SCÈNE VIL
M. GRICHARD, .ARISTE.
En vérité, mon frère, tous êtes d'une étrange humeur! A ce que je vois, vous ne prenez pas des domestiques pour en être servi, vous les prenez seulement pour avoir le plaisir de gronder.
M. GRICHARD.
Ah ! vous voilà d'humeur à jaser.
Quoi*, vous voulez chasser ce valet, à cause qu'en faisant tout ce que vous lui commandez , et au-delà , il ne vous donne pas sujet de le (procéder? ou, pour mieux dire, vous vous fâchez de n'avoir pas de quoi vous fâcher?
M. GRICHARD.
Courage , monsieur l'avocat , contrôlez bien mes actions.
Ëh ! mon frère, je n'ét ois pas venu ici pour cela ; mais je ne puis m'empêcher de vous plaindre, quand je vois qu'avec tous les sujets du monde d'être content vous êtes toujours eif colère.
M. GRICHARD.
Il me plaît ainsi.
Eh! je le vois bien. Tout vous rit; vous vous portez bien, vous avez des enfants bien nés, vous êtes veuf, vos affaires ne sauraient mieux aller : cependant on ne voit jamais sur votre visage cette tranquillité d'un père de famille qui répand la joie dans toute sa maison; vous vous tourmentez sans cesse, et vous tourmentez, par conséquent, tous ceux qui sont obligés de vivre avec vous.
M. GRICHABD.
Ah ! ceci n'est pas mauvais ! Est-ce que je ne suis pas homme d'honneur? Personne ne le conteste.
M. GaiCHARD.
A-t-on rien à dire contre mes mœurs ?
Non , sans doute.
M. GRICHARD.
Je ne suis, je pense, ni fourbe, ni avare, ni menteur, ni babillard, comme vous, et... ariste, Vinterrompan t.
11 est vrai, vous n'avez aucun de ces vices qu'on a joués jusqu'à présent sur le théâtre, et qui frappent les yeux de tout le monde ; mais