‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 65 sur 269 · SENHORA · texte numérisé non relu

SENHORA

« Satisfazendo ao que Vossa Magestade foi servida mundarme sobre 6 Tralado de Liga, que el Rey meu Senhor ajustou corn el Rey Christianissimo, podo V. Magestade segurar debaixo de miiiha fe, e da real palavra de V. Ma g. ao Abbate de Sam Romain, que em todo 6 tempo, e corn qualquer poder, «pie eu lenha no governo deste Reyno, ô aprovarei, e ô mandarei guardar poncUialmente, e estimarei multo, que V. Mag. ô queira dar assi à entender à sua Magestado Christianissima. Doos guardeâ V. Mag. largos e felices annos.

« Corte real , Si de Novembro de «667. O INFANTE. »

2. Qui était prisonnier de guerre au château de Lisbonne, depuis quatre 8ns.

très a bien osé dire dans un manifeste 1 : « Que ce dessein était mal « fondé en sa cause, irrégulier dans sa forme, violent en son exécution, « et si dangereux en sa fin, que, si l'on n'y apportait un prompt remède, « il n'y aurait plus désormais de respect pour les sacrées personnes des « princes, plus d'indépendance pour les souverains, plus de repos pour « les peuples, et qu'il faudrait bannir toutes les formalités et les pro- « cédures que les lois civiles et le consentement commun des nations « avaient introduites dans le monde, et laisser à la seule force le droit « de décider tous les différends qui naîtraient entre les princes. » C'est-à-dire, au compte de ce ministre, que, pour ne point blesser la souveraineté du duc Charles, il eût fallu que la France, contre laquelle il formait de jour en jour des cabales et des entreprises, eût souffert tout le mal qu'il avait envie de lui faire, sans en témoigner aucun ressentiment, et qu'au lieu de se faire justice par les armes, après s'être servie en vain de la voie des traités, elle eût pris pour juges des démêlés qu'elle avait avec lui l'empereur et le roi d'Espagne qui le soulevaient contre elle. Ce duc, non content d'avoir violé les deux traités de Vie de 1631, celui de Liverdun de 1632, et celui de Nancy de 1633 2, se jeta ouvertement dans le parti d'Espagne, où il resta jusqu'en 1641, qu'il vint en France pour y faire lui-même son accommodement, ou plutôt pour tromper encore le roi et le cardinal de Richelieu. Car ayant fait à Paris un traité par lequel il promettait, ainsi que par tous les précédents, de renoncer à l'alliance de la maison d'Autriche et de s'attacher inviolablemcnt aux intérêts de la France,

4 Intitulé : Éclaircissements sur les affaires de Lorraine pour tous les princes chrétiens. 167t.

ï. Ce fut pour toutes ces infractions et pour le mariage clandestin de feu Monsieur le duc d'Orléans avec la princesse Marguerite, sœur du duc Charles, que le 5 septembre 1634 le parlement donna un arrêt par lequel ledit duc Charles, vassal lige do la couronne, était déclaré criminel de lèse-majesté, félonie et rébellion, et tous les biens reodaux qui lui appartenaient, tenu* de la couronne de France, médialement ou immédiatement, retournes réunis et incorpores à icelle, et tous ses autres biens étant en France, tant meubles qu'immeubles, acquis et confisqués au roi... Et pour l'infraction des traités, manquement de parole et violeinent de foi, en exécution d'iceux par ledit Charles, duc de Lorraine, le roi était très-humblement supplié d'employer sa puissance et sa souveraine autorité pour se faire raison à soi-même, par la voie des armes, sur les autres terres et biens non situés en Fiance, ainsi qu'il jugerait être plus avantageux pour le bien de l'État, le repos de ses sujets et la gloire de la couronne.

t60 OBSERVATIONS HISTORIQUES ET POLITIQUES

a qui il cédait pour jamais la propriété des villes de Stenay, Jametz et Dun, et tout le comté de Clermont. consentant de plus que la ville de Nancy demeurât en dépôt entre les mains du roi jusqu'à la paix générale, et que tout le reste de ses États fût dévolu à la couronne de France s'il contrevenait à la teneur de ce traité en quelque façon que ce fût. il ne fut pas plutôt de retour en Lorraine, qu'il fit de nouvelles levées de soldats, sous couleur de vouloir joindre ces troupes à celles du maréchal de Châtillon; mais, en effet, pour faire ses conditions meilleures avec les Espagnols, en nous trompant1. L'auteur du manifeste parle bien des traités de 163i, 1632 et 1633 pour en justifier l'infraction, prétendant qu'ils étaient nuls d'eux-mêmes, parce que le duc s'était vu réduit à la nécessité de signer ou de périr2, mais il s'est bien gardé de rien dire de celui de 1641, supprimant adroitement, comme font les bons avocats, une pièce, qui aurait confondu sa rhétorique et convaincu son maître.

Au reste, si c'est sagesse de savoir profiter des fautes d' autrui , le cardinal Mazarin, qui avait été le témoin oculaire de celles que le cardinal, son prédécesseur, avait faites, en se laissant fléchir par les soumissions frauduleuses du duc Charles, est fort à louer de la fermeté avec laquelle il résista à toutes les instances que le nonce Bagni et l'ambassadeur de Venise 3 lui firent en 1648, pour le porter à rendre la vieille Lorraine à ce duc, sans démolir Nancy. Ils lui remontraient qu'il y avait de la dureté, et même de l'injustice, à vouloir qu'un prince n'eût pas dans ses États une seule place où il put dormir en sûreté. « J'avoue, répondait-il, que cette condition est rigoureuse, mais il n'y a pas d'autres moyens de désarmer l'inconstance de ce prince, et de le contraindre à demeurer en paix. Ainsi , Messieurs, je vous déclare que si les Espagnols n'acceptent, dans le terme de huit jours, la restitution de la Lorraine avec la condition que toutes les places fortes en seront démolies, toute la négociation de Munster est

1. Ce dernier traité était du 29 mars, et au mois de juin suivant il le rompit et joignit ses troupes à l'armée de l'empereur, tandis que le maréchal de Châtillon l'attendait de\ant Sedan.

