ACTE m, SCÈNE II. 3i
Tu te moques : un homme qui prie le ciel tout le jour ne peut manquer d*étre bien dans ses affaires.
PIIANCISQUE.
Je vous assure, monsieur, que le plus souvent je n'ai pas un morceau de pain à mettre sons les dents.
D. iuAH.
Voilà qui est étran^re, et tu es bien mal reconnu de tes soins. A}} ! ah ! je m'en vais te donner un louis d'or tout-à-l'heure, pourvu que tu veuilles jurer.
FRAIffCiSQVE.
Ah ! monsieur, voudriez-vous que je commisse un tel péché ? ^,
D. JUAN
Tu n'as qu'à voir si tu veux (gagner un louis d'or, ou non; en voici un que -je te donne, si tu jures. Tiens. II faut jurer.
FRANCISQUE
Monsieur.
D. JUAN
A moins de cela, tu ne l'auras pas.
SGANABELLE.
Va, va , jure un peu ; il n'y a pas de mal.
2i4 LE FESTIN DE PIERRE.
D. JCAR.
Prends, le voilà: prends, te dis-je ; mais jure donc.
FRANCISQUE
Non , inonsieur, j'aime mieux mourir de faim.
D. JUAN
Va, va, je te le donne pour l'amour de l'humanité. ( Regardant dans la forêt, ) Que vois-je là ? un homme attaqué par trois autres ! La partie est trop inégale', et je ne dois pas souffrir cette lâcheté.
(// mçt l'épée à la main, et court au lieu du
combat, )