ACTE I, SCÈNE VII. a
vous en ayez un qui empoisonne toute la douceur de la vie , et qui peut-être est plus incommode dans la société que tous les autres : car enfin on peut, au moins, vivre quelquefois en paix avec un fourbe, un avare et un menteur; mais on n'a jamais un seul moment de repos avec ceux que leur malheureux tempérament porte a être toujours fâchés; qu'un rien met en colère, et qui se font un triste plaisir de gronder et de criailler sans cesse.
M. GRICHARD.
Àurez-vous bientôt achevé de moraliser? Je commence à m'échauffer beaucoup.
Je le veux bien , mon frère ; laissons ces contestations. On dit aujourd'hui que vous vous mariez.
On dit! on dit! De quoi se'mêle-t-on? Je voudrois bien savoir qui sont ces gens-là !
Ce sont des gens qui y prennent intérêt.
M. GRICHARD.
Je n'en ai que faire , moi. Le monde n'est rempli que de ces preneurs d'intérêt , qui, dans le fond, ne se soucient non plus de nous que de Jean de Vert.
a* LE GRONDEUR.
Oh ! il n'y a pas moyen de vous parler.
M. G RICHARD
Jl faut donc se taire.
Mais , pour votre bien , on auroit des choses à vous dire.
M. GRICHARD.
Il faut donc parler.
Vous étiez hier dans le dessein de marier avantageusement vos enfants?
M. GRIGHARD.
Gela se pourroit.
Ils consentoient l'un et l'autre à votre volonté.
M. GRICHARD»
J'aurois bien voulu voir le contraire!
Tout le monde louoît votre choix.
M. GRIGHARD.
C'est d» quoi je ne me souciois guère.
Aujourd'hui, sans que Ton sache pourquoi, vous avez tout d'un coup changé de dessein.
M. GRICHARD.
Pourquoi non?