‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 55 sur 269 · Sur la mer Baltique · texte numérisé non relu

Sur la mer Baltique

2. L>s Espagnols disaient dans leur manifeste que l'électeur de Trêves n'avait pu se mettre sous la protection du roi très-chrétien, ni ce roi le recevoir, au préjudice du roi d'Espagne, qui était le protecteur héréditaire de la ville de Trêves en qualité de duc de Luxembourg, ainsi que les électeurs de Ma\ence et do Bavière, commissaires de l'empereur, \enaient de le juger conlradictoirement à l'électeur de Trêves, et que les garnisons d'Ehrcnbrelslein et de Philipsbourg ayant prêté serment au chapitre de Trêves, l'archevêque avait passé les bornes de sa juridiction en recevant les Français dans ses places sans le consentement de son chapitre. {Juslificacion de las acciones deEspaûa.)

qu'il ne faisait la guerre à aucun prince; qu'on ne devait point lui imputer à faute ni à crime de s'être mis sous la protection de la France, puisque l'empereur n'était pas en état de le proléger contre la puissance redoutable du roi de Suède, qui donnait alors la loi à toute l'Allemagne; que si la connaissance de la cause de ce prélat, considéré comme électeur et prince de l'empire, appartenait à l'empereur, ainsi que le cardinal infant le soutenait dans son manifeste , cette cause touchait bien davantage au pape, qui était incontestablement le juge naturel et compétent de cet électeur , dont la dignité temporelle était subordonnée a celle de l'archevêque. Kn effet, Urbain VIII ayant envoyé pour ce sujet un nonce à Vienne1, l'empereur fut obligé de reconnaître le pape pour juge de cet électeur, dont la personne fut remise ensuite entre les mains du nonce ordinaire2, qui se fit prêter s rment par les officiers de l'empereur de garder ce prisonnier au nom de Sa Sainteté.

Au reste, la détention de l'archevêque de Trêves me fait souvenir de la nullité de l'élection du roi des Romains en la personne du fils aîné de Ferdinand II. Comme nos historiens ont omis cette particularité, qui néanmoins est très-considérable, je la dirai ici en peu de mots, afin que, si pareille chose arrivait encore, l'on y apportât les remèdes convenables. Il y a cette différence entre l'élection de l'empereur et celle du roi des Romains, que pour être élu empereur, il suffit d'avoir la pluralité des voix électorales, au lieu que selon la pragmatique de l'empire, confirmée par la bulle d'or, il faut les avoir toutes sans exception pour être élu légitimement roi des Romains. Ft par conséquent, Ferdinand 111 qui fut élu roi des Romains à la fin de 1636, en l'absence de l'archevêque de Trêves, détenu prisonnier à Lintz, où Ferdinand 11 l'avait fait amener exprès pour lui ôter toute connaissance de l'élection qu'il projetait, n'ayant pas été élu roi des Romains dans les formes ordinaires, il ne pouvait pas être tenu ni reconnu pour empereur légitime3. Et cela est si vrai, que Maximilien 1", qui fut élu

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