Philippe If lui donnait unp pension do 500.000 livres
*. Il était fils biititrd de Jean de Montluc. evéqie do Valonro. Il perdit Ombrai en t.W>.
3. O fut onrnre lui qui espi^nolUn le secrétaire d'fctat Villorov. moyennant une pension de 20,000 éeus ; mai* ce ministre abandonna la Lipue après qn'Hwtri IV «al réduit Pins à son obéissance.
fait peu de profit a son roi*. Enfin, il est certain que la Ligue de Joinville fut aussi fatale aux Pays-Bas qu'a la France, et que, si Philippe II eût employé à la défense de ces provinces, les millions qu'il envoya aux Guises et aux autres chefs de l'Union, il fût venu à bout des Hollandais, qui sont assurément encore plus obligés de leur établissement à sa mauvaise politique, qu'à leur courage. Pourquoi donc, dit le même Vitrian, appelle-t-on ce roi Philippe le Prudent? Le Coloma dit que c'est parce que toute sa prudence consistait à conserver la religion catholique; mais que, du reste, il fit mille fautes2 contre la raison d'État et contre les règles du bon gouvernement. Et dans un ' autre endroit , il dit que l'évêque de Tarazona, don Diégo de Yepès, dernier confesseur de Philippe, lui avait raconté que ce prince ayant reconnu, vers la fin de sa vie, toutes les fautes qu'il avait faites dans la conduite des affaires des Pays-Bas, en laissa toute la direction à ses ministres, avouant, en plein conseil, qu'il n'y connaissait rien5. Et. c'est une des raisons qui le portèrent à les donner en dot a l'infante Claire-Isabelle, sa fille aînée, prévoyant que son fils, qui n'était pas doué d'un grand génie, serait encore bien moins capable de les gouverner que lui.
Jusqu'ici, j'ai parlé de tous les traités faits depuis l'an 1635 avec les ducs de Bourgogne et les princes de la maison d'Autriche, sous le règne de neuf rois de France de la race des Valois, qui prit fin en 1589. en la personne d'Henri lll. il me reste maintenant à parler des principaux traités faits entre la France et les princes de l'Europe, depuis l'heureux avènement des Bourbons à la couronne jusqu'à présent.
Le premier est le traité de Florence de 1598, que M. d'Ossaf, alors évèque de Bennes, conclut au nom d'Henri IV, avec Ferdinand, grand-duc de Toscane, pour la restitution des îles d'If et de Pomègues. Après la mort d'Henri 111, où la Ligue commença à exercer un empire absolu sur toutes les provinces du royaume, et les princes
I. ChHf». exiv do son Comment fin? sur C.nminrx. E. t. Chap. cxxvii. E. 3. Chap. r. Ci.
étrangers a songer aux moyens de partager une si riche proie. Bausset, gouverneur de l'île et du château d'If, ayant tout sujet de craindre que les Espagnols ne voulussent se saisir de son île, supplia Ferdinand de lui envoyer quelques troupes pour la garder, à condition que cette garnison la tiendrait au nom de celui qui serait déclaré roi de France, et qui serait admis pour tel par le saint-siége ; cl que le châtelain ne pourrait être obligé de la rendre à d'autre qu'à un roi de France catholique. Le grand-duc accepta la proposition d'autant plus volontiers qu'il jugea que ce lui était une occasion favorable de ' réveiller les prétentions de la maison de Lorraine, dont était sa femme, sur le comté de Provence. Il envoie cinq cents hommes à Bausset, qui les logea dans les dehors de l'île, sans en faire entrer un seul dans le château, dont il ne confia la garde qu'à son fils. Mais, un jour que celui-ci était allé a Marseille, ils se saisirent du château et en chassèrent tous les Français. Après quoi, Ferdinand y envoya, avec cinq galères, don Jean, son frère, qui, après avoir bâti un fort dans l'île de Pomègue, sous couleur de pourvoir â la défense du château d'If, mais en effet pour tenir en sujétion la ville de Marseille et les deux autres îles d'If et de Ralonneaii, déclara ouvertement, à M. du Vair, qui lui fut envoyé par le roi, que ces îles appartenaient au grandduc ; prétention qu'il n'aurait pas manqué d'étendre ensuite à toute la Provence, si les affaires du roi, qui avait perdu Cambrai, Calais, Ardres et Amiens, ne se fussent pas rétablies par le recouvrement de cette dernière ville. Voilà ce qui donna lieu au traité de Florence, sur lequel il n'y a point de commentaire à faire, après celui que M. d'Ossat y a fait lui-même, dans ses lettres et dans le mémoire, qui est. après son traité, dans le second tome de ce recueil.
