Lettre CXXX1L
2. Los plénipotentiaires de France n'ayant pas voulu -.c contenter de la procuration de l'archiduc /\!l>ert. dans laquelle il disait, qu'en vertu du plein pouvoir qu'il avait reçu du roi catholique pour traiter une trêve ou une paix entre les deux couronne*:, il avait donné le même pouvoir au président Richardot et au commandeur Jean-Baptiste de Ta-sis; parce que ce pouvoir n'était donné qu'a la personne de l'archiduc, el que ce prince n'étant pas souverain, mais simple plénipotentiaire du roi d'Espapne H
qui présidait à l'assemblée, se mit-il si fort en peine de trouver un expédient pour lever les diflicultés de la séance? Si ces trois ministres n'étaient véritablement que les députés de l'archiduc, comme le dit Coloma, sur quoi fondaient-ils la demande de la place d'honneur? Le cardinal d'Ossat a bien raison de dire dans une de ses lettres, que dans cette paix les Espagnols se mirent à toute raison, en rendant à la France plusieurs villes et places fortes que nous eussions eu grande peine à reprendre par force1. Et dans une autre, il raconte, que le grand duc de Toscane lui avait dit, qu'il avait appris par des lettres de Madrid, que dans le conseil de guerre plusieurs avaient conseillé au roi d'Espagne de faire la paix avec la reine d'Angleterre , en lui rendant Calais !. qu'elle prétendait lui appartenir5 et non point avec la France; d'autant que parce moyen il n'aurait plus rien à craindre de cette reine qui lui avait fait beaucoup de mal, ni du roi de France, qui alors serait aux mains, non-seulement avec les Espagnols, mais encore avec les Anglais; au lieu que les Français recommenceraient la guerre, après qu'ils auraient recouvré toutes leurs places4.
Coloma, que je viens de citer, assure que le maréchal de Biron étant à Bruxelles, dit à un ministre de l'archiduc, que si l'archiduc eût persisté encore quinze jours dans la volonté de garder les villes de
gouverneur de Flandre, il n'avait pas droit do subroger d'autres personnes à sa place. Richardot et Tassis firent venir de Madrid un autre mandement par lequel Philippe II promettait de ratifier et tenir pour bon tout ce que l'archiduc ou ses subdelegués concluraient avec les commissaires français, de quelque façon qu'il fut fait, etc. Ce qui montre évidemment que Richardot. Tassis et Verreiken, n'étaient nullement les députes et les minisires de l'archiduc, mais directement les ambassadeurs et les plénipotentiaires du roi d'Espagne, sans le mandement duquel les noires ne les eussent pas admis.