‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 13 sur 520 · ACTE I, SCÈNE IL ai · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IL ai

Puis-je te demander si du feu qui me brûle...?

MORON

11 ne faut pas, seigneur, que je vous dissimule ;

Je n*ai rien fait encore, et n*ai point rencontré

De temps pour lui parler qui fut selon mon gré.

L'ofEce de bouffon a des prérogatives ;

Mais souvent on rabat nos libres tentatives.

Le discours de vos feux est un peu délicat,

Et c*est chez la princesse une affaire d'état.

Vous savez de quel titre elle se glorifie ,

Et qu'elle a dans la (été une philosophie

Qui déclare la guerre au conjugal lien.

Et vous traite Tamour de déité de rien.

Pour n'effaroucher point son humeur de tigresse,

II me faut manier la chose avec adresse :

Car on doit regarder comme Ton parle aux grands,

Et vous êtes parfois d-'assez fâcheuses gens.

Laissez-moi doucement conduire cette trame ;

Je me sens là pour vous un zélé tout de flamme :

Vous êtes né mon prince, et quelques autres nœuds

PoiuToient contribuer au bien que je vous veux.

Ma mère dans son temps passoit pour assez belle ,

Et naturellement n'étoit pas fort cruelle ;

Feu votre père alors , ce prince généreiix,

Sur la galanterie étoit fort dangereux ;

Et je sais qu'Elpénor, qu'on appeloit mon père

A cause qu'il étoit le mari de ma mère ,

Contoit pour grand honneur aux pasteurs d'aujourd'hui

Que le prince autrefois étoit venu chez lui.

Et que, durant ce tempis, il avoit l'avantage

De se voir salué de tons ceux du village.

Baste. Quoi qui! en soit, je veux par mes travaux...

Mais voitri la princesse et deux de nos rivaux.

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