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Eh bien ! ma cousine, ce n'est pas un grand -crime.
Ah l vraiment , si Vous entendiez et ma mère et Cephise, il n'y a point assez de tourments pour punir une fille qui aime.
ci da lise.
Mais c'est selon, ma cousine ; il y a des amours criminels, dont je ne vous crois point capable.
LCCILE.
Mais quel crime peut-il y avoir d'aimer bien tendrement , de souhaiter d'être incessamment avec la personne qu'on aime, et d'être au désespoir de ne le pouvoir pas?...
Est-ce un homme de qualité?
Assurément; on l'appelle monsieur le comte. Mais si vous le voyiez, ma cousine , vous l'aimeriez. Il est petit, mais il a le meilleur air du monde, les yeux si beaux ; il chante comme un ange ; il danse qu'on ne peut pas mieux.
Vous lui avez donc parlé ?
Fort souvent , ma cousine. Il passoit le soir
2 io LA COQGEtTE ET LA FAUSSE PRUDE, par-dessus la muraille du jardin d'un de ses amis : ce jardin donnoit dans le nôtre ; ne demoiselle de ma mère , qu'on a chassée pour cela , le faisoit monter dans sa chambre , et nous causions tous trois toute ta nuit.
MARTftOIf.
Ces pauvres enfants !
LUCILB.
Oh ! Marthon, r ans me savez pas tout fil a été une fois trois jours au logis à ne vivre que de confitures.
SfARTHOfr.
11 n'en est pas mort ?
LU€IfcE.
J'en serois bien fâchée.
CIIVJLLISE.
Mais enfin, de quoi s agit-il?
LUGILS.
Il va venir ici , ma cousine 4 si vous le trouvez bon. Gomme nous ne pouvons plus nous voir chez nous , j'ai cru que vous voudriez bien me faire le plaisir de souffrir qu'il vînt ici quelquefois. Je demanderai congé pour aller voir Céphise 3 je n'y demeurerai qu'un montent , et je viendrai passer quelques heures avec vous et avec lui.
MAHTHOK.
La pauvre petite innocente !