Chap. îv du liv. VI do ses Mémoires
i. Les article de ce traité étaient ambigus, el Louis XI l'avait voulu ainsi pour pouvoir les interpréter ensuite, selon qu'il lui .serait plus expédient. 3. Cbap. iv du liv. Y do ses Mémoires.
son, où Comines dit : qu'il perdit honneur et chevance1. Et je crois, ajoute-t-il 2, que ce fut une des plus sages choses que le roi fit onques en son temps et plus au dommage de tous ses ennemis. Car, le duc de Bourgogne défait, le roi ne trouva jamais, depuis, homme qui osât lever la tête contre lui, ni contredire à sa volonté. Enfin, c'est à la bataille de Granson que les Suisses sont redevables de toute l'estime qu'ils ont acquise dans le monde, où ils n'étaient auparavant connus que par leur extrême pauvreté; car, depuis ce temps-là, ils quittèrent la plupart le labour pour apprendre le métier des armes, invités d'ailleurs à cette profession par les dons de Louis XI, de qui ils reçurent plus de 1,000,000 de florins, eux qui n'avaient jamais manié ni connu d'or avant son règne. Ils reconnurent assez mal, envers Charles VI II, les obligations toutes récentes qu'ils avaient à son père, qu'ils appelaient leur maître *, et qui, selon Comines *, les avait mis en la gloire du monde5. Car étant venus trouver Charles en Piémont, au nombre de vingt mille, au lieu de cinq mille qu'on leur avait demandés, et la paix s'étant faite immédiatement après leur arrivée, ils mirent en délibération s'ils se saisiraient de la personne du roi et de tous les principaux seigneurs qui l'accompagnaient pour se faire payer de trois mois, qu'ils prétendaient leur être dus en vertu d'une clause du traité de 1&75 qui porte : Et quamprimùm nostrates domos suas egressi fuerintt incipiet cursus temporis trimestris. C'est-à-dire: « et dès que nos gens seront sortis de leur pays, le quartier commencera à courir. » Si bien que, pour apaiser cette mutinerie* qui venait du dépit qu'ils avaient de voir la paix faite, il fallut leur accorder tout ce qu'ils demandaient6,
1. Le duc Charles perdit sa réputation à Granson, où il prit honteusement la fuite; son armée à la bataille do Morat, et la vie à celle de Nanri.