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3. Balista Nani, qui a écrit ïlliitoire de Venise de son temps.

SUR LES TRAITÉS DES PRINCES. 16i

rompue. » Voilà comme le duc de Lorraine fut la cause, ou du moins le prétexte de la continuation de la guerre. Le peuple, qui veut toujours la paix, quelque désavantageuse qu'elle soit, s'en prit au cardinal, et ses ennemis, qui étaient alors en très-grand nombre , soufflèrent si bien le feu, qu'il s'en alluma une guerre civile qui embrasa toute la France.

Puisque j'ai commencé à parler de ce duc, qui a été le Protée de notre siècle, j'achèverai de dire ici ce qui le regarde, pour ne point séparer cette matière. J'ai dit, que les Espagnols rompirent la négociation de Munster, sur le refus que fit la France de lui rendre ses États, sans raser auparavant les fortifications de Nancy et des autres forteresses. Cette condition fut encore une des principales difficultés du traité des Pyrénées : et ce qui montre l'extrême jalousie, avec laquelle don Luis de Haro procéda dans l'affaire de la Lorraine, et combien le cardinal Mazarin fut attentif à prendre toutes ses sûretés contre lui, selon notre proverbe, bien assailli^ bien défendu, c'est que de tous les princes et Etats compris en ce traité, le duc Charles fut celui , de qui les intérêts furent les plus contestés, et les plus longs à décider : témoin dix-sept articles de suite, où il n'est parlé que de lui seul ; savoir : depuis le 62 jusqu'au 78 inclusivement. Il n'y a qu'à lire ces articles pour voir, que le cardinal avait si bien assaisonné la restitution de la Lorraine, que ce pauvre duc était hors d'état de pouvoir jamais abuser des bienfaits de la France *, sans perdre du jour au lendemain tout ce qu'on lui rendait , comme il arriva effectivement en 1669. Sur quoi l'auteur des Eclaircissements sur les affaires de Lorraine, a eu quelque raison de dire : « que c'était rendre la Lorraine, comme le chat lâche la souris pour se jouer avec elle ; et que ce duc n'en était plus que le fermier et le custodinos pour le roi de France,

4. Quand le duc Charles apprit do la propre boucho do don Louis le contenu des articles qui lo regardaient, il s'en plaignit avec tant d'aigreur et d'emportement, que don Louis fut tenté de lo faire arrêter. Ensuite il protesta, et de vive \oix et par écrit, contre ce traité, disant qu'il n'avait donné aucune procuration pour traiter en son nom, et que les deux ministres l'avaient compris <l;ms ce traité, sans qu'il en eût témoigné la moindre envie. Et cette protestation servit de fondement au traité particulier qu'il fit avec le roi à la fin du mois de février 1664, ainsi qu'il est énoncé positivement dans le préambule de ce traité.

qui empruntait le nom du duc, pour la posséder avec moins d'envie l. » Quant à ce qu'il veut inférer de là, qu'il y avait de l'injustice et de la violence dans ce procédé, il est aisé de répondre que ce n'est point une injustice , mais au contraire une justice , que le prince doit au repos de ses sujets de mettre un frein à l'infidélité d'un voisin , qui l'a souvent trompé. Et j'ai pour garant de cette maxime un cardinal, qui n'en a jamais enseigné que de bonnes et qui avait la conscience aussi délicate que l'esprit. « S'il vous arrive mal, dit-il dans une lettre à M. de Villeroy, de vous être fié à un prince si perfide (il parle du duc de Savoie), ce ne sera point lui qui vous aura trompé à cette fois, ce sera vous-même. La première tromperie est du trompeur; mais la seconde est à bon droit imputée a celui qui s'est laissé tromper2. » Ainsi, le cardinal Maaarin ne fit rien a l'égard du duc Charles, qui ne fût'juste et mémo nécessaire; et s'il eût fait autrement, c'eût été une faute inexcusable, et qui aurait déshonoré tout son ministère. Et rien ne peut mieux justifier son procédé que sa réponse au sieur de La Chaussée qui le vint trouver à Saint-Jean-de-Luz de la part de ce duc* : « Qu'après tout ce que monsieur de Lorraine avait promis et ratifié, avec protestation expresse de vouloir perdre tous ses États, au cas qu'il y manquât, c'était un traitement bien favorable que le roi lui faisait, de lui rendre toute la Lorraine, aux conditions portées par le traité de Paris, puisque depuis ce traité, il avait continué, avec plus d'opiniâtreté que jamais, de servir l'Espagne contre la France, et que la générosité du roi était d'autant plus grande, que le roi catholique, au lieu de récompenser les bons services que le duc lui avait rendus par l'espace de quinze ans, l'avait tenu prisonnier cinq ou six ans en Espagne, traitement dont le droit des gens exempte les princes souverains. Que l'on savait par des personnes bien informées des sentiments de don Luis de Haro, que si l'on eût voulu seulement rétablir le prince de Condé dans les charges et dans les gouvernements qu'il avait avant sa rébellion, il aurait cédé trèsvolontiers toute la Lorraine au roi ; que monsieur de Lorraine se

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