‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 8 sur 269 · Cliap. vin de ses .Witioires · texte numérisé non relu

Cliap. vin de ses .Witioires

:\. Le commentateur espagnol de Comines dit. que, comme en ce cas Louis aurait fait prudemment de se jeter entre les bras du due François Sforee, qui était un trèsgénéreux prince, quoiqu'il fût homme de fortune, il aurait, au contraire, fait une grande folie de se mettre entre les mains des Suisses, qui aiment bien plus l'argent que leurs alliés. Témoin co qu'ils firent à Charles VIII, son fils, qu'ils voulurent arrêter prisonnier dansVerceil. pour une certaine paye qu'ils prétendaient leur être due. Comines en parle dans le chap. il du liv. VIII de *es Winoin-s.

dont le duc était devenu son plus grand ami, depuis qu'il l'avait reconnu légitime possesseur de ce duché, au préjudice des justes prétentions qu'y avait Charles, duc d'Orléans, du côté de Valentine Visconti, sa mère, unique héritière de Philippe-Marie, le dernier duc de cette famille.

Durant la guerre de la Ligue qui se faisait aux portes de Paris, où les escarmouches étaient fréquentes, à cause des sorties que les gens de guerre qui étaient dans la ville en grand nombre faisaient à toute heure sur les Bourguignons, le roi, qui désirait la paix et qui ne voulait point commettre son Etat au sort d'une bataille, travaillait sagement à désunir les princes et les seigneurs de la Ligue , et à leur débaucher leurs serviteurs et leurs amis ; science en laquelle il était maître, et par laquelle il vint heureusement à bout de tous ses ennemis. Mais le fort et le capital de la négociation de la paix était entre lui et le Charolais, qui voulait ravoir les villes de Somme, que le roi avait rachetées du duc Philippe, environ deux ans auparavant ; disant que le roi n'avait pas dû les racheter du vivant du duc son père, ni de lui comte de Charolais, qui lui avaient rendu tant de services durant son séjour en Brabant, et qui, outre toutes les dépenses faites pour lui tandis que tout lui manquait, l'avaient accompagné avec quatre mille chevaux jusqu'à Reims, pour assister à son sacre; et de Reims jusqu'à Paris, pour honorer son entrée1.

Knfin, le roi ayant appris que les Normands voulaient absolument avoir comme les Bretons un duc qui fît sa résidence en leur pays , et que le duc de Bourbon, entré dans Rouen par les intrigues de la grande sénéchale de Normandie, avait déjà reçu le serment des habitants au nom du duc de Berry qu'ils reconnaissaient pour leur duc , prit sagement la résolution de consentir à ce qui était fait, et qu'il ne pouvait pas défaire. Pour cet effet, il se rendit à Conflans, où était le camp du Charolais, à qui il déclara dans tous les termes les plus amiables que, puisque les Normands avaient choisi de leur plein gré son frère pour être leur duc, il en demeurait content et qu'il en

1. Saint-Gelais dit que le duc Philippe, pour faire distinguer ses gens à celte entrée, les fit tous tondre. (Histoire de Louis XII.)

passerait le traité dans toutes les formes nécessaires, et cela fut suivi en 1665, premièrement du traité appelé de Conflans, et vingt-quatre jours après de celui de Saint-Maur-des-Fossés* où, selon le conseil de François S force, duc de Milan, il sacrifia le point d'honneur, dont il arrive souvent aux grands princes d'être la victime, au besoin présent et pressant de ses affaires. Ce duc, aussi grand homme de cabinet que de guerre, lui avait mandé qu'il fallait accorder aux princes et seigneurs de la Ligue tout ce qu'ils lui demanderaient, lui donnant pour exemple un trousseau de flèches qui, prises toutes ensemble, sont trèsdifliciles à rompre, mais qui se rompent facilement chacune a part1. En effet, après que le roi eut accordé à tous ces princes et seigneurs tous les dons, biens, terres et charges qu'ils prétendaient, ils se brouillèrent entre eux et devinrent plus ennemis les uns des autres qu'ils ne l'étaient auparavant de sa personne et de son État. La jalousie qui se mit d'abord entre les ducs de Bretagne et de Calabre, au sujet de Charles de France, nouveau duc de Normandie, que le Breton voulait posséder tout éntier, pour être l'unique arbitre de toutes les grâces de ce jeune prince, alluma la guerre en Normandie, le duc de Calabre ayant soulevé le peuple de Rouen contre le Breton, qui fut contraint de s'enfuir dans la basse Normandie, dont il tenait la plupart des villes. Le roi, toujours attentif à ses intérêts, accourut au feu, non pas pour l'éteindre, mais pour le souffler comme l'occasion le requérait. Il ménagea si adroitement le duc de Bourbon, qui jusquelà avait été tout dévoué au service de son frère, que ce duc, qui avait mis Charles en possession de la Normandie, se trouvant offensé de l'ingratitude de Charles,. qui lui avait préféré le Breton, aida le roi de son crédit et de son pouvoir à recouvrer cette province, au démembrement de laquelle il avait eu tant de regret. De sorte que Charles n'en fut le maître que deux mois, et que, bien loin d'être en état de demander un autre apanage, il eut besoin de se sauver en Bretagne, pour se garantir des mains d'un frère qui ne pardonnait jamais. Le roi tira encore un autre avantage très-considcrable du service que le

1. Mézeray confond ces deux imites on un, à cause de la proximité de la date, celui de Conflans étant du .'> d'octobre 1463, et l'autre du Î9 du môme mois.

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