I. Monsifmpr Filonardi. i. Monsijjnor Ua^liuni
3. l,a nullité de son élection fut prouvée par un manifeste que la cour de France publia en 1637, et pour la suppression duquel le nonce du papo fil do très-fortes instances à Louis XIII et au cardinal do Richelieu. L'instruction donnée par le cardinal
le 16 février i486 sans l'intervention du roi de Bohême, eut besoin de faire confirmer et ratifier son élection par ce roi, dans la diète de Francfort de 1489, et que Ferdinand Ier, élu à Cologne en 1531, en l'absence de Jean Frédéric , électeur de Saxe, ne fut reconnu roi des Romains par cet électeur, que dans la diète de Spire de 15M, où il ne confirma cette élection que sur la promesse que Charles-Quint lui fit de l'investiture du duché de Clèves1, au cas que ce duc mourût sans enfants mâles. Ferdinand II était lui-même si convaincu de cette vérité, qu'à l'ouverture de la diète de Ratisbonne il avait tenté de faire déposer l'archevêque Philippe, pour en faire élire un autre, dont le suffrage lui fut acquis, prévoyant bien que si l'élection de son fils se faisait durant la détention de cet électeur, les États de l'empire, et particulièrement les princes ennemis de la maison d'Autriche, seraient un jour en droit de la contester, ainsi qu'il était arrivé à Maximilien Pr et à Ferdinand I". Et c'est encore pour cela, qu'après la conclusion du traité de Hambourg de 164 12, où l'empereur, le roi de France et la reine et couronne de Suède, convinrent des préliminaires de la paix, Ferdinand III exigea que les passe-ports que le roi trèschrétien expédiait pour les plénipotentiaires impériaux fussent de la même teneur et substance que ceux que la France avait envoyés auparavant à Ferdinand II, son père, afin que ces passeports, où son nom et ces qualités devaient être exprimés3, lui servissent de témoignage de la validité de son élection.
Enfin, si l'électeur de Trêves fut persécuté par les Espagnols, il eut le plaisir d'être vengé par la guerre que le roi de France déclara h l'Espagne, et d'être rétabli, malgré eux et les Impériaux, dans ses États et dans son Église, dès l'ouverture de l'assemblée de Munster,
François Barberin à Monsignor Ccsaro Fachinetti, envoyé nonce on Espagne, fait mention de ce manifeste comme d'un écrit qui chagrinait beaucoup la maison d'Autriche.
t. Il avait épousé Sibille do Clèves. sœur du duc Guillaume et lanle de Jean-Guillaumo, de la succession duquel j'ai parlé dans l'article précédent.
2. Ce traité fut principalement l'ouvrage du comte d'Avaux, que le Laboureur a eu raison d'appeler l'Ange de la Paix.
3. La France ne lui donnait que le litre de roi de Hongrie et soutenait depuis plus de quatre ans la protestation qu'elle avait faite, à la diète de Ratisbonne de 1636, de la nullité de son élection.
où les plénipotentiaires de France et de Suède protestèrent qu'ils n'entreraient point en négociation , si avant toutes choses cet électeur n'était mis en pleine liberté, et au même état qu'il était avant la prise de sa personne et de sa ville capitale. Bel exemple de la justice et de la prudence de la reine régente, qui préféra généreusement l'honneur et la gloire de la France aux intérêts du roi d'Espagne, son frère, et de l'empereur, son neveu. Outre que cet archevêque n'avait rien fait contre eux en se jetant entre les bras du roi de Franco, qui avait le pouvoir et la volonté de le défendre, tandis qu'il ne pouvait rien espérer du roi catholique, qui venait de perdre Mayence1, où il tenait une garnison de deux mille Espagnols. De sorte que, pour ne pas déplaire au conseil d'Espagne, il aurait fallu que l'électeur de Trêves se fût exposé comme celui de Mayence a laisser saccager sa ville et son pays par le roi de Suède, qui donnait la loi partout où il passait. Chose étrange que dans cette révolution générale de l'Allemagne, il ne fût pas permis de se sauver des mains d'un ennemi victorieux sans encourir l'indignation d'un ami, qui, bien loin d'être alors en état de secourir les autres, ne pouvait pas se garantir lui-même.
Quant a la ligue offensive et défensive que Louis XIII fit avec Gustave-Adolphe, roi de Suède, et les princes protestants confédérés contre Ferdinand II, tant s'en faut que ce soit une chose qui puisse être justement reprochée à la mémoire de Louis XIII, qu'au contraire c'est une chose des plus louables et des plus éclatantes actions de son règne. Et c'est ainsi qu'en ont parlé tous les écrivains sincères et désintéressés. Ce que j'ai dit de la prise de Trêves marque les griefs de la France : ceux du roi de Suède étaient que l'empereur avait envoyé des troupes au roi de Pologne pour continuer la guerre contre la Suède; qu'il avait dépouillé les ducs de Meklenbourg de leurs Etals et de leurs dignités, pour en revêtir Albert Walstein, son général; qu'il avait interdit le commerce des marchands suédois avec les Allemands; qu'il avait fait assiéger la ville de Stralsund, qui était sous la protection de la couronne de Suède2, pour se rendre maître de la