Il dit. dans sa lettre cent trente-cinquième, que tout le commencement de la préface, où il est dit que « le château d'If était en danger de tomber au pouvoir des hérétiques, au lieu qu'il fallait dire au pouvoir des Espagnols, » fut mis, par un caprice du grand-duc. pour lui servir de justification auprès du roi d'Espagne, dont il tenait en fief le duché de Sienne, et qu'il ne voulut pas insister opiniâtrement contre cette clause, qui servait au duc, d'autant que, loin de nuire au roi, elle facilitait la négociation de son ministre, en lui
sur Les traités des princes.
donnant moyen de tenir ferme sur d'autres points, qui importaient bien davantage au service de Sa Majesté. Outre que dans les préfaces des traités, les paroles qu'on appelle nanatire.s ne décident rien, et ne passent que pour des raisons de bienséance.
Quant aux douze répondants promis par M. d'Ossat pour assurance du remboursement de la somme de 200,757 écus d'or dont Henri IV se trouvait être débiteur au grand-duc, mon dit sieur d'Ossat dit dans sa lettre cent trente-neuvième, qu'ayant remontré à ce duc, que telles cautions seraient préjudiciables à la réputation et aux affaires du roi, d'autant qu'il semblerait que Sa Majesté ne voulût ou ne pût payer une dette si loyalement due, et que, sur cet exemple, chacun, à l'avenir, demanderait de pareilles cautions, et surtout Jes Suisses, à qui il était dù de grandes sommes, le duc fit une réponse fort généreuse et héroïque, en ces termes : « Que quand ce ne serait « que pour contenter le roi, il se départirait très-volontiers de l'article « des cautions; mais qu'il le faisait encore particulièrement par la « considération des Suisses, sachant combien leur alliance était utile » au roi et à sa couronne, et que, s'ils venaient a demander de pa- « reilles cautions, ils pourraient mettre le roi en peine. Que, si « M. d'Ossat voulait renvoyer en Fiance les lettres de ratification du « traité, lui. grand-duc, se contenterait de la seule parole de Sa « Majesté, à qui il remettrait volontiers toute la dette, si ce n'était « pas indiscrétion et présomption de donner à plus riche et plus grand « que soi. Le duc de Luxembourg, qui était, en ce temps-là, ambas- « sadeur à Rome, mande au roi. dans une lettre du h avril 151)8, « que le grand-duc avait offert de mettre le château d'If entre les <i mains du roi d'Kspagne. et, par ce moyen, la ville de Marseille; « mais que le prince Doiia, son adversaire, en avait détourné l'effet, « en remontrant au conseil d'Kspagne que ce château et île de Po- « mègues ne valaient pas la dépense qu'on y ferait. Puis il conclut : « voilà comme vos ennemis vous ont fait service, sans y penser, et ^ comme le grand-duc, après vous avoir fait de grandes offenses, « pense les expier par de petites satisfactions. Il pourrait bien lui « arriver la même chose qu'à cet homme qui. s'étant mêlé imprudem- « ment d'en séparer deux autres qui se battaient, à la fontaine, avec
« des cruches de for. eut la sienne cassée, qui n'était que de terre. ■• Au reste, M. d'Ossat avait bien raison de dire que c'était uno grande honte au premier royaume de la chrétienté, flanqué de deux mers presque tout de son long, de n'avoir pas eu provision de vaisseaux de guerre, ni moyen de se défendre de quatre méchantes galères d'un duc de Florence, ni d'empêcher qu'elles ne missent à la France la chaîne au cou et les fers aux pieds1. Mais en l'état qu'est aujourd'hui la manne en .France, on peut bien assurer que pareil inconvénient n'y arrivera jamais.
TRAITÉ DE VKRVINS
Le traité de Florence, dont je viens do parler, servit de précurseur à celui do Vervins, qui fut conclu le jour d'après. Et c'est à ce traité, qui ensevelit la ligue et toutes les espérances de Philippe 11, qu'on peut marquer l'époque de la décadence de la domination d'Espagne qui, depuis ce temps-là, a été toujours de mal en pis. Il est encore remarquable par la circonstance de la préséance des ambassadeurs d'Henri IV sur ceux de Philippe, qui prirent place au-dessous du nonce du pape; au lieu (pie M. de Bcllièvre, le premier des nôtres, était assis devant lui. Pour pallier ce désavantage. «Ion Carlos Coloma s'est avisé de dire dans le onzième livre de sou histoire des Pays-Bas, que la préséance fut cédée aux ambassadeurs de France, jnr svr lus dipuUulos iU'l archidur/ue, y no de el rey immediafmnenle2. Mais si le président Richardot, le commandeur Jean-Baptiste de Tassis, et le secrétaire d'Etat Verreiken, n'étaient pas immédiatement les ambassadeurs du roi d'Espagne, pourquoi le légat Alexandre de Médicis.