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t. Idem ad tmimm 46U.
Trêves, qui se brouilla avec l'empereur, pour avoir défendu les droits de la liberté germanique contre la tyrannie des Espagnols4. Pour bien entendre ce point, il faut savoir que depuis le partage que Charles-Quint fit entre son fils et son frère , les deux branches vécurent bien dans l'union que demandaient la proximité du sang et l'intérêt commun de leur maison, mais sans que pour cela le roi d'Espagne, qui en est le chef, prît aucune supériorité sur la branche allemande. Celle-ci gouvernait l'empire selon ses constitutions, et le roi catholique ses royaumes à sa mode. Ferdinand, Maximilien et Rodolphe conservèrent tous trois la paix parmi les princes et les États de l'empire, parce que l'Espagne n'avait point de part à leurs conseils ni de crédit à la cour de Vienne ; et quoique Rodolphe ne fût pas un prince de grand esprit ni de grande vigueur, un jour il ne laissa pas de donner un soufflet à l'ambassadeur de Philippe II qui lui parlait un peu trop librement. Malhias, frère et successeur de Rodolphe, commença à écouter les Espagnols et à leur communiquer une partie de ses affaires; mais comme il le fit avec prudence, il n'en arriva point d'autre mal sous son règne que la conséquence dangereuse de l'exemple. En effet, sous le règne suivant, les Espagnols, qui savent mieux profiter de leurs avantages que toute autre nation, entrèrent si avant dans le conseil de Ferdinand II, et prirent tant d'ascendant sur ses ministres, dont la plupart devinrent leurs pensionnaires, que presque toute l'administration des affaires de l'empire tomba entre leurs mains, en sorte que l'ambassadeur de l'Espagne eut depuis un conseil particulier, composé de personnes dévouées au service du roi catholique, pour examiner et préparer les matières qui se devaient traiter dans le conseil d'État de l'empereur. Voilà l'origine de toutes les divisions et de tous les maux de l'empire. Voilà ce qui a troublé toute l'Allemagne. Voilà tout ce qui obligea la France de s'intéresser dans les querelles et dans les guerres de l'empire, qui sans elle allait devenir espagnole et tomber dans la servitude, puisque depuis la bataille de Prague, où
i. Il faut remarquer que c'est un Français qui parle, et que par conséquent on ne doit pas le croire absolument au sujet do sa n«ition. On fait cette remarque une fois pour toutes. [Cette note, qui n'est pas de la plus parfaite politesse, est de la main de Dumont. ]
l'électeur palatin perdit le royaume de Bohême, son électorat et sa réputation, Ferdinand, qui avait une armée de cent cinquante mille hommes sur pied, avait réduit l'Allemagne h telle extrémité, que si le port de Stralsund1 n'eût arrêté le torrent de ses armes victorieuses, il restait le maître absolu de tout l'empire.
Quant à l'archevêque de Trêves, cet électeur s'étant mis, à la fin de l'année 1631, sous la protection du roi très-chrétien2., et, l'année suivante, ayant reçu garnison française dans son château d'Ehrenbretstein, que par corruption nous appelions Hermcnstein, et dans la forteresse de Philipsbourg, pour garantir ses États de l'invasion des protestants et des Suédois, nos alliés, l'empereur et les Espagnols cherchèrent longtemps les moyens de s'en venger, quoique en cela il ne fût pas plus coupable que Maximilien, électeur de Bavière, qui, quelques mois auparavant, avait fait avec Louis XHI une ligue défensive pour huit ans.
Enfin, l'apostume creva au commencement de 1635, que les Impériaux surprirent durant la nuit la ville de Philipsbourg, après en avoir égorgé la garnison, et (pie les Espagnols (car un malheur n'arrive presque jamais seul) surprirent sur la fin de mars la ville de Trêves, qui ne s'attendait a rien moins, et enlevèrent l'électeur, qu'ils menèrent premièrement a Bruxelles, puis à Gand, et de là à Linlz en Autriche, où il resta prisonnier jusqu'en 16Û5. Ces deux attentats, outre la protection que la France devait à cet électeur et à plusieurs autres princes injustement dépouillés, obligèrent Louis XIII de déclarer la guerre a l'Espagne.
Les Français disaient que l'archevêque de Trêves étant prince souverain, il ne pouvait pas être détenu prisonnier, d'autant moins