec François celui de Victoria, sœur d'Octave, avec Antoine, fils aîné du duc de Vendôme; et que, pour empêcher que son secret ne passât de l'un à l'autre, il se chargea adroitement de la commission de porter réciproquement la parole de l'empereur au roi et du roi à l'empereur, sous couleur de leur épargner la peine de disputer, afin qu'ils n'eussent pas besoin de se voir : ce qui eût indubitablement fait manquer les deux mariages qu'il désirait, et surtout celui de la jeune douairière de Florence, par le moyen duquel il espérait de parvenir à l'investiture du duché de Milan pour les enfants qui en viendraient. Il est bon de dire en passant que ce fut à Nice

que don Pedro Sarmiento, étant a l'audience de Paul III, l'appela Yuestra Ingratitud au lieu de Yuestra Beatitud ; équivoque où le cœur eut plus de part que la bouche, comme l'avoue presque l'auteur de YÊpitomedc la Vie de Charles-Quint : « Quelques-uns crurent, dit-il, que don Pedro l'avait fait à dessein parce que le pape passait universellement pour ingrat envers l'empereur, de qui il avait reçu plusieurs bienfaits avant son pontificat. » Que ce fût une méprise ou une liberté volontaire, il est certain que cette action méritait d'être punie; et que par conséquent un ambassadeur ne la doit jamais imiter.

La trêve de Nice, conclue au mois de juin de l'année 1538, fut confirmée au commencement de l'année suivante par un traité fait à Tolède entre Charles et François, qui promirent de ne faire point de nouvelle alliance avec le roi d'Angleterre l'un sans l'autre. François ne s'apercevait pas que Charles, son plus dangereux ennemi, ne songeait qu'à rompre la bonne intelligence que l'Anglais entretenait avec lui pour s'unir ensuite avec ce prince contre la France, bien persuadé que si une fois il pouvait mettre la discorde entre ces deux rois, dont la liaison était le frein de sa puissance et la remore de ses entreprises, il serait en état de tout exécuter.

François observa si religieusement la trêve de Nice, qu'il refusa, en 1539, de recevoir sous sa domination les Gantois qui s'étaient révoltés contre la gouvernante des Pays-Bas; et que, non content d'avoir donné passage sur ses terres à l'empereur et de l'avoir reçu h Paris avec des honneurs excessifs, il l'accompagna jusqu'à Saint- Quentin et resta sur les frontières de Picardie jusqu'à ce que les pauvres Gantois eussent été réduits à la servitude. Mais Charles, «qui ne croyait pas que la reconnaissance fût une vertu de prince,» se moqua de la générosité du roi dès qu'il n'eut plus besoin de lui. interprétant captieusement les promesses réitérées qu'il lui avait faites de donner le duché de Milan au jeune duc d'Orléans, et demandant qu'avant toutes choses le duc de Savoie fût rétabli dans ses Ktats. Ce qui montrait assez que l'intention de l'empereur était d'en user en ce cas avec le roi, comme avait fait son aïeul Ferdinand d'Aragon avec Charles VIII après la restitution du Houssillon ; car le Piémont rendu,

le Milanais n'avait plus rien à craindre des armes françaises, et le roi eût été la dupe de l'empereur, comme le fut du loup le berger qui lui livra ses chiens pour avoir la paix avec lui. Quoi qu'il en soit, le roi reconnut, mais trop tard, que le connétable de Montmorency l'avait très-mal conseillé, lorsqu'il avait opiné contre tout le conseil d'État qu'il fallait accorder le passage à l'empereur sans exiger de lui aucune promesse par écrit. Et ce fut, selon l'opinion commune, la cause de la disgrâce de ce connétable, qui d'ailleurs était devenu suspect depuis l'entrevue d'Aigues-Mortes de 1538, où, tandis que le roi et l'empereur dînaient ensemble dans une galère, il s'avisa, par une fausse galanterie, de demander à don Louis de Avila un collier de la Toison et de le mettre subitement au cou du roi1 : action qui donna lieu à divers commentaires; car bien que le roi fît semblant d'y prendre plaisir, ainsi que la politique et la civilité le requéraient, il ne laissait pas de remarquer l'empressement que le connétable avait pour l'empereur, et de soupçonner qu'il y pouvait avoir quelque intelligence entre eux2 ; soupçon de tout temps fatal aux ministres et aux favoris des princes.

Richer, qui était présent à celte entrevue, rapporte3 qu'entre plusieurs propos amiables qui furent tenus de part et d'autre l'empereur dit ces propres mots au roi : « Monsieur, les serviteurs sont bien « souvent cause que les maîtres ne s'accordent pas ; il y a longtemps « que nous serions d'accord si nous eussions nous-mêmes traité nos <« affaires ensemble, mais vaut encore mieux tard que jamais. Désor- « mais il nous faut vivre en paix et laisser faire la guerre aux autres . » A qui tenait-il donc qu'ils ne se réconciliassent de bonne foi et qu'ils ne missent fin ii tous leurs différends?

Ce fut aussi dans cette entrevue qu'André Doria, à la très-instante prière de Charles-Quint, obtint la permission de baiser la main à François 1" dont il avait abandonné le service pour passer à celui de

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