‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 48 sur 269 · I. Lettre CCCXXVII · texte numérisé non relu

I. Lettre CCCXXVII

i. L'archiduc Albert avait pris cette place en au mois d'avril.

3. Elle y avait tacitement renonce par la paix de Troves, de CW>i, puisqu'elle n'y avait fait aucune mention de ce droit, et qu'après celle paix elle mit en liberté les quatre gentilshommes qui lui avaient été envoyés pour otages de l'amende de 500,000 écus d'or promis parle traite de Cateau-Cambresis, au cas que Calais ne lui fut pas rendu dans le temps spécifie par ce traite ; se contentant de la somme de six-vingt mille écus d'or que le roi Charles IX lui (il payer par manière de compensation des 500.000 auxquel- le roi Henri, son père, s'était oblige envers elle.

4. Lettre CXX. Le dur de Sess.\ ambassadeur d Espagne à Rome, était du même sentiment. Lettre CCI. II.

m OBSERVATIONS HISTORIQUES ET POLITIQUES

Calais et d'Ardres, Henri IV lui aurait au moins abandonné Calais. Mais cela ne s'accorde pas avec ce qu'Henri avait fait dire deux ans auparavant par Sancy a la reine d'Angleterre, qui lui demandait Calais, ou du moins Boulogne, en otage des secours qu'elle lui donnait, et des avances qu'elle faisait pour lui, « qu'il aimait mieux recevoir un « soufflet du roi d'Espagne qu'une chiquenaude d'elle1. » Car si Calais fût demeuré au roi catholique, cette place serait, sans doute, retournée à cette reine, avec qui le besoin de ses affaires le contraignait de faire • la paix à quelque prix que ce fût. Témoin celle que Philippe III , son fils, fit en 1604, avec le roi Jacques, successeur d'Elisabeth.

Quoi qu'il en soit, il est certain que cette reine traversait de tout son pouvoir la négociation de la paix de Venins, prévoyant bien que la paix était le seul moyen, par où Henri IV pouvait alors recouvrer Calais, ce qu'elle craignait comme la mort. Sur quoi le cardinal légat disait à MM. de Bellièvre et de Sillery, que si Elisabeth, par ses menées, venait a bout d'empêcher la conclusion de la paix entre les deux rois, elle se rendrait la maîtresse de tout en les affaiblissant tous deux . et que ses dissimulations feraient plus de mal à la France que toutes les forces du roi d'Espagne.

Le même Coloma ajoute ensuite, qu'on s'étonnait fort, que le roi d'Espagne restituât une place qui servait, de boulevard à tous les Pays-Bas, et de frein aux rois de France et d'Angleterre. Et le comte de Fuentes, gouverneur du Milanais, ne lit que trop connaître aussi, que la paix de Venins était trop désavantageuse aux Espagnols pour avoir pu les réconcilier de bonne foi avec les Français5. Car il n'oublia rien pour empêcher la restitution du marquisat de Saluées, et pour fomenter la perfidie naturelle du duc de Savoie, qui ne cherchait qu'à éluder l'exécution du traité qu'il avait lui-même signé à Paris en l'année 1600. et d'un autre fait en 1601, par l'entremise du légat

<. Henri voulait dire par là qu'il aimait mieux que Calais, qui élail alors actuellement assiège par l'archiduc Albert, tombât enlre les mains du roi d'K<pa^ne que de le céder lâchement îi une femme qui lui voulait vendre son amitié si cher, et ravoir celle place en France pour en faire l'arsenal des huguenots et l'asile de tous les mécontents du royaume.

f. Aussi Philippe III fut-il près de trois ans à balancer s'il la ratifierait; ce qu'il fit enfin en 1601. au mois de juin ou de juillet.

Aldobrandin ; sous couleur qu'étant lié d'une si étroite parenté avec Philippe III, il ne pouvait pas les ratifier sans son consentement1.

Avant que de passer outre, je ne dois pas omettre ici une chose assez particulière, que dit le Comines espagnol dans ses remarques, au sujet du maréchal de Biron, dont je viens de parler. Henri le Grand, dit-il2, avait montré beaucoup de prudence dans toutes les occasions, mais il en manqua dans celle-ci, lorsqu'il envoya le duc de Biron à Bruxelles, pour jurer et confirmer la paix de Vervins. Car il devait considérer qu'un homme qui avait été toujours son premier et principal ministre dans la guerre, n'en était pas un bon pour achever et affermir la paix, qui détruisait son crédit et sa puissance. En effet, ce fut a la cour de Flandre que se fit le premier essai du dernier coup, dont il mourut depuis, par le commandement de son roi. Témoignage que l'archiduc Albert et ses ministres n'avaient pas traité cette paix avec des intentions fort sincères. Et le Coloma en convient à demi 3, quand il dit que Biron fut accusé par ses ennemis de n'être pas sorti de Bruxelles avec la même fidélité pour son roi qu'il ^ était entré; et que la tragédie de ce pauvre seigneur, qui tomba de l'espérance prochaine d'une haute fortune dans l'abîme de toutes les misères, montre combien il est dangereux de prêter l'oreille aux ennemis de son prince naturel. -

Quant au duc de Savoie et au comte de Fuentes, le cardinal d'Ossat dit qu'ils désiraient la guerre si follement, qu'ils y constituaient leur souverain bien, sans regarder à dommage, perte ni ruine, qui leur en pùt arriver à eux-mêmes, et à la couronne d'Espagne4 ; mais principalement ce duc qui perdit deux fois son duché de Savoie, pour s'être uni avec les Espagnols contre la France, malgré tous les traités qu'il avait faits avec Henri IV et Louis MIL 11 était dit par celui de Suse (1029), qu'au cas que l'empereur et le roi d'Espagne fissent quelque entreprise sur le duc de Manloue, et troublassent la paix de l'Italie, le duc serait obligé non-seulement de donner passage aux

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