‹ Répertoire du théâtre français (volume 2)Chapitre 127 sur 514 · C1DAL18E · texte numérisé non relu

C1DAL18E

Eh bien ! ma cousine, ce n'est pas un grand -crime.

Ah l vraiment , si Vous entendiez et ma mère et Cephise, il n'y a point assez de tourments pour punir une fille qui aime.

ci da lise.

Mais c'est selon, ma cousine ; il y a des amours criminels, dont je ne vous crois point capable.

LCCILE.

Mais quel crime peut-il y avoir d'aimer bien tendrement , de souhaiter d'être incessamment avec la personne qu'on aime, et d'être au désespoir de ne le pouvoir pas?...

Est-ce un homme de qualité?

Assurément; on l'appelle monsieur le comte. Mais si vous le voyiez, ma cousine , vous l'aimeriez. Il est petit, mais il a le meilleur air du monde, les yeux si beaux ; il chante comme un ange ; il danse qu'on ne peut pas mieux.

Vous lui avez donc parlé ?

Fort souvent , ma cousine. Il passoit le soir

2 io LA COQGEtTE ET LA FAUSSE PRUDE, par-dessus la muraille du jardin d'un de ses amis : ce jardin donnoit dans le nôtre ; ne demoiselle de ma mère , qu'on a chassée pour cela , le faisoit monter dans sa chambre , et nous causions tous trois toute ta nuit.

MARTftOIf.

Ces pauvres enfants !

LUCILB.

Oh ! Marthon, r ans me savez pas tout fil a été une fois trois jours au logis à ne vivre que de confitures.

SfARTHOfr.

11 n'en est pas mort ?

LU€IfcE.

J'en serois bien fâchée.

CIIVJLLISE.

Mais enfin, de quoi s agit-il?

LUGILS.

Il va venir ici , ma cousine 4 si vous le trouvez bon. Gomme nous ne pouvons plus nous voir chez nous , j'ai cru que vous voudriez bien me faire le plaisir de souffrir qu'il vînt ici quelquefois. Je demanderai congé pour aller voir Céphise 3 je n'y demeurerai qu'un montent , et je viendrai passer quelques heures avec vous et avec lui.

MAHTHOK.

La pauvre petite innocente !

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