ACTE I, SCÈNE VI
H. GRICHABD.
Non.
LOLIVE.
Si faut-il, monsieur...
m. GRiCHARD, l'interrompant.
Encore ! Tu raisonneras , ivrogne?
Il me semble, après tout, mon frère, qu'il ne raisonne pas mal ; et l'on doit être bien aise d'avoir un valet raisonnable.
H. GRICHARD.
Et il me semble à moi, monsieur mon frère , que vous raisonnez fort mal. Oui, Ton doit être bien aise d'avoir un valet raisonnable , mais non pas un valet raisonneur.
LOLIVE, à part.
Morbleu , j'enrage d'avoir raison.
M. GRICHARD.
Te tairas-tu ?
LOLIVE.
Monsieur, je me ferois hacher, il faut qu'une porte soit ouverte ou fermé£: choisissez, comment la voulez-vous ?
M. GRICHARD.
- Je te l'ai dit mille fois , coquin ! Je la veux. . . je la... Mais voyez ce maraud-là. Est-ce à un valet
à me venir faire des questions ? Si je te prends , traître ! je te montrerai bien comment je la veux... (h A riste.) Vous riez, je pense , monsieur le jurisconsulte.
Moi ! point. Je sais que les valets ne font jamais les choses comme on leur «lit.
m. grichard, montrant Lolive. Vous m'avez pourtant donné ce coquin-là. •
A RISTE.
Je croyois bien faire.
M. GRICHARD.
Oh! je croyois... Sachez, monsieur le rieur, que je croyois n'est pas le langage d'un homme bien sensé.
AKISTE.
Eh ! laissons cela, mon frère, et permettez que je vons parle d'une affaire plus importante, dont je serois bien aise...
M. grichard, l'interrompan t.
Non ; je veux* auparavant vous faire voir à vous-même coromfit je suis servi par ce pendard-là , afin que vous ne veniez pas après me dire que je me fâche sans sujet. Vous allez voir, vous allez voir. ..(à Lolive.) As-tu balayé l'escalier?
LOLIVE.
Oui, monsieur, depuis le haut jusqu'en bas.