ACTE II, SCÈNE IV. a
Cessez ce badinage; et venez çà tous deux. ( Elle prend Valère et Mariane par la main , et les
ramène. ) VALÈRE, à Darine.
Mais quel est ton dessein ?
MARiANft, à Dorine.
Qu'est-ce que tu veux faire?
DORINE
Vous bien remettre ensemble , et vous tirer d'affaire.
{àralère.) Etes- vous fou d'avoir ata pareil démêlé?
VALÈRE
N*as-tu pas entendu comme elle ma parlé?
DORINE, â ManVine.
Êtes- vous folle, vous, dt vous être emportée?
MARIANE
N'as-tu pas vu la chose , et comme il m'a traitée?
DORINE
( à Valère. ) Sottise des deux parts. Elle n*a d'autre soin Que de se conserver à vous : j'en suis témoin.
( à Mariane. ) Il n'aime que vous seule, et n'a point d'autre envie Que d'être votre époux : j'en réponds sur ma vie.
M A R I A N B, à Vtifère, Pourquoi donc me donner un semblable conseil?
VALÈRE, à Mariane.
Pourquoi m'en demander sur un sujet pareil?
DORINE
Vous êtes fous tous deux. Çà, la main l'un et l'autre.
!i4i LE TARTUFE.
{àValère.) Allons, vous.
V A L È R E , en donnant sa main à Dorine. A quoi bon ma main ?
DORINE, à Mariane.
m Ahçà! la vôtre.
MAB^A'NE, en donnant aussi sa main.
De quoi sert tout cela?
DORINE
* Mon Dieu ! TÎte , avancez.
Vous vous aimez tous deux plus que vous ne pensez. ( Galère et Mariane se tiennent quelf/ue temps par la main sans se regarder. ) v A L È R E , 5e tournant vers Mariane. Mais ne faites donc point les choses avec peine ; Et regardez un peu les geHs sans nulle haine. [Mariane se tourne' du côté de f^alère erflui souriant.)
DORINE
A vous dire le vrai, les' amants sont bien fous !
VALèRE,à Mariane.
Oh çà! n*ai-je pas lieu de me plaindre de vous? Et , pour n'en point mentir, n'êtes- vous pas- méchante De vous plaire à me dite une chose affligeante?
MARIANE
Mais vous, n'étes^ons pas l'homme le plus ingrat... ?
DORINE
Pour une autre saison laissons tout ce débat, Et songeons à parer ce fâcheux mariage.
MARIANE
Dis-nous donc quels ressorts il faut mettre en usage.