‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 213 sur 520 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

h Le plus honnêtement du monde avecque moi. ^ Enfin , je suis à vous de toutes les manières ; Et, comme votre esprit a de grandes lumières, f Je viens, pour commencer entre nous ce beau nœud, ^ \ Vous montrer un sonnet que j'ai fait depuis peu. Et savoir s'il est bon qu'au public je l'expose. /

ALCESTE. I

Monsieur, je suis ^al propre à décider la chose : '

Veuillez m'en dispenser.

ORONTE

Pourquoi ?

ALCESTE

IJ'ai le défaut D'être un peu plus sincère en cela qu'il ne faut.

' ORONTE

(C'est ce que je demande ; et j'aurois lieu de plaJPte ' Si y m'exposant à vous pour me parler sans feinte , * Vous alliez me trahir, et me déguiser rien.

ALCESTE

y Puisqu'il vous plaît ainsi, monsieur, je le veux bien. \

ORONTE. '

Sonnet. C'est un sonnet. V espoir... C'est une dame Qui de quelque espérance avoit flatté ma flamme. L'espoir... Ce ne sont point de ces grands vers pompeux. Mais de petits vers doux , tendres et langoureux.

ALCESTE

Nous verrons bien.

ORONTE

V espoir... Je ne sais si le style Pourra vous en paroitre assez net et facile ,

34o LE MISANTHROPE.

Et si du choix des mots vous vous contenterez.

Nous allons voir, mqnsieur.

ORONTE

I Au reste , vous saurez . |

I Que je n'ai demeuré qu'un quart d*heure à le faire. \

l ALCESTE. • k.

c Voyons, monsieur , le temps ne fait rien à l'affaire. \

ORONTE lit.

L'espoir, il est vrai^ nous soulage.

Et nous berce un temps notre ennui :

Mais , Philis, lé triste avantage , Lorsque rien ne marche après lui !

PHI LIMTE.

Je suis déjà charmé de ce petit morceau. ALCESTE, bas , à Philinte, al Quoi ! vous avez le front de trouver cela beau ! * ^

ORONTE

Vous eûtes de la complaisance ; Mais vous en deviez moins avoir.

Et ne vous pas mettre en dépense, ^ Pour ne me donner que l'espoir.

PHIUNTE. /

Ah ! qu'en termes galants ces choses-là sont mises ! 1 ALCEST E y bas y à Philinte. * '

w Hé quoi ! vil complaisant, vous louez des sottises !

ORONTE. I

S'il faut qu'une attente éternelle |

Pousse à bout l'ardeur de mon zélé, \

Le trépas sera mon recours. (

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