‹ Répertoire du théâtre français (volume 2)Chapitre 129 sur 514 · ACTE II, SCÈNE VII. aiS · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII. aiS

CIDALISB.

Oùva~NiV!

PASQtrrir.

It ne me Fa point dh , madame.

Mais qui le fait partir si prompte» ent?

PAS^QCIK.

Le désespoir où tous l'avez mis ce matin. Franchement, madame , vous en avez usé un peu cavalièrement avec nons. Enfin, rebuté de vos mépris , il s'est jeté dans un carrosse , à ce qu'on m'a dit , car, si j'y avois été, je l'eusse bien empêché d'en rompre les glaces , soit dit par parenthèse. Il est entré chez lui ; il â donné mille coups de bâton à tous ses gens.

MAKTHOK.

T étois-tu pour lors , Pasqttin ?

PASQtriN. ,

Won, Hffarthon, heureusement: quand je suis arrivé, l'expédition étoit faite. Il est ensuite monté dans sa chambre ; j'y étois pour lors. Ah! que je suis misérable, a-t-il«dit, de m'attachera la plus franche coquette de Paris ! Je ne redis pas fidèlement les paroles, mais c'est le sens toujours. Allons, allons, a-t-il poursuivi , méprisons ceux qui nous méprisent , c'est trop long* temps passer pour une dupe. Je ne vous dis point qu'il assai-

3 1 4 LA COQUETTE ET LA FAUSSE PRUDE, sonnoit chaque parole de coups de pied contre les fauteuils , d'égratignures au visage ; cela s'en va sans dire. Enfin, madame, lassé de faire le possédé, il est demeuré immobile, la nature a cédé à des efforts si violents , il s'est traîné contre son lit, ses genoux se sont dérobés sous lui, sa tête est tombée sur ses bras.

MARTHOH.

Il s'est évanoui ?

PA8QUIH.

Non, Marthon.

Est-il mort?

PASQUIH.

Non, madame, il s'est endormi.

Peste soit du maraud !

Après trois bonnes heures, il s'est réveillé en sursaut. Mon cher Pasquin , m'a-t-il dit, allons, partons, courons au bout du monde. Que le même soleil n'éclaire pjus deux personnes que leurs inclinations ont si fort séparées. Elle ne jouira plus de mes peines : si je suis assez lâche pour en soupirer, elle n'en triomphera pas du moins, l'ingrate! la perfide ! et cent autres belles épithétes qui convenoient parfaitement au sujet.